Théoriquement le mois d’Iyar est d’après la Torah le deuxième mois de l’année juive puisque Nissan en est le premier avec la fête de Pessah  comme première fête de pèlerinage. Cependant, les mois se sont vus  « affublés » de noms babyloniens. Dans le Talmud le deuxième mois de l’année s’appelle « ziv » ou « nitsane », le premier nom signifiant « éclat » (1) et le suivant désignant les « bourgeons » (2). En effet, les bourgeons commencent à apparaître en cette période. De manière plus traditionnelle,  le mot « Iyar » est composé des initiales des mots : « ani HaShem rof’ékha »  (רופאך’ ה אני) Je suis ton médecin.

Ce mois, succédant à Nissan qui est un mois plein de 30 jours, comporte toujours deux jours de Rosh Hodesh.

Le mois d’Iyar (3) est un mois riche en évènements et deux tiers de la  période du Ômer se déroulent pendant ce mois. Une « segoula » pour ce mois  placé sous le signe de la guérison: s’il pleut pendant ce mois il ne faut  pas hésiter à se faire un peu mouiller par les gouttes de pluie ou bien  disposer une petite cuvette ou un verre qui pourraient recueillir de l’eau  de cette pluie et en mettre sur le point qui fait souffrir ou en boire un peu  en demandant : « puisque Toi, HaShem, Tu es notre médecin guéris untel  de ses maux et accorde lui une refoua shelema »…

Le 1er du mois d’Iyar a eu lieu le premier dénombrement du peuple et c’est aussi un premier Iyar qu’a été posée « la première pierre » du Temple par Salomon (4).

Dans certaines communautés sont permis les mariages le jour de rosh hodesh Iyar bien que la supputation de l’Omer ait commencé, certains avancent que parce que le début de la construction du Temple est une marque d’allégresse.

Le 5 Iyar marque l’anniversaire de l’Indépendance d’Israël. Toutefois, selon le jour de la semaine où il tombe, la célébration peut être avancée ou décalée afin d’éviter toute profanation du Chabbat (hiloul HaShem).

LA PERIODE DU OMER

OMER : Dès le deuxième soir de Pessah, on compte le ômer (voir article  joint) et l’on a coutume de prendre en main une poignée de gros sel.

Il est bon de ne pas se détacher des coutumes même si parfois nous n’en  connaissons pas la source. Les coutumes sont une part de nous-mêmes  et de notre identité…….

Pâques est une fête qui possède plusieurs noms comme par exemple « la  fête du Printemps » hag ‘haaviv’.

Certaines particularités sont à signaler concernant la fête de Pessah.  Ainsi, on récite le Hallel pendant la fête de Pessah, cependant, le premier  soir on le lira en entier, mais, dès le deuxième soir, on n’en lira que  certaines parties car bien que Pessah soit une période de joie, Dieu  S’attriste de toute façon d’avoir dû tuer des Egyptiens qui sont aussi des  créatures humaines.

Dès le premier jour de la fête, avant la prière de moussaf, le hazan va  procéder à la prière de la rosée (tikoun ‘hatal) et dès cette prière de  moussaf on cessera de dire « mashiv ‘harouah oumorid ‘haguéshem » que  l’on récite depuis le moussaf de shemini âtseret où l’on aura prié pour  avoir de la pluie en hiver. Lors de la prière de « moussaf » qui clôture la  prière de la première matinée de Pessah, on va demander au Créateur de  ne pas oublier de parsemer nos champs de rosée : morid ‘hatal car la  rosée est essentielle en agriculture pour rendre les cultures florissantes.  A pessah on prie pour la rosée dès le premier jour de fête car si la rosée descend du ciel, cela ne causera aucun dommage aux pèlerins qui  devaient monter à Jérusalem alors que l’on attend le dernier jour de  shemini âtseret pour demander la pluie (afin que le temps que la pluie  n’arrive tous les pèlerins aient eu la possibilité de regagner leurs  demeures qui pouvaient se trouver à une distance de deux semaines à  pied )!!!!

