PARASHAT BEHAR 2018 – L’ANNÉE SHABBATIQUE ET LE JUBILE – Shabbat du 5 Mai 2018 – Entrée 18 h 53 – Sorties 20 h 04

Cette péricope traite principalement de la Chemita et du Yovel

Tous les 7 ans, le peuple Juif en Israël observe la Chemita ou année shabbatique. Il s’agit, très schématiquement, de ne pas travailler la terre : la labourer, semer, récolter etc … pendant tout une année. Cette mitsva n’est applicable que dans le pays d’Israël

Puis, au bout de 7 fois 7 années a lieu le Jubilé (Yovel) où les esclaves peuvent retrouver leur liberté s’ils le désirent. S’ils refusent de reprendre leur liberté, ils resteront la propriété de leur maître toute leur vie durant.

La Chemita était [1] – mais l’est de moins en moins – appliquée même à l’extérieur d’Israël.  On mettait les terrains en jachère : en général, le propriétaire de terrains agricoles séparait en parcelles ses terres et chaque année il faisait chômer une parcelle ce qui revenait à ce que la terre se repose pour retrouver sa fertilité. Le principe de la jachère était le même que celui de la Chemita sans qu’il n’y ait obligatoirement un intervalle de 7 années comme le stipule la Torah et cela ne concernait pas la totalité du sol mais seulement une portion de terrain différente chaque année.

Le Saint Béni soit Il a exposé la chose de cette façon – de manière en quelque sorte à rasséréner le peuple – la septième année il faudra laisser la terre se reposer mais la sixième année, elle produira une production triple pour que le peuple ait de quoi se nourrir les sixièmes, septièmes et huitièmes années.  De cette façon, ce que la terre produira d’elle-même sera « abandonné » et laissé à la libre consommation (« hefker ») de tous. Cependant, Ces fruits sont « sanctifiés » et l’on doit se garder de les jeter sans prendre des précautions d’usage : on doit envelopper les déchets (épluchures, noyaux, trognons, graines, pépins etc…) pour ne pas les « amoindrir » il est d’ailleurs recommandé d’avoir une petite poubelle à part pour ces déchets.

Il est évident que la mitsva de la shemita ou année shabbatique ne s’applique qu’à la terre d’Israël et aux fruits d’Israël. En Israël, pour les personnes qui ne veulent pas consommer des fruits d’Israël on en importe de pays étrangers.  Ont été mises au point des « dispositifs » qui rendent possible la consommation des fruits de la septième année : ainsi que pour la fête de Pessah le Beith-Din vend le hametz de tout le pays à un non-juif, de même pour l’année de la shemita, la totalité des terres est « vendue » à un non-juif  de cette façon la loi est contournée et permet en cas de besoin de consommer la production de la septième année.  « ‘héter’ mekhira » Il est évident que ce dispositif ne satisfait pas toutes les opinions et c’est la raison pour laquelle sont importés des produits étrangers.

La production de vins par exemple est embouteillée et laissée à la dégustation de ceux qui le désirent « otsar beith din ». Ce vin ne doit pas être revendu ni conservé outre mesure et chaque goutte doit être « traitée avec déférence « .

Dès le début de l’année shabbatique, on a coutume de traiter les produits agricoles comme produits de la shemita ; mais,  en réalité, cela ne se passe pas ainsi : ne sont considérés comme légumes de la shemita, tous les légumes qui ont été semés après Rosh ‘Hashana et jusqu’au rosh ‘hashana suivant. Pour les fruits, par contre, ne seront considérés comme fruits de la shemita les nouveaux fruits apparaissant sur le marché après tou bishvat et toutes les dispositions ‘hilkhatites s’appliquant à la shemita s’appliqueront à eux jusqu’à Tou bishvat de la huitième année.

Dans ces portions hebdomadaires de Torah, le peuple apprend que, s’il est réuni sur sa terre et n’observe pas les lois de la shemita, la peine encourue est très grave : l’exil de la terre promise est la sanction prévue.

A l’heure actuelle, les collectivités agricoles (kibboutsim ou coopératives agricoles) sont toutes sous surveillance de manière à gérer la production agricole conformément à la Torah. Cet effort remarquable fut initié au XIXème siècle par le Rav Itshak Kook. Aujourd’hui les méthodes de culture sont différentes pour permettre de respecter les commandements divins.

Pour ce qui concerne le Yovel ou Jubilée, a cessé d’être appliquée car elle ne pourra être observée à nouveau que dans la mesure où le peuple juif pourra à nouveau montrer ses douze tribus, comme ce fut le cas au temps où les douze tribus habitaient dans le pays,  ainsi qu’il est écrit (Lévitique XXV, 10) : וקראתם דרור בארץ לכל יושביה  : vous proclamerez la liberté pour tous ses habitants

La mitsva du Yovel est présente dans le cœur et l’esprit de chaque Juif car, c’est lorsque le Mashiah se révélera que   sera à nouveau observé le jubilé et pour ces raisons cachées au terme de kippour nous sonnons du shoffar dont le son puissant est censé remuer notre âme, et que le monde entier entendra lorsque le Messie se révélera!

Caroline Elisheva Rebouh Ben Abou
אלישבע רבוה בן אבו
MA Hebrew and Judaic Studies
Administrative Director of Eden Ohaley Yaacov
0547891691

1]Dans les milieux ruraux non juifs.

Laisser un commentaire