La semaine prochaine (dimanche soir et lundi) tombera la date du 15 Chévat (Tou Bichvat), jour où l’on a l’usage de multiplier les bénédictions alimentaires sur différentes espèces de fruits et de légumes, et autres.
C’est pourquoi, il est convenable d’étudier durant ces jours-ci les règles relatives aux bénédictions alimentaires. Notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l avait lui aussi l’usage d’enseigner ces règles en cette période.
Il est enseigné dans une Michna du traité Béra’hot (40a) :
Sur un fruit de l’arbre (comme une pomme ou une poire), on récite la bénédiction de Boré Peri Ha’ets. Sur un fruit de la terre (comme une tomate ou un concombre), on récite la bénédiction de Boré Peri Haadama.
La Michna poursuit :
Si l’on a récité Boré Peri Haadama sur des fruits de l’arbre, on est quitte de son devoir (à postériori).
Si l’on a récité Boré Peri Ha’ets sur des fruits de la terre, on n’est pas quitte de son devoir.
Sur tous les fruits, si l’on a récité Chéhakol Nihya Bidvaro, on est quitte (à postériori).
C’est-à-dire : si une personne se trompe et récite Boré Peri Haadama sur un fruit dont la véritable bénédiction est Boré Peri Ha’ets, cette personne est quitte de l’obligation de la bénédiction (à postériori), et ne doit pas la dire de nouveau, car tous les fruits proviennent de la terre, et par conséquent, la bénédiction de Boré Peri Haadama est aussi relative à tous les fruits, y compris ceux dont la véritable bénédiction est Boré Peri Ha’ets.
Même s’il est certain que Lé’hate’hila (à priori), il est interdit de réciter Boré Peri Haadama sur les fruits de l’arbre, malgré tout, Bédi’avad (à posteriori), si l’on a récité par erreur Boré Peri Haadama sur un fruit de l’arbre, on est quitte de l’obligation de la bénédiction, et il ne faut pas recommencer et dire Boré Peri Ha’ets.
Par contre, si l’on récite par erreur la bénédiction de Boré Péri Ha’ets sur un légume dont la véritable bénédiction est Boré Péri Haadama, on ne s’est pas acquitté de son devoir et l’on a récité une bénédiction en vain. Il faudra dans ce cas réciter de nouveau la véritable bénédiction relative à ce légume qui est Boré Péri Haadama, car la bénédiction de Boré Péri Ha’ets n’inclut pas les fruits de la terre, puisque les fruits de la terre ne poussent pas sur les arbres.
Sur n’importe quel végétal – aussi bien des fruits de l’arbre que des fruits de la terre – si l’on a récité par erreur Chéhakol Nihya Bidvaro, on est quitte de l’obligation de la bénédiction, car ils ont tous été créés par la Parole d’Hachem lorsqu’ Il a dit « Que le monde soit ».
Nos maîtres débattent dans la Guémara, sur le cas de la personne qui a récité par erreur Chéhakol sur du pain ou sur du vin. Cette personne est-elle quitte de son obligation à postériori ou pas ?
Sur le plan de la Halacha, les Richonim (décisionnaires de l’époque médiévale) ainsi que MARAN l’auteur du Choul’han Arou’h tranchent que même si l’on a récité par erreur Chéhakol Nihya Bidvaro sur du pain, on est quitte de son obligation, et il ne faut pas recommencer la bénédiction. (C’est de là que vient l’expression « Chéhakol acquitte de tout »).
Puisqu’on est quitte à postériori de son obligation lorsqu’on a récité par erreur Boré Peri Haadama sur un fruit dont la véritable bénédiction est Boré Peri Ha’ets,
les décisionnaires écrivent que lorsque la bénédiction d’un fruit fait l’objet d’un doute parmi les décisionnaires de la Halacha si sa bénédiction est Boré Péri Ha‘ets ou Boré Péri Haadama, il faut – dans ce cas – trancher que la bénédiction est Boré Peri Haadama, et non pas Chéhakol Nihya Bidvaro.
A la lueur de tout ceci, notre maître le Rav Ovadia YOSSEF z.ts.l écrit que la bénédiction de la banane – sur laquelle les décisionnaires débattent afin de définir si sa bénédiction est Boré Péri Haadama ou Boré Péri Ha’ets – en raison du doute, il faut trancher que sa bénédiction est Boré Péri Haadama.
Il en est de même pour tout fruit sur lequel il y a une divergence d’opinion Halachique ou un doute au sujet de sa bénédiction, celle-ci doit être Lé’haté’hila (à priori) Boré Péri Haadama.
Par conséquent, le fruit appelé « Grenadille » – au sujet duquel les Rabbanim de notre époque sont en divergence d’opinion Halachique afin de définir s’il appartient à la catégorie des fruits ou à celle des légumes – il est préférable selon tous les avis de réciter la bénédiction de Boré Péri Haadama sur ce fruit.
Hormis cela, selon l’opinion Halachique de notre maître le Rav z.ts.l, ce fruit est un véritable fruit de la terre, même vis-à-vis des règles de ‘Orla (et de ce fait, il est permis d’en consommer même durant les 3 premières années depuis la plantation de son arbre), et il n’y a pas de doute – selon l’opinion de notre maître le Rav z.ts.l – sur sa bénédiction qui est Boré Péri Haadama.
Mais en réalité, même selon les opinions Halachiques plus rigoureuses sur cette question, qui considèrent ce fruit comme faisant partie de la catégorie des fruits de l’arbre – comme l’opinion du Gaon Rabbi Yossef Chalom ELYACHIV z.ts.l – malgré tout, concernant sa bénédiction, il faut réciter Boré Péri Haadama.
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