Malgré une année de guerre particulièrement éprouvante, la société israélienne continue de faire preuve d’une capacité de résilience remarquable. C’est ce qui ressort du 16ᵉ rapport “Visages de la société” publié par le Bureau central des statistiques d’Israël (CBS), qui dresse un état des lieux détaillé des évolutions démographiques, économiques et sociales du pays.

Le rapport met en lumière une réalité contrastée : une société profondément marquée par les événements, mais qui ne cède ni à l’effondrement démographique ni à la désagrégation sociale.

Un lourd tribut humain, mais une dynamique démographique préservée

Les conséquences humaines de la guerre restent considérables.
En 2023, 1 377 personnes ont perdu la vie lors de l’attaque du 7 octobre et dans les mois qui ont suivi, dont 828 civils et 509 soldats.
En 2024, le nombre de décès liés au conflit a nettement reculé, avec 406 victimes, principalement des soldats.

L’espérance de vie a légèrement diminué, passant de 83,8 ans en 2023 à 83,4 ans en 2024, hors victimes de guerre — une baisse modérée mais significative dans un pays habitué à des indicateurs élevés.

Concernant les déplacements de population, la situation s’est améliorée autour de Gaza, avec une baisse drastique du nombre d’évacués, passés de 76 800 à 4 400 personnes. En revanche, la situation s’est dégradée sur le front nord, où le nombre d’évacués a augmenté pour atteindre 63 100 personnes, issues de localités situées à proximité de la frontière libanaise.

Une société mobilisée, malgré la fatigue

Malgré le contexte sécuritaire, le rapport souligne un niveau de satisfaction personnelle étonnamment élevé : 91,1 % des Israéliens âgés de 20 ans et plus se déclarent satisfaits ou très satisfaits de leur vie en 2024, un chiffre proche de celui des années précédentes.

Autre indicateur fort : la mobilisation citoyenne.
Près de 30 % de la population a pris part à des activités de bénévolat — un niveau inédit. Cette mobilisation s’est concentrée sur l’aide aux personnes évacuées, le soutien à l’agriculture et l’assistance aux soldats.

Marché du travail fragilisé, reprise progressive

La guerre a également affecté l’emploi.
Le taux d’emploi national est passé de 61,3 % en 2023 à 60,8 % en 2024, avec des baisses plus marquées dans les zones frontalières.

Près de la frontière libanaise, le taux d’emploi a chuté de 63 % à 58,2 %, tandis que dans les localités proches de Gaza, il est passé de 74,2 % à 67,1 %.

La main-d’œuvre palestinienne a fortement diminué, alors que le recours aux travailleurs étrangers a augmenté.
Des signes de reprise apparaissent toutefois début 2025, notamment dans le pourtour de Gaza, où le taux d’emploi remonte progressivement vers les niveaux d’avant-guerre.

Fragilisation psychologique et tensions sociales

Le rapport met en évidence une hausse marquée des troubles psychologiques.
La proportion de personnes déclarant souffrir de dépression est passée de 25,5 % à 33,9 % au niveau national, et atteint 36,5 % dans les zones situées à moins de 15 kilomètres de la frontière libanaise.

Près de 68 % des Israéliens déclarent ressentir un stress élevé.
Parallèlement, le nombre de personnes vivant avec un handicap a augmenté, atteignant 13,1 % de la population en 2024.

La confiance dans les institutions s’est également érodée, notamment envers le gouvernement et le système judiciaire, tandis que le sentiment de sécurité personnelle s’est fortement dégradé dans le sud du pays.

Un paradoxe israélien : vulnérabilité et vitalité

Dernier indicateur, hautement symbolique : le nombre de naissances en septembre 2024 a augmenté de 7,2 % par rapport à septembre 2023.

Pour les statisticiens, cette donnée traduit une capacité collective à se projeter dans l’avenir, malgré la guerre, les incertitudes et les traumatismes.

Une société marquée, mais debout

Entre fragilisation psychologique, fractures territoriales et solidarité sans précédent, le rapport du CBS dessine le portrait d’une société profondément affectée, mais qui conserve une capacité d’adaptation et de reconstruction.

Les chiffres ne masquent ni la souffrance ni les tensions, mais ils révèlent aussi une réalité propre à Israël : celle d’une société qui continue de vivre, de s’organiser et de se projeter, même sous pression.

Ashdodcafe.com
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