famille benhamouLa famille Benhamou : D’Oran à Ashdod ou de port en port  

Marie et Maklouf, Maklouf et Marie, deux fois quatre-vingts printemps, deux beaux sourires et un dynamisme contagieux !

Mais reprenons, si vous le voulez bien, depuis le début.

Nous sommes dans les années 1942, René-Maklouf a tout juste 12 ans. Il se souvient encore de l’arrivée des Américains dans sa ville.  De ce débarquement des GI’s, avec jeeps, tanks, musique de jazz, cigarettes, chewing gum, chocolat …

Une vraie corne d’abondance !

René se souvient encore que sur la place d’Armes, depuis les terrasses de la maison Sainthon, des snipers vichystes ont tiré sur des soldats américains…

Mais René avait d’autres soucis. Soutien de famille, il commença donc à travailler.

Il faut vous dire que René est un Oranais «  pur jus ». Né à Oran, il a grandi dans les rues d’Oran.

Tandis que Marie grandissait dans le sud profond, aux portes du Sahara, à Colomb Béchar.

C’est dans l’immédiat après-guerre (1939- 1945) que Marie et sa famille s’installèrent à  Oran, la grande ville de l’ouest algérien.

Marie et Maklouf ont eu à subir les lois de Vichy qui les ont exclus de l’école républicaine.

Exclusion vécue par tant d’autres de leurs camarades juifs du même âge ou plus âgés.

Marie ne savait pas encore que dans cette grande ville d’Oran se cachait un tout jeune homme qui allait devenir son compagnon de toute une vie !

Au marché Blandon, à Oran, René tenait un stand de fruits et légumes.

La famille Benhamou était arrivée de Tétouan dans les années 1860-1870, lors de la guerre entre l’Espagne et le Maroc. À pareille époque, beaucoup de familles juives de Tétouan vinrent s’installer dans l’immense département d’Oran.

En 1961, Marie et René, tout jeunes mariés, et parents de deux petites filles choisissent de quitter Oran, l’Algérie et la guerre qui n’en finit pas de la secouer.

Point de passage par la métropole, ils gagnent directement Eretz Israël, et la ville d’Ashdod.

À Ashdod où naîtront  une fille et un garçon et où ils demeurent depuis.

C’est donc en mars 1961 que les Benhamou arrivent dans cette toute jeune cité d’Ashdod où tout est à faire, à construire. En particulier le port.

Le premier du pays, semble t-il, aujourd’hui !

Photo : http://solyanidjar.superforum.fr/
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Le 17 juillet 1961, Maklouf commence à travailler à la construction du port. Après la construction du port, il y travaillera comme employé. Lui qui n’était pas du tout préparé à ce type de travail, mais qui avait demandé à sa belle-mère de lui offrir des « bleus » de travail !

photo  : http://solyanidjar.superforum.fr/
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Le 31 juillet 1961, en présence d’Ithsak Ben Zvi, il assistera à la pose de la première pierre du port d’Ashdod.

Il fut, pendant toutes ces années, l’employé de la société : « Solel Boneh Building and public works co ltd. »

Il y recevra 30 ans plus tard, un diplôme pour toutes ces années de labeur.

Les tétrapodes que nous voyons le long de la jetée du port de plaisance, Maklouf les a manipulés du haut de ses engins.

Sur les photos d’époque, Maklouf est re connaissable à son casque colonial et ses lunettes de soleil, façon Ray Ban. L’histoire ne dit pas si le casque colonial blanc et en liège venait d’Oran !

Maklouf Benhamou et ses camarades de travail accueillirent en juillet/août 1965, le premier bateau dans l’enceinte du tout nouveau port d’Ashdod. Ce bateau était le « Yarden ».

Depuis ces temps mémorables, il ne se passe pas un jour ouvrable sans que des dizaines de bateaux ne viennent accoster à Ashdod. Venus du monde entier.

L’histoire ne nous dit pas si Maklouf Benhamou et les siens ont la nostalgie de ces temps anciens. Mais je puis vous confier que les Benhamou vivent sereinement et paisiblement, entourés de l’affection de leurs enfants et petits-enfants.

Norbert Bel Ange

Pour Ashdod Café le 6 décembre 2013

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