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PARASHAT BO – Shabbat du 19 janvier 2018 – Horaires Ashdod,   Entree :16 h 33 – sortie : 17 h 44

LES MULTITUDES ENNEMIES

Les trois dernières plaies se déroulent sous nos yeux : les sauterelles, les ténèbres et la mort des premiers nés. Après que la grêle soit passée et ait incendié l’Egypte par la quantité, la force et la violence de cette plaie, il ne restait plus rien à manger mais, la nature reprenant ses droits, des bourgeons apparurent de ci de là et il restait quelques jeunes rameaux  qui avaient pu échapper. Aussi, le vent du sud, vent chaud provenant du désert charria des nuées de sauterelles qui, de leurs mandibules assassines et destructrices s’acharnèrent sur les  tendres feuilles et fleurs qui auraient pu porter la promesse de quelque nourriture ainsi que sur les champs de blé et de sarrasin que la grêle n’avait pas pour mission de détruire.

Les ténèbres permirent aux Juifs de se rendre en mission de reconnaissance : en effet, durant 430 ans les enfants de Jacob et toute leur descendance furent soumis comme les esclaves  qu’ils étaient à construire l’Egypte sans que personne ne songeât jamais à leur allouer un salaire. En conséquence, pendant la plaie des ténèbres, ils rendirent visite à leurs voisins qui les asservissaient et, lorsque le temps de partir arriva, ils demandèrent de leurs voisins leur dû. Que les voisins pensèrent récupérer leurs biens un jour est une autre affaire.

Nous l’avons déjà dit, les Egyptiens  déifiaient tout ce qui se présentait : des hannetons, des ibis ou bien d’autres insectes ou animaux y compris des dieux mi-homme mi-animal tel le dieu thot, dieu de la science et greffier des autres dieux. Il était représenté comme un homme à tête d’ibis. Parmi les différentes divinités se trouvait l’agneau. Le devoir de sacrifier aux yeux de tous les Egyptiens un agneau qui était une divinité était une sorte d’application du « procès » fait, en quelque sorte, à l’idolâtrie égyptienne et était une façon de leur montrer que leur divinité n’avait aucune importance, et que le D d’Israël est le Tout Puissant.

De même qu’il a été question de la première des plaies dans Vaéra  (le SANG), ici , il est encore question de sang : c’est dans le sang que naît un enfant et qu’il reçoit  le don de la vie et c’est avec le sang de la MILA (circoncision) que l’enfant  appartient à l’alliance avec D.

Une question préoccupait les Egyptiens à chaque plaie : pourquoi les Juifs n’étaient pas frappés par ces plaies. Une autre question se posa également : pourquoi ordinairement les plaies duraient 7 jours sauf les trois dernières car les sauterelles saccagèrent les champs six jours durant, les ténèbres furent d’une durée de deux fois trois jours soit six jours ?

Pour ce qui est des sauterelles, ces insectes dévorèrent les   envahirent les habitations durant six jours. Le septième, elles n’entrèrent pas dans les demeures[1]. Quant à la plaie des ténèbres, elle se divisa en deux fois trois jours. Il faut savoir qu’au cours des trois premiers jours, les ténèbres n’empêchèrent pas les Egyptiens de se mouvoir,  ce n’est que dans la seconde période de trois jours que les ténèbres se différencièrent des premières : elles n’étaient pas un manque de lumière mais une sorte de matière compacte qui les obligeait à rester assis ou couchés ou debout mais sans pouvoir bouger du tout ni changer de position.  La réponse à la question est que parmi les Juifs qui devaient sortir et être libérés de l’esclavage imposé par les Egyptiens se trouvaient de nombreuses personnes qui refusaient de partir et qui étaient considérés comme des impies. Pendant les trois premiers jours de ténèbres, ces juifs-là moururent et ils furent enterrés pendant la période où les ténèbres rendues compactes empêchèrent les Egyptiens de s’apercevoir  du nombre important d’ensevelissements à effectuer.

Cependant, en nous penchant sur d’autres textes exégétiques, nous allons pouvoir comprendre le sens caché de ces trois dernières plaies et le fait qu’elles apparaissent séparément des  sept autres.

Dans l’ensemble des 10 plaies, nous remarquons que la seule et unique plaie précédée du mot « maka » (plaie) est la dixième qui est désignée ainsi « makat bekhoroth » les Sages se sont posé de nombreuses questions dont  voici les réponses :

  • Nous avons vu que les sauterelles «oeuvrèrent» 6 jours durant mais pas le jour du shabbat et que les ténèbres étaient de deux genres différents puis que les plaies touchaient tous les Egyptiens mais pas les Juifs. Le Rav Zalman Sorotzkine[2] écrivit dans son commentaire sur la Torah, que, lors de la havdala de la sortie de shabbat, nous faisons allusion à ces trois plaies car nous disons « hamavdil beyn kodesh lehol » comme l’ont fait les sauterelles lors de la huitième plaie, puis nous bénissons « hamavdil beyn or lehoshekh » ce qui est en rapport avec la neuvième plaie (les ténèbres) et enfin « hamavdil beyn israël laâmim » qui nous a distingués des autres peuples en nous épargnant tous les « maux » infligés aux Egyptiens et notamment la mort des premiers nés.
  • Les explications concernant les ténèbres ont été données plus haut ; cependant que nous aurons beaucoup d’enseignements à retirer des quelques mots contenus dans le verset où D enjoint Moïse de retourner voir le Pharaon et de l’avertir de la façon suivante :

כה אמר ה’ : בני בכורי ישראל (…) שלח את בני ויעבדני…

Mon fils aînérenvoie pour qu’il Me serve…….

