L’histoire : Ils se sont connus voilà bien longtemps. Un homme et une femme, dont l’histoire d’amour fulgurante, inattendue, saisie dans une parenthèse devenue mythique, aura révolutionné notre façon de voir l’amour.
Aujourd’hui, l’ancien pilote de course se perd un peu sur les chemins de sa mémoire. Pour l’aider, son fils va retrouver celle que son père n’a pas su garder mais qu’il évoque sans cesse. Anne va revoir Jean-Louis et reprendre leur histoire où ils l’avaient laissée…

C’est un bon « Lelouch » (et ce n’est pas toujours le cas). Le réalisateur a eu une bonne idée (finalement) d’imaginer une suite avec les mêmes acteurs. Et c’est plutôt réussi. 

En dehors du fait de nous confirmer que la vieillesse est définitivement un naufrage, on vit l’histoire de ces deux anciens amoureux dont l’un a d’énormes « absences » comme une fin logique et bienheureuse.

Evidemment, le public qui ira voir ce film se situe au-dessus de 65 ans (il risque peu d’intéresser les jeunes) mais pour ceux-là en tout cas, revoir des « bribes »  de « Un homme, une femme » de1966 intelligemment rapportées à ce dernier opus d’une vie sera un véritable plaisir en même temps qu’un vrai supplice : qu’ils étaient beaux lorsqu’ils étaient jeunes – tous les deux, comme ils ont vieilli et comme cela fait mal de les voir ainsi.
Elle (Anouk Aimée) s’en sort mieux que lui. Elle travaille, est entourée de sa famille et du coup est restée dans la vie. Mais lui, le beau séducteur est devenu une épave avec des souvenirs confus.

En voyant Trintignant, je n’ai pu m’empêcher de penser à l’épreuve terrible qu’il a subi en perdant sa fille Marie. Comment survivre, comment ne pas essayer de perdre la mémoire, comment ne pas avoir sombré dans la vieillesse ? Malgré tout, lorsqu’il se mettait à sourire, on retrouvait l’ancien séducteur et un peu de sa jeunesse. Comme quoi, on a beau vieillir, on garde toujours son charme.

Est-ce que je vous conseille d’aller voir ce film ? Oui, parce que l’histoire est jolie et nostalgique. Mais en même temps, elle ajoutera à votre angoisse (en tout cas, à la mienne) de cette vieillesse inexorable qui détruit ceux que nous avons été.

Lellouch a bien fait d’immortaliser ces deux monstres sacrés qui ont 88 et 87 ans aujourd’hui, et en dehors de quelques longueurs, le film valait la peine d’être créé.

Chantal S.
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