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Alya d’hier et d’aujourd’hui : beau témoignage de Soly Anidjar

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Alya d’hier et d’aujourd’hui : beau témoignage de Soly Anidjar

Chaque année, de plus en plus de Français de confession juive décident de partir pour s’installer en Israël. Un choix parfois douloureux, souvent dicté par l’augmentation des actes antisémites en France. De nombreux juifs français qui sont venus s’installer en Israël finissent par repartir, généralement après une intégration difficile.
Ils ont laissé derrière eux : langue, travail, argent, famille, le pays qui les a vu naître, l’école, les copains, les camarades de classe, les voisins, la synagogue, le dimanche comme jour férié,  toute une vie, en plus s’ajoute le casse-tête pour trouver un logement ou on puisse mettre le buffet ancien, les fauteuils Louis XIV et Louis XV et pour compliquer les choses, en Israël la cuisine est dans la salle à manger, bref, ils n’ont plus de repères, ils se sentent rejetés, étouffés.
Pour ce qui est des jeunes, bien souvent ils ne voulaient pas quitter la France, ce sont leurs parents qui ont décidé pour eux.

Personne ne promet  l’eldorado. L’alya est complexe et difficile, les salaires sont bas par rapport à la France, en plus ils ont  »mangé » toutes leurs économies.
La réalité du quotidien est bien loin de leurs rêves. Lorsqu’on met les pieds en Israël, nous savons tous qu’il faut redémarrer de zéro. En plus la rudesse  de l’Israélien, qui ne dit pas merci, double dans les queues, il est mal élevé, il est impoli, mais il nous cède toujours sa place dans l’autobus  et garde toujours sa porte ouverte, il vient frapper à votre porte pour vous offrir le pain et les gâteaux tout chaud du four pour vous souhaiter Shabat Shalom, et bonne fête.
Obstacles de langue et de travail ? moi j’ai appris à parler l’arabe darija marocain, pour qu’on me comprenne, peu de personnes parlaient le français à Ashdod !

Aujourd’hui vous avez :

  • le billet d’avion offert avec supplément de  3 valises géantes, nous avions droit à une seule valise, et les billets papa les a payé à la Sokhnout pendant 10 ans.
  • Le sal klita, (panier d’intégration) d’environ 4.000 euros pour une personne seule, c’est le rêve, en 1966 ça n’existait pas.
  • La réductions de taxes et d’impôts,  ça n’existait pas en 1966.
  • La sécurité sociale gratuite la première année, ça n’existait pas en 1966.
  • Écoles et Lycées français ? ça n’existait pas en 1966.
  • Les Allocations familiales ça n’existait pas en 1966.
  • Et ce n’est pas parce que vous êtes pâtissier en France que vous serez pâtissier en Israël. Le bureau de placement vous proposera d’apprendre un métier en plus du votre, tentez votre chance tout est gratuit, et en plus on vous donne une paye ( avtakhat Akhnassa) tout le long des mois que dure l’apprentissage du nouveau métier.


Nous avions un joli appartement avec deux  bonnes à Casablanca,  on partait en vacances en Espagne tous les ans.

Ici en 1966,  les vacances,  personne ne savait que ça existait,  en arrivant à Ashdod nous avons vécu dans un appartement minuscule de 48 m2, (la grandeur de notre balcon à Casablanca) on a eu droit à 4 sommiers en fer, 4 matelas en crin,  4 couvertures grises de l’armée, 2 fourneaux au pétrole,  4 tabourets en bois et une table de 1 mètre sur 1 mètre. Nous étions 5 a la maison, mais ils ont du penser : ils dormiront à tour de rôle.
Notre cadre est resté à Haïfa pendant des mois, on n’était pas pressé on n’avait pas d’électricité, donc, le frigidaire, la machine à laver, la télévision et le gaz avec four, ne pouvaient pas marcher, et en plus un camion de Haifa à Ashdod pour ramener notre cadre, coûtait les yeux de la tête.
Les difficultés économiques, et les difficultés d’intégration, font parti de la Alya et peu importe si c’est il y a un an ou il y a 50 ans.