Le complément de ce membre de phrase sembleraitse trouver dans la menace contenue en ces mots :

והנה אנוכי הורג את בנך בכורך

Je tuerai Moi-même ton fils aîné…..

Rashi se pose la question de savoir pourquoi D menace-t-IL Pharaon directement de tuer les aînés de son peuple et son fils aîné lui-même.

En fait, D a décidé de juger l’Egypte et les Égyptiens et les idoles de ce pays. Quelles en sont les raisons ?

Cette dixième plaie est si importante qu’elle n’est pas seulement  celle des premiers nés mais « la plaie » des premiers nés.  Les Egyptiens qui rendaient un culte à tout ce qui pouvait exister avaient un culte préférentiel dans tout ce qui était « premier » ainsi le Nil était une idole car il s’agissait du premier des quatre fleuves du Gan Eden[3], puis, ils rendaient un culte à l’agneau/bélier qui était le premier des douze signes astrologiques etc… C’est la raison pour laquelle HaShem a demandé à ce que le sacrifice pascal  soit un agneau/bélier, que la sortie d’Egypte a eu lieu le 14 Nissan[4]. Les premiers nés étaient fêtés, célébrés, c’est pour cela qu’ils ont été tués[5].

De toutes les plaies d’Egypte, seuls les faits suivants sont rappelés au cours des prières quotidiennes : la mort des premiers nés d’Egypte, la sortie d’Egypte etla déchirure de la Mer Rouge.

Le Midrash nous fait découvrir un fait : lorsqu’Eve conçut, elle mit au monde des jumeaux qui étaient Abe et Caïn. Celui-ci sortit du ventre maternel le premier mais, comme le fait remarquer Rashi, il y a un « premier  de conception » et un « premier de sortie » c’est-à-dire que le premier à sortir est le deuxième à avoir été conçu tandis que le premierà avoir été conçu est le deuxième à sortir à l’air du monde. Abel ayant été assassiné, son âme s’est vue réincarnée en Seth[6].  Or, poursuit le Midrash, Caïn était l’ancêtre de l’Egypte et considéré comme le premier né. L’autre célèbre paire de jumeaux de la Torah est Jacob et Esaü. Esaü qui fut le deuxième à être conçu et le premier à sortir mais, Jacob voulut l’empêcher de sortir le premier en l’attrapant par le talon. En rachetant son droit d’aînesse à Esaü, Jacob rétablit la vérité historique car, Abel a été « l’ancêtre » d’Israël/Jacob et rétablit son droit  à être l’aîné véritablement et de manière complète. C’est la raison pour laquelle D insiste en avertissant Pharaon : Mon fils aîné Israël !

Par ailleurs, les Sages du Talmud soutiennent l’interprétation selon laquelle la création du monde se fit au moyen de 10 Paroles divines et que ces dix paroles concordent avec les 10 plaies d’Egypte précédant la sortie du pays d’esclavage. Ces différentes opinions se trouvent dans les traités de Rosh Hashana mais également de Meguilah[7] . Cependant les avis divergent légèrement : les uns pensant que la première parole fut consacrée à la création de la lumière, tandis que dans le traité de Meguilah, les Sages optent pour le premier mot de la Torah : « bereshit » car, il ne peut y avoir de parole s’il n’y a rien avant[8]. En conséquence, les 10 paroles comment de bereshit et, suivant la méthode de commentaire de « ath basdh gar dak »[9] la dernière des plaies correspond à la première des paroles de création et  la neuvième plaie à la deuxième parole de création et ainsi de suite.

Une autre question se fait jour : pourquoi HaShem a-t-IL ordonné aux enfants de Jacob de sacrifier un agneau/bélier et d’en prendre le sang pour en badigeonner les linteaux des portes de leurs demeures ? En effet, Dans la Haggada de Pessah nous lirons que D dit qu’IL a tout fait par Lui-même, en conséquence, IL savait mieux que quiconque qui habitait et où ! Le « kli yakar »[10] nous fait part de son opinion : HaShem nous fait part de Sa décision de faire des jugements et de régler tous les problèmes concernant toute cette période de souffrances infligée aux descendants d’Abraham, d’Isaac et de Jacob  auxquels IL  avait promis que leurs descendants sortiraient de cet esclavage avec d’immenses biens. Néanmoins,  « le gros œuvre » a été fait par des « anges destructeurs » qui, eux ne pouvaient faire la différence entre les Juifs et les non-Juifs c’est donc la raison pour laquelle il était absolument interdit aux Juifs de se trouver hors de leurs maisons dont les linteaux étaient teintés du sang des agneaux.

Caroline Elishéva REBOUH

[1] Tout se passa un peu comme si les sauterelles respectèrent le shabbat.

[2] Zalman Sorotskine 1881 (Lithuanie))1966 (Jérusalem) auteur du « Sefer Oznayim la Torah ».

[3]le  « Pishon » e de la culture du lin ou pishtan

[4]Au plus haut de la lune du premier mois de l’année

[5] Voir commentaire du Shlah HaKadosh  Rabbi Yshâya Halévy Horwitz (1565à Prague- 1630 à Safed) auteur du « Shné Louhoth Habrith » d’où son surnom : haShLaH acronyme du titre de sonœuvre principale.

[6]Fils de Noé.

[7]On retrouve encore cet énoncé dans les Pirké Avot au chapitre 5 .

 

[8] Les Sages pensent qu’il ne peut y avoir dialogue ou parole s’il n’y a rien ou personne à qui adresser cette parole.

[9] Voir l’article sur la guematriya et le notarikon.

[10] Rabbi Shlomo Ephraïm de Lounshitz 1540-1619 exégète de la Torah à Prague surnommé Kli Yakar d’après le titre de son œuvre principale.

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