Dès le deuxième soir, les hommes attendront que la nuit soit complète  pour commencer à « compter le ômer » 49 soirs durant.

Qu’est-ce que le ômer ?
La récolte de l’orge se faisait en cette période et  la mitsva est de présenter un ômer (mesure) d’orge au Temple.  Cependant, cette période est une période de deuil car se sont produits  des faits regrettables en cette longue période de 7 semaines. Ainsi, le plus souvent, est rapporté le fait qu’une épidémie se produisit pendant cette période, épidémie meurtrière s’il en est puisque 24000 élèves parmi les disciples de Rabbi Akiva moururent et l’épidémie s’arrêta complètement le 33e jour de l’Ômer. 33 en hébreu s’écrit avec les lettres  lamed et guimel que l’on prononce « Lag Baômer » – en Algérie où le  guimel porteur d’un point se prononçait comme un « r » on désignait ce jour sous l’appellation de la fête de « Lar« . Ce soir-là, on avait coutume  d’apporter de l’huile pour allumer des veilleuses dans les synagogues, on  y apportait aussi des fleurs et on allumait des veilleuses ou des bougies  décorées à la mémoire de Rabbi Shimôn bar Yohay. Les fidèles  entonnaient sur des mélodies différentes des poèmes à la gloire du grand Sage qui est né et mort à la même date du 18 Iyar à Mérone.

En Israël, un très grand pèlerinage réunissant des dizaines de milliers de  fidèles a lieu chaque année à Mérone : des pèlerins campent aux  alentours du lieu saint plusieurs jours durant et les tombeaux des autres  tsadikim enterrés à Safed ou à Tibériade sont aussi visités.

Le compte du Ômer est généralement fait par les hommes la nuit tombée  et le décompte doit se faire sans interruption. Si, par hasard, la personne  a oublié et ne s’en souvient que le lendemain, elle pourra continuer à compter sans la bénédiction. Étant une mitzva dépendante du temps, les femmes en sont exemptées sauf dans certaines communautés ashkénazes, il est admis que les femmes aient le droit de faire le décompte.

Pendant le Ômer, il est généralement interdit de se raser ou de faire une  coupe de cheveux ; on n’écoute pas de musique et on ne célèbre ni  mariage ni bar mitsva mais seulement une brith mila ou le rachat d’un premier-né. Cependant dans certaines communautés ashkenazes, on  célèbre des mariages ou des fiançailles jusqu’à rosh hodesh iyar par  contre, ils ne font pas d’interruption à lag baomer mais ils « tiennent le  deuil » jusqu’à shavouoth.

Depuis la création de l’Etat d’Israël, on fait une entrave au deuil pour fêter le jour de l’Indépendance (le 5 Iyar) et le jour de la réunification de Jérusalem (le 28 Iyar) mais là aussi de nombreuses controverses  séparent les uns des autres.

Le Rav Ovadia Yossef avait permis aux personnes à peau sensible pour  lesquelles il est difficile de garder la barbe de se raser pour honorer le  shabbat.

PESSAH SHENI – HILOULA DE RABBI MEIR – HILOULA DE RABBI  SHIMEON – LAG BAOMER 

Le 14 Nissan, tout Juif doit procéder au sacrifice de l’agneau pascal.  Cependant, il se peut que des personnes soient dans l’impossibilité de remplir cette obligation lorsqu’elles sont rendues impures par exemple par le contact avec un cadavre avant la fête de Pessah.

De manière à pouvoir accomplir ce devoir religieux, les personnes qui avaient contracté une impureté pouvaient le 14 du mois suivant (Iyyar) sacrifier l’agneau pascal et manger matsot et herbes amères en ce jour. C’est la raison pour laquelle le 14 Iyyar est appelé PESSAH SHENI ou  deuxième Pessah. De manière à commémorer cette date on a coutume de manger un morceau de matsa.

