Malgré la guerre, le projet de taxe sur les profits exceptionnels des banques progresse dans le cadre de l’élaboration du budget de l’État pour 2026 et de la loi d’accompagnement économique qui doit être adoptée prochainement par la Knesset.

Selon les responsables du ministère des Finances, les bénéfices réalisés par les grandes banques israéliennes atteignent un niveau sans précédent dans l’économie israélienne.
« Nous n’avons jamais vu de tels chiffres dans aucun secteur », affirment des responsables professionnels du ministère.

Une mesure destinée à limiter les profits des banques

La Commission des finances de la Knesset examine actuellement le budget 2026 et la loi des arrangements économiques qui l’accompagne. Les députés disposent d’environ trois semaines pour finaliser l’adoption du budget.

L’un des chapitres les plus débattus concerne la création d’une taxe spéciale sur les banques, destinée à deux objectifs principaux :

  • modérer les profits exceptionnels des cinq plus grandes banques commerciales
  • générer de nouvelles recettes fiscales pour l’État

Ces profits, selon le ministère des Finances, ont été en partie réalisés au détriment du public, notamment à travers l’augmentation des taux d’intérêt et des commissions bancaires.

Une taxe de 15 % sur les profits jugés excessifs

La proposition prévoit d’imposer une taxe de 15 % sur les bénéfices jugés “exceptionnels”.

Les profits seront considérés comme excessifs lorsqu’ils dépassent de plus de 50 % la moyenne des bénéfices enregistrés entre 2018 et 2022.

Ces années ont été choisies comme référence car elles représentent une période relativement stable, avant la forte hausse des taux d’intérêt décidée par la Banque d’Israël en 2022, qui a ensuite provoqué une augmentation spectaculaire des bénéfices bancaires.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • 29,4 milliards de shekels de profits en 2024
  • 25,7 milliards de shekels en 2023
  • contre 13,8 milliards de shekels par an en moyenne entre 2018 et 2022

Une rentabilité exceptionnelle selon le ministère des Finances

La proposition repose sur les conclusions d’une équipe d’experts composée notamment de responsables du ministère des Finances, de l’Autorité fiscale et de la Banque d’Israël.

Selon ce groupe de travail, le secteur bancaire israélien présente :

  • un niveau de concentration particulièrement élevé
  • de fortes barrières à l’entrée pour de nouveaux acteurs
  • un niveau de risque commercial relativement faible

Ces facteurs justifient, selon eux, l’instauration d’une taxe spéciale.

Les banques dénoncent une mesure injuste

L’Association des banques ne conteste pas l’existence de profits élevés, mais estime que si une taxe sur les profits exceptionnels doit être instaurée, elle devrait s’appliquer à l’ensemble de l’économie, ou au moins à d’autres secteurs comme :

  • les assurances
  • l’industrie alimentaire

Selon les banques, certains secteurs ont enregistré en 2025 un rendement du capital encore plus élevé.

Elles accusent également le ministre des Finances Bezalel Smotrich d’avoir imposé cette mesure sans véritable soutien des professionnels du secteur, estimant que le taux de 15 % est arbitraire.

« Une situation unique dans l’économie »

Lors d’une audition devant la Commission des finances, Yurai Metzlavhi, haut responsable au ministère des Finances, a défendu la mesure :

« Même avant la hausse des taux d’intérêt, le secteur bancaire était très concentré. Mais lorsque l’on examine les profits après cette hausse, quelle que soit la méthode d’analyse, cela n’a aucun équivalent dans d’autres secteurs. »

Il a également souligné que la rentabilité des banques israéliennes est parmi les plus élevées des pays de l’OCDE, juste derrière la Hongrie.

Un débat sur l’impact pour le public

Les représentants de l’Autorité fiscale reconnaissent que toute taxe peut être partiellement répercutée sur les clients.

Cependant, ils estiment que les profits actuels des banques proviennent principalement de la hausse des taux d’intérêt, et non d’une amélioration de leur efficacité ou d’innovations.

Selon eux :

« Il n’est pas logique qu’un petit entrepreneur ayant pris de grands risques paie proportionnellement plus d’impôts qu’une grande banque qui a profité de la hausse des taux pour augmenter ses marges. »

1,3 milliard de shekels de recettes par an

La taxe devrait rapporter environ 1,3 milliard de shekels par an à l’État.

Initialement, un taux de 10 % avait été envisagé, ce qui aurait généré environ 960 millions de shekels.

Malgré cette augmentation, la taxe représenterait moins de 4 % du bénéfice net total des grandes banques.

Le président de la Commission des finances, Hanoch Milwidsky (Likoud), a même suggéré d’examiner la possibilité d’augmenter la taxe à 20 %, mais cette option ne semble pas être retenue pour le moment.

Une nouvelle année record pour les banques

Parallèlement, les rapports financiers des grandes banques pour 2025 montrent que cette année devrait également battre des records de profits, avec une distribution de dividendes sans précédent.

Ces dividendes profitent en partie aux investisseurs privés, mais également aux fonds institutionnels, dans lesquels sont investies les pensions des Israéliens.

Selon les estimations du ministère des Finances, environ 75 % des dividendes bancaires sont perçus par les 10 % des ménages les plus riches du pays.

Une tendance déjà adoptée dans plusieurs pays

Israël ne serait pas le seul pays à imposer une taxe sur les profits bancaires exceptionnels.

Ces dernières années, plusieurs pays occidentaux ont adopté des mesures similaires, notamment :

  • la Lituanie
  • le Canada
  • le Royaume-Uni
  • la République tchèque
  • l’Espagne

Ces taxes ont été introduites en réponse à l’augmentation des profits bancaires provoquée par la hausse mondiale des taux d’intérêt.

Ashdodcafe.com
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