Le Ministre français de la culture Franck Riester visite l’exposition Lignes de Défense de l’Université de Tel-Aviv.

Le Ministre français de la culture, Franck Riester a visité jeudi soir 29 novembre l’exposition « Lignes de Défense: Maginot, Bar-Lev et au-delà », présentée à la Galerie d’Art Universitaire de l’Université de Tel-Aviv, qui avait été inaugurée la veille en présence de l’Ambassadrice de France en Israël, Hélène Le Gal. L’exposition est centrée sur deux lignes de fortifications emblématiques, la Ligne Maginot en France et la Ligne Bar-Lev en Israël. « Entre les murs de l’Université de Tel-Aviv, c’est l’avenir qui se construit », a déclaré le Ministre.

Le Ministre français de la culture Franck Riester, en Israël pour la clôture de la Saison croisée Israël-France 2018, a visité jeudi soir 29 novembre l’exposition Lignes de Défense, inaugurée le 28 novembre dans la Galerie d’Art universitaire de l’Université de Tel-Aviv. La visite, menée par le Dr. Sefy Hendler, directeur du Département d’Histoire de l’Art de l’université et Directeur de la Galerie, s’est déroulée en présence de l’Ambassadrice de France Hélène Le Gal. Le Ministre a également rencontré la directrice du Département de Théâtre, le Dr. Sharon Aronson-Lehavy ainsi que les étudiants du département qui participeront aux représentations théâtrales organisée dans le cadre de l’exposition.

Une question centrale de notre temps

« C’est une très bonne idée, très originale « , a commenté le Ministre. « Il est bon que l’art soit là pour contrecarrer les idées reçues ». Plus tard, il a posté sur son compte Twitter: « Entre les murs de l’Université de Tel-Aviv, c’est l’avenir qui se construit. L’avenir de nos sciences, de nos technologies et de nos startups, mais aussi l’avenir de la création et des arts ».

L’exposition est centrée autour de deux séries de photographies de deux lignes de fortifications célèbres: la Ligne Maginot, construite dans les années trente le long de la frontière entre la France et l’Allemagne en vue de l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale, immortalisée par les clichés du photographe français Alexandre Guirkinger – et la Ligne Bar-Lev, bâtie sur la rive orientale du Canal de Suez avant la Guerre du Kippour de 1973, représentée par le photographe israélien Micha Bar-Am. Les deux lignes sont liées à des traumatismes nationaux gravés dans la mémoire collective. A travers des œuvres d’artistes israéliens et étrangers, l’exposition présente la structure des lignes de fortifications, des bunkers, des murs et des barrières, comme faisant partie du paysage.

Ministre culture ambassadrice« Les lignes de défense sont un thème qui existe depuis le début de l’histoire et résonne jusqu’à nos jours dans le monde entier », a déclaré l’Ambassadrice Hélène Le Gal lors de l’inauguration. « Elles représentent à la fois l’espoir de tranquillité et sa désillusion violente. Ces deux photographes inspirés, très différents, ont cependant la même force esthétique ».

« Par ce projet, la Galerie d’Art universitaire cherche à générer un débat par-delà les frontières de l’art visuel, sur une des questions centrales de notre temps », explique le Dr. Sefy Hendler, qui ajoute que pour l’occasion, la Galerie a coopéré pour la première fois avec l’Institut pour les Etudes sur la Sécurité nationale (INSS), rattaché à l’Université de Tel-Aviv, qui proposera également une série de conférences réalisées par des chercheurs, des militaires, des analystes et des représentants des media. « Nous avons également collaboré pour la deuxième fois avec le Département de théâtre de l’Université, dont les étudiants présenteront des représentations de deux pièces : « The Claim of Don Quichotte » par le scénariste israélien Gilad Evron, sur les frontières psychologiques et sociales, et « Youthful Silence » par David Amsallem sur la routine quotidienne de la vie des soldats.

Interdisciplinarité

« Nous sommes très fiers de cette interdisciplinarité qui n’existe dans pratiquement aucune Faculté d’Art dans le monde », a déclaré le Prof. Zvika Serper, Doyen de la Faculté des Arts, qui ajoute: « Ces lignes réunissent également deux parties, il ne faut pas penser uniquement à ce qu’elles séparent, mais voir ce qui se passe de chaque côté ».

« Les lignes de fortifications sont aussi anciennes que l’histoire humaine », affirme Galia Zur Zeev, curatrice de l’exposition.  » Le besoin de fortifier un territoire pour empêcher la pénétration de l »autre’ est ancien et universel. L’exposition présente ce phénomène à plusieurs moments de l’histoire. Elle montre comment d’impressionnantes fortifications ont été détruites, oubliées, laissées à la merci de la nature, et pose la question de l’efficacité de ces barrières et lignes de séparation à l’époque des cyber-attaques ».

Le Général de réserve Amos Yadlin,   directeur de l’INSS, présente la conception sécuritaire israélienne des lignes de défense: « Dans la conception de Ben Gourion, les lignes de défenses n’existaient pas: on triomphait par l’attaque et non par la défense. La notion de défense est apparue dans la conception israélienne avec Dan Méridor. Aujourd’hui, nous avons des barrières de séparation avec l’Egypte au sud, avec les syriens au nord et autour de la bande de Gaza ».

Outre les deux séries principales de photographies, l’exposition présente entre autre également une performance artistique des artistes Marina et Ulay Abramovic sur un voyage de séparation de 90 jours sur la muraille de Chine, un curieux film d’Amir Balaban « The Deer » (Le Chevreuil) qui présente la vie sauvage le long des frontières et examine la barrière de défense israélienne du point de vue de ses conséquences écologiques, ici comment elle protège les gazelles; des photographies d’Assaf Evron sur le mur en construction entre le Mexique et les Etats-Unis pour empêcher l’immigration illégale et un film de Yael Lavie qui présente le narratif de la guerre du Kippour du côté égyptien.

L’exposition est ouverte au public à la Galerie d’art universitaire de l’Université de Tel-Aviv. Tél: 03-6408860

Sivan Cohen-Wiesenfeld, PhD
http://www.ami-universite-telaviv.com/

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