Le 14 Iyyar est aussi la date du décès de Rabbi Méïr Baâl Haness –celui  qui a fait un miracle – et, à cette occasion, certaines personnes ont la  coutume de faire une hiloula au cours de laquelle on étudie des  mishnayoth sur Rabbi Méïr, ou sur pessah shéni, certains consacrent  une séôudat mitsva au cours de laquelle les femmes allument des  bougies à la mémoire du grand Tana.

Qui était Rabbi Méïr ?
Il se nommait, en fait, Rabbi Néhoray mais, comme  il avait la réputation d’un grand érudit qui savait enseigner la Torah et la rendre explicite à tout un chacun, il fut surnommé Méïr – celui qui  éclaire.

Rabbi Méïr fait partie de la quatrième génération de Tanayim après la  destruction du Beith Hamikdash. Il vécut à la même période que R’  Yéhouda HaNassi et que R’ Shimôn ben Gamliel. Cette époque fut  marquée par des révoltes comme celle de Bar Kokhba à Betar ; à cette  époque, les Romains persécutaient tous les Maîtres du Talmud et leurs  disciples. C’est d’ailleurs aussi à cette époque que furent martyrisés et  tués les sages qui dans un kiddoush hashem (sanctification du nom  divin) expirèrent après avoir enduré des souffrances inhumaines comme  Rabbi Akiba (âssareth harougué malkhout – les dix victimes mortes  pour sanctifier le nom de D -). R’ Méïr épousa la fille, Brourya, du Tana R’  Hanina ben Téradyone qui, lui-même fit partie des asséreth harougué  malkhout. Rabbi Méïr vivait avec humilité et sans ostentation, on  rapporte qu’il gagnait 3 pièces d’argent par semaine il consacrait l’une  des pièces pour parer aux besoins de sa famille, avec la deuxième pièce  il achetait des vêtements pour lui et sa famille et il consacrait la troisième  pièce à la charité pour aider les pauvres. Ses condisciples disaient de lui  qu’il était un grand

Rabbi Méïr, voyant les persécutions commises, s’enfuit vers la Babylonie  et il ne reprit le chemin de retour vers Eretz Israël que bien plus tard,  lorsque l’atmosphère devint plus sereine. Il étudiait la Torah avec tant  d’ardeur que l’on disait de lui qu’il réduisait les montagnes en poussière  tant son étude et sa façon d’enseigner était pleine de force et d’ardeur.

Il avait pour ami le fils d’un homme hellénisé, Abuya. Ce fils était tout  d’abord un homme très cultivé qui se laissa dériver vers les sciences  hellénistiques jusqu’à ce qu’il devint apostat et c’est ainsi que de Elisha  ben Abouya, il fut surnommé « l’Autre » (haaher). R’ Méïr le poussa à faire teshouva peu avant sa disparition tout en affirmant qu’il intercèderait en  sa faveur après que lui-même serait décédé. Il enseignait que quiconque  se trouve en difficulté, peut implorer le Créateur en clamant : ILAHA  DEMEIR ANENI ! que l’on traduit couramment par D de Méïr réponds-moi  mais R’ Méïr enseignait qu’il voulait signifier par là : D qui éclaire le  monde réponds-moi !!!

Le 14 Iyyar au soir, il est bon d’allumer des bougies à la mémoire du grand Tana et de prier.

LAG BAOMER

LAG que l’on écrit en hébreu avec un lamed et un guimel signifiant 33 car il s’agit du 33e jour de l’Ômer, est le jour anniversaire de naissance et de décès de Rabbi Shimôn bar Yohay. C’est la date du 18 Iyyar.

Une épidémie ravagea les rangs des élèves de Rabbi Akiva mais, le 33e jour de l’Ômer, la mortalité cessa subitement, ce jour devint un jour d’allégresse. L’interdiction de se marier ou de célébrer des bar mitsvoth  est suspendue et chez les sefaradim, surtout, les cérémonies familiales  avec musique sont à nouveau célébrées.