Je suis arrivée, en 1966, nous étions, 5 personnes, papa, maman, et mes deux  sœurs et moi, je suis l’aînée.
Pendant 6 mois nous avons vécu, sans électricité, et sans route goudronnée, des montagnes de sable entouraient les 15 maisons qui existaient au quartier Gimel ou j’habitais,  les maisons n’étaient pas encore finies, il n’y avait pas de magasins, l’épicerie n’existait pas,  une fois par jour passait une charrette avec du pain, une fois par jour venait une charrette  avec des blocs de glace qu’on mettait dans des bassines qui nous servaient de glacière,  de baignoire et de cuvette pour laver le linge,  le marchand de lait aussi et le marchand de pétrole venaient avec leur charrette attelée à un âne, on savait qu’ils arrivaient au son de leur cloche.
Papa est resté sans travail les premiers mois, à Casablanca il était directeur des installations d’eau de la SMS,  ici,   il arrosait pendant 4 heures, les arbres du KKL, il avait 40 ans, c’était l’époque de l’Immigration en masse de Juifs vers Israël en provenance des pays arabes et d’Europe. Il a été appelé à faire un service militaire de 3 mois et c’est comme ça qu’il est entré dans la police.
Un an après notre arrivée, c’est la guerre des Six jours, c’était nouveau pour nous tout ça, enfin on a l’électricité mais c’est la guerre, oui on n’était pas habitué c’était la fin du monde, le ciel qui nous tombait sur la tête. Un an après la guerre c’était le mitoune.
Dans les années 50 et jusqu’à 70, la condition des  Séfarades en Israël fut très dure. Ce n’est que quelques décennies plus tard que l’établissement politique ashkénaze reconnaîtra publiquement les énormes erreurs qu’il a commises au chapitre de l’accueil et de l’intégration des Séfarades originaires des pays arabes. Nous étions pendant des dizaines d’années des MAROCO SAKINE.
Le mouvement israélien des Black Panthers en 1971 à Mousrara, dans le voisinage de Jérusalem, en réaction à la discrimination conduite par les autorités israéliennes contre les Juifs Séfarades, je l’ai vécu. Saadia Marciano  était notre porte parole,  l’amélioration des conditions de vie des Séfarades n’était pas considérée comme prioritaire par le gouvernement, pour le gouvernement « nous n’existions pas ».

Les Séfarades des villes du sud du pays, qui était un vrai désert,  DIMONA, ASHKELON, BEER-SHEVA, ASHDOD, YROUHAM, NETIVOT, KIRIAT-GAD, KIRIAT MALAKHI, ont démontré au fil des années leur grande capacité. Ils ont aussi grandement contribué au développement social et économique d’Israël. Notre professeur d’hébreu à l’oulpan nous racontait,  que  son père est arrivé en  Israël en 1921. Il devait sécher les marécages dans la vallée d’Israël (Afoula). Quand je me promène dans cet endroit aux paysages magnifiques et majestueux, je me dis : « c’est incroyable ce que nous avons réalisé ces cent dernières années ». J’espère que les générations futures pourront en faire autant. Israël est une aventure humaine unique et inouïe. C’est un laboratoire humain bouillonnant, où des ethnies provenant des quatre coins du monde ont appris à cohabiter.

Israël ce n’est pas, le départ le lendemain d’un attentat terroriste sanglant, c’est la leçon de vie que nos parents et grands-parents nous ont légué. Perdre l’espoir, c’est trahir le rêve caressé par nos aïeux pendant plusieurs millénaires, l’année prochaine à Jérusalem, les deux premiers soirs de la Hagada de Pessah, ce n’est pas une publicité israélienne, c’est écrit sur le livre de la sortie d’Egypte, la Hagada de Pessah.

Bonne Alya a tous et pensez toujours que nous et nos parents avons contribué pour voir Israël comme il est aujourd’hui.  Mes cousins et oncles habitaient dans des tentes et ensuite des caravanes.

Si on vous demande de passer des examens c’est normal. Si on vous dit Savlanout ça veut dire patience.  Vous ne pouvez pas exercer le métier de docteurs, d’infirmiers, d’ingénieurs sans passer des examens,  c’est normal dans le monde entier. Venez nous rejoindre, laisser vos idées reçues et vos a priori, si vous avez cette force en vous, vous réussirez a être heureux, ici, dans votre maison !

Soly Anidjar

(en jaune sur la photo, élue ambassadrice des juifs du Maroc en Israël)

Si vous aussi, vous souhaitez nous adresser votre témoignage d’alya d’hier ou d’aujourd’hui contactez nous au 0522263776 ou envoyez le nous a ashdodcafe@gmail.com

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