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Se souvenir de la rafle du Vel’ d’Hiv’ par Armand Hasson d’Ashdod

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Se souvenir de la rafle du Vel’ d’Hiv’ par Armand Hasson d’Ashdod
Mon père Josué Hasson est né à Constantinople en Turquie. A l’âge de 4 ans il émigra en France ou il s’installa à Paris dans le 11e arrondissement avec sa famille.
A 20 ans,  il s’engage dans la légion étrangère pendant 5 ans afin d’obtenir la nationalité française. C’est ainsi qu’il se retrouva au cœur de la bataille des Dardanelles.
A son retour, il ouvrit avec ses frères une boutique de bonneterie rue Sedaine.

Le 16 juillet 1942 il fut raflé par la police française en compagnie de ses frères Maurice et David ainsi que sa nièce Renée Eskenazy alors âgée de 17 ans.
Ils furent emmenés au Vel-d’Hiv où ils sont restés quelques jours.  La rafle du Vélodrome d’Hiver, souvent appelée « rafle du Vél’d’Hiv» fut  la plus grande arrestation massive de juifs réalisée en France pendant la Seconde guerre mondiale. Au total, plus de 13.000 personnes, dont un tiers d’enfants, avaient été arrêtées à Paris et en banlieue pour être déportées. La rafle a été menée par la gendarmerie et la police françaises, sous l’ordre des SS. Les Juifs arrêtés furent déportés dans des camps d’extermination comme celui d’Auschwitz.
Après cela ils furent transférés au camp de Drancy où ils restèrent quelques mois avant d’être envoyés vers le camp d’Auschwitz.
Là bas mon père,  fort des 14 langues étrangères apprises auprès de ses compagnons légionnaires comprit très vite le sort qui était réservé aux juifs.
Aussi décida-t-il de s’évader.
Il mit ses frères au courant de ses intentions mais ceux-ci refusèrent par peur et moururent dans ce camp. Je ne les ai jamais connus.
Alors il se mit à creuser tout seul et finit par se retrouver hors du camp. En se sauvant de pays en pays il trouva un bateau qui l’a emmené à Oran où il a connu ma mère.
De cette union 4 enfants sont nés, moi étant le dernier j’avais 4 ans quand mon père souffrit d’une maladie de la peau . Il partit donc en France a l’hôpital Édouard Herriot de Lyon où il mourut 4 ans plus tard le 3 février 1962.
Si toute son histoire jusqu’à notre naissance est vérifiable je suppose que sa maladie de peau pourrait être due aux essais thérapeutiques que les allemands ont effectué sur les déportés. Mon père pouvait faire partie de ces cobayes.
Pendant 50 ans j’ai gardé l’histoire de ma famille enfouie au fond de moi et il a fallu que j’écrive mon livre de souvenirs « Histoire d’une vie » pour que je me libère un peu.
Armand David Hasson

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