Dans l’après-midi précédant cette veillée que certains, en Israël,  prolongent jusqu’aux lueurs du petit matin, les jeunes garçons et/ou filles,  rassemblent du bois (palettes et vieux meubles parfois) pour en faire des  feux de joie dans des terrains vagues ou sur le littoral. Les jeunes garçons  ou les jeunes filles ont disposé sous les feux des pommes de terre et de  gros oignons tous enveloppés de papier aluminium et ces légumes rôtis  sous les cendres seront dégustés à la lueur des feux s’éteignant  lentement. Les sons des guitares donnent à ces soirées de « koumzitz »  (les pommes de terre rôties) un goût qui ne s’effacera jamais des  mémoires, les transformant en des souvenirs merveilleux. Plus tard, dans  la nuit, sur les cendres encore chaudes, des marshmallows embrochés  sur des piques de bambou se caraméliseront.

D’autres personnes organisent des soirées festives avec ou sans  collation durant lesquelles sont psalmodiés des chants à la gloire du  célèbre Tana, auteur du Zohar. D’autres personnes achètent de grosses  bougies décorées de fils dorés et d’autres couleurs, et de dentelle de cire  de bougie qui seront allumées lors de la soirée à la mémoire de Rabbi  Shim’ôn. D’autres offrent de l’huile pour allumer des veilleuses.

Certains — selon l’enseignement qu’ils avaient reçu de leurs parents ou de leurs grands-parents — tiennent, le soir de « lag », à faire le tour des synagogues. 

Les personnes présentes apportent à la synagogue des friandises, des  gâteaux au miel, et des bouquets de fleurs composés le plus souvent de  petits œillets embaumant l’air de la synagogue et de fleurs de lin. Les  hommes entonnent des hymnes à la gloire de Bar Yohay et chacun allume  des bougies et prie avec ferveur pour que se réalisent les vœux les plus  pieux s’élevant de chaque cœur.

En Eretz Israël, les fidèles se rendent à Mérone où se trouve le tombeau  de Rabbi Shimône et de manière à trouver une place relativement près de  la « grotte » certains plantent déjà leur tente une semaine ou dix jours  avant la hiloula. Des familles profitent de cette date pour y amener leurs  petits garçons âgés de 3 ans pour le « halaké » ou première coupe de  cheveux et le port du premier talith katane.

C’est encore le prétexte de faire des grillades « âl haesh » et de régaler  les voisins de bonnes brochettes odorantes.

Les horizons changent et les coutumes aussi. BAR YOHAY NIMSHAHTA  ASHREIKHA SHEMEN SASSON MEHAVREKHA …BAR YOHAY SHEMEN  MISH’HAT KODESH NIMESHAHTA MIMIDAT HAKODESH NASSATA  TSITS NEZER HAKODESH HABOUSH AL ROSHEKHA PEEREKHA ….

Le 28 IYAR JOUR DE JERUSALEM 

C’est le 28 Iyar en 1967 que l’armée de Tsahal a libéré l’accès au Kotel et que les soldats ont déblayé tous les immondices déposés là sans aucun  respect pour ce lieu sacré haut lieu sacré du judaïsme. Des pierres  tombales prises au cimetière juif du Mont des Oliviers avaient servi  d’urinoires ou de latrines.

Un article séparé évoquera le Yom HaAtsmaouth.

Caroline Elishéva REBOUH

 

1 – Éclat car après la noirceur des mois d’hiver, les jours commencent à jouir d’une lumière plus intense  en cette période. 

2 – Bourgeon car, si l’amandier commence à fleurir au mois de Shevat, c’est juste avant ou juste après  Pessah que la floraison de tous les arbres arrive à son point culminant. 

3 – Iyar commençant par la lettre alef (consonne) on ne mettra pas d’apostrophe à la lettre d qui précède  le mot Iyar. 

4 – La 4e année du règne de Salomon.

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