En Israël, TOU BEAV est devenu  Hag  HaAhava  (fête de l’amour ou des amoureux) et, en ce jour  de nombreux couples choisissent cette date pour unir leurs destinées. Tou BeAv est-il donc une fête commerciale comme la Saint Valentin dans les pays occidentaux ?

Quelle est l’origine de cette « fête » ?

Lorsque les explorateurs revinrent au camp des israélites et firent un rapport épouvantable du pays, et que le peuple (ceux qui n’avaient pas confiance en HaShem) se fondit en lamentations,  c’était un 9 Av et D promit à ce peuple ingrat que désormais ils auraient un motif de se lamenter pour le 9 beAv. La punition fut que les pérégrinations du peuple s’étalèrent sur 40 ans mais, chaque année, à la veille du 9 Av, ils devaient creuser un tombeau et s’y coucher la nuit en attendant que la mort étende son voile sur ceux qui devaient disparaître cette année-là. Cependant, le 9 av de la quarantième année, tous creusèrent un tombeau et s’y allongèrent mais, au petit matin, aucun cri, aucune lamentation, ne se firent entendre, ils pensèrent qu’ils s’étaient trompés de date comme cela s’était produit lors du séjour de Moïse sur le Mont Sinaï. Ils répétèrent l’opération la nuit suivante et encore et encore jusqu’à ce qu’ils observèrent la pleine lune, nuit où la lune éclaire toute la contrée et virent que personne n’était mort dans son tombeau. C’était le 15 Av (Tou beAv[1]). Ils comprirent alors que la punition avait été levée. Ce jour se transforma donc en liesse.

Cependant il existe d’autres raisons pour la fête de Tou BeAv que nous allons citer plus bas et notamment la première qui fit que s’attacha à cette date l’image de l’hyménée  et des épousailles.  Dès les débuts de la parcellisation de la Terre d’Israël entre les tribus, le 15 av, les jeunes-filles à marier toutes  de blanc vêtues par souci d’équité, dansaient dans les vignes en invitant les jeunes-gens à choisir chacun l’une d’entre elles sans se laisser guider par la beauté mais par la réputation de sa famille.  Ceci et d’autres raisons ont fait s’exclamer R’ Shim’on ben Gamliel :  qui compara l’allégresse de Tou BeAv à celle de Yom Kippour.

Lors de l’entrée des tribus sur le sol d’Israël et de manière à sauvegarder le patrimoine  de chaque tribu, il était « conseillé » de ne se marier que parmi sa propre tribu mais, par la suite, cette loi fut abrogée et chacun put à sa guise prendre époux/épouse dans un autre camp.

A une époque où il n’y avait pas de roi en Israël se passa un évènement tragique sur le territoire de la tribu de Benjamin où un homme de la montagne d’Ephraïm et sa concubine en chemin de Beith Lehem en Judas jusque chez eux, voulurent passer la nuit à Ghibéa (Juges chapitres 19 à 21) or, les habitants de cette localité se conduisirent comme jadis les habitants de Sodome et Gomorrhe.  Les habitants des autres tribus apprenant ce qu’il s’était passé, et, après avoir pris le conseil de D livrèrent bataille à la tribu de Benjamin et jurèrent qu’aucune tribu ne donnerait ses filles en mariageaux hommes de Benjamin cependant, par la suite, ne voulant pas qu’une tribu fût effacée de la carte d’Israël, c’est un 15 Av que fut levé cet interdit.

Au Beith Hamikdash, on utilisait du bois pour les sacrifices et notamment aussi pour brûler l’encens. Or, les Sages avaient remarqué qu’après le 15 Av l’ardeur des rayons du soleil baissait d’intensité et que cela pouvait provoquer ou favoriser l’apparition de vers ou autres insectes dans les arbres, les rendant impropres  à  l’usage voulu. Le 15 av était donc la limite de la coupe du bois pour le Temple et, le fait d’avoir pu mener à bien cette mitsva donna l’occasion de célébrer cette date avec allégresse remarqua le Rashbam (petit-fils de Rashi) dans le traité talmudique de Baba Metsiâ.

C’est à TouBeAv que les morts de Beitar furent ensevelis.

C’est aussi pour TouBeaV que furent enlevées par Osée les frontières sur la route de Jérusalem  instaurées par Jéroboam ben Nabet visant à empêcher les Juifs de se rendre au Beith Hamikdash. Rappelons que Jéroboam fit ce qui s’appelle « faire le mal aux yeux de HaShem ».

A la synagogue, on marque ce jour en ne récitant pas de Tahanounim (suppliques quotidiennes).

Voici donc quelques bonnes raisons pour fêter le 15 de ce mois de Av !!!

Caroline Elisheva REBOUH

[1]15 = 9+6 soit la lettre teth et la lettre vav  que l’on prononce « tou » car 15 normalement devrait s’écrire youd + ‘hé = y ah ou une des façons d’appeler D. Il en est de même avec le chiffre 16 qui s’écrit teth zaïn  car youd et vav serait aussi un ces noms de D.

 

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