Le gisement de Tamar a commencé à fournir du gaz pour la première fois samedi dernier. Une parenthèse d’ailleurs,  pour souligner que Shimon Perez a déploré que le début de cette aventure extraordinaire pour Israël débute un Shabbat.

marine

Bref, Israël offre à présent à ses ennemis une cible évidente et donne  à sa marine ( longtemps occultée par d’autres branches des forces armées israéliennes) l’opportunité de reprendre du service. Ce sera une charge importante en termes de travail mais aussi en termes financiers. Sur 836 patrouilleurs, encerclant deux plates-formes gazières dans les eaux agitées de la Méditerranée, le capitaine Ilan Lavi feuillette les scenarii des menaces possibles : des bombes, des drones, des sous-marins, des fusées et des missiles, il passe en revue tout ce qu’il peut y avoir en magasin dans toutes les tailles et toutes les couleurs !

« Nous devons construire une défense sans faille », a déclaré Lavi, directeur du service d’urbanisme de la marine, qui parle en toute connaissance de cause à la fois sur les aspects financiers de l’industrie du gaz comme sur les aspects de la sécurité. « Vous ne pouvez pas avoir un système de défense qui coûte plus cher que le gaz lui-même », lance-t-il avec un peu de malice.

La découverte d’importants gisements de gaz naturel dans sa zone économique au large des côtes en 2009 a été une très bonne surprise pour Israël, transformant les perspectives d’un pays autrefois tributaire des importations. Le gouvernement s’est, dès le départ, engagé à aider et à protéger les champs de gaz développés par des sociétés privées, mais la marine dit qu’elle est sous-équipée pour défendre une zone maritime plus grande qu’Israël lui-même.

L’Etat d’Israël estime qu’il y a environ 950 milliards de mètres cubes de gaz sous ses eaux, suffisamment pour envisager des exportations. Une attaque réussie pourrait menacer ces perspectives.

« Un système de défense approprié coûtera environ 700 millions de dollars plus 100 millions de dollars de maintenance », a déclaré Lavi. C’est difficile à vendre dans un pays confronté à des réductions de dépenses et à des hausses d’impôts.  « Nous pouvons faire  moins, mais  le système sera moins performant », a-t-il ajouté.

Un haut responsable de la marine, parlant sous couvert d’anonymat,  a déclaré que le simple fait de patrouiller dans la zone,  implique des besoins d’au moins quatre nouveaux navires.

Amit Mor, un ancien consultant de la Banque Mondiale, dit qu’Israël n’a pas besoin de réinventer la roue :   »Je suis convaincu que les Forces de  défense d’Israël ont la capacité de fournir une protection adéquate pour cette nouvelle activité offshore et que le financement nécessaire sera alloué », a-t-il dit.

il a fallu 40 minutes vers l’ouest, à partir du port d’Ashdod pour atteindre les deux plates-formes gazières. Les côtes israéliennes sont à 15 miles (24 km) de là, on peut les voir par temps clair, à partir des deux plates-formes. On peut aussi voir les côtes de la bande de Gaza. Les plates-formes sont à portée des roquettes, même si les tirs manquent de précision. Le Hezbollah constitue une menace plus redoutable car, l’année dernière, il avait envoyé un drone en Israël, couvrant la distance nécessaire pour atteindre quelques-uns des champs de gaz. Le Hezbollah, soutenu par l’ Iran, déclare que son arsenal peut frapper n’importe où en Israël, ce qui implique une technologie sophistiquée. Les pays riches en énergie ont pendant des années été confrontés aux mêmes problématiques et sont toujours à la recherche des meilleures tactiques pour défendre leurs actifs à l’étranger, souvent isolés et vulnérables dans les mers profondes. Les plates-formes pétrolières au large du Nigéria ont été frappées à plusieurs reprises. Ces incidents prouvent que les organisations terroristes ont pris conscience des dommages potentiels qu’elles peuvent causer.

Jeremy Gozlan – pour Tel-Avivre

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