Plus de 20% de baisse et donc la fin officielle du «bull» market. Une page se tourne. Une baisse fulgurante. À la complaisance et l’optimisme béat qui régnaient depuis des mois, succèdent maintenant le pessimisme et la panique.

LA NOUVELLE VAGUE DE BAISSE…

…vient de la situation aux États-Unis. L’administration Trump est sortie du déni et commence à reconnaître la gravité de l’épidémie. Peu de temps après que l’Organisation Mondiale de la Santé ait décidé de qualifier cette épidémie de pandémie, les États-Unis ont décidé de fermer leurs frontières aux Européens.

D’UNE EXAGÉRATION À L’AUTRE

Nous étions en exagération à la hausse, nous voici depuis hier en exagération à la baisse. Les investisseurs sont paniqués. Une baisse de 15 à 20% intègre une année économique «blanche» avec un monde à l’arrêt en 2020. Au-delà, on est dans la panique. En effet, Il est impossible de déterminer la valeur des actifs alors qu’on n’a aucune visibilité sur la durée de la crise. 10% de baisse c’était une correction. 20% de baisse c’était un krach. 40% de baisse c’est un effondrement. Bien évidemment, l’économie va entrer en récession au deuxième trimestre. C’est le prix à payer pour juguler un risque sanitaire d’une ampleur inconnue de nos contemporains. Les perspectives de l’économie mondiale ont radicalement changé au cours des derniers jours à la suite des mises en quarantaine totale ou partielle de la population décidées par plusieurs gouvernements en Europe et aux États-Unis. Il est fort possible que ces mesures soient encore renforcées dans les prochains jours. Les interdictions de voyager, les fermetures d’écoles, d’entreprises ou de commerce sont imposées afin de créer une distanciation sociale, seul moyen de freiner la propagation du coronavirus. L’impact immédiat est une baisse importante du volume et de la productivité du travail, autrement dit une récession. Le coût économique augmentera aussi longtemps que ces mesures seront en place, mais la priorité sanitaire l’emporte, il va sans dire, sur les objectifs économiques.

LES BANQUES CENTRALES ET LES GOUVERNEMENTS…

…commencent à agir. Baisse des taux, notamment en Grande-Bretagne et aux USA. Angela Merkel a déclaré «ce qu’il faut faire, nous le ferons». C’est la musique qu’on entend de la part de tous les gouvernements depuis quelques jours. Nous ferons tout ce qu’il faut. 2020 sera l’année où on ignorera le mot «déficit».

On ouvre les vannes. Appuyés par les banques centrales qui rachèteront sans aucune limite les dettes d’état dont les déficits vont exploser, les gouvernements vont injecter plus d’argent dans l’économie qu’on n’en a jamais vu. Les banques centrales financent les États et les banques. Les États financent les entreprises. Et les États vont distribuer de l’argent sous une forme ou sous une autre aux particuliers. Les gouvernements vont distribuer de l’argent directement, tout d’abord aux PME et entreprises qui sont directement touchées par la crise du coronavirus, sous forme de baisse ou d’annulation de charges sociales ou de taxes, mais peut-être aussi, plus tard, notamment aux États-Unis aux particuliers avec des baisses d’impôts voire en France, une nouvelle année blanche. Attendons-nous à des plans de relance très agressifs. Au tour…des gouvernements maintenant de financer totalement l’arrêt économique des pays et de faire de la relance budgétaire. La France qui avait déjà commencé avant même la crise du coronavirus est en pointe dès qu’il s’agit de dépenser de l’argent qu’on n’a pas.

CETTE CRISE EST UNE OPPORTUNITÉ

Tout d’abord, elle a permis de sortir de cette phase d’optimisme béat. Elle a permis de se rendre compte que la Bourse n’était pas un placement dont le capital était garanti par les banques centrales. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas investir en Bourse, non. Cela veut dire qu’il faut investir en Bourse de façon sélective et pas quand tout le monde est euphorique. Non, il faut investir quand tout le monde fuit. Et nous allons commencer à entrer dans des zones, si la panique continue, où il sera opportun d’y investir, prudemment, en fonction de votre profil de risque. L’euphorie est un signal d’alerte. La panique est un signal de réflexion. Cependant, dans l’hypothèse qui est pour l’instant admise d’une fin de crise en avril ou en mai, on n’aurait «perdu» qu’un semestre, et au pire une année si le redémarrage est laborieux et progressif comme c’est le cas en Chine. Sans préjuger de l’avenir, la sortie de la crise en Asie (Chine en tête) peut nous donner de l’espoir et une bonne raison d’acheter à bon compte, petit à petit. Car il reste le risque d’une relance de la contagion dans ces pays asiatiques… En restant optimistes, avec quelques semaines de décalage, il est raisonnable d’espérer le même sort pour l’Europe et les Etats-Unis. Cette crise est différente des précédentes. Et la grande différence vient du fait qu’il y a eu la crise de 2008. Et «grâce» à 2008, on ne perd plus de temps. Les banques centrales ont tous les pouvoirs et elles peuvent faire, quasiment, ce qu’elles veulent. Pas besoin, comme après la crise de l’euro, de sommets européens à répétition débouchant pendant des années sur des échecs. Il a fallu à peine quelques jours, voire quelques heures, pour ouvrir les vannes du crédit et les vannes de la dépense publique. La réaction est fulgurante. Massive.

ON DEVRAIT DONC AVOIR…

…un rebond économique puissant, très puissant même du fait de l’effet rattrapage, soit au dernier trimestre 2020 soit au premier semestre 2021. Un rebond économique qui pourrait compenser la récession de 2020. Car cette crise n’a rien à voir avec celle de 2008, elle se rapproche plus d’un 11 septembre 2001 qui aurait duré quelques semaines. Mais attention car il y aura des perdants, des entreprises qui vont disparaître ou être nationalisées. Et puis il y aura des gagnants car l’économie va changer si on tire les leçons de cette crise. Il nous faudra investir avec discernement et surtout pas sur les indices.

Article écrit par Stéphane Teboul – Spécialiste en gestion de patrimoine et montages financiers pour le Réseau Experts Alya

Directrice du Réseau Experts Alya
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