Dans le calendrier hébraïque, certains mois sont associés à la joie et aux célébrations, tandis que d’autres portent le poids de la mémoire collective du peuple juif.
Tamouz appartient à cette seconde catégorie. Quatrième mois de l’année en comptant à partir de Nissan, il marque le début d’une période d’introspection qui culminera avec le jeûne du 9 Av. Entre événements historiques, enseignements spirituels et rappels des conséquences de nos choix, Tamouz nous invite à réfléchir aux valeurs qui fondent notre existence individuelle et collective. C’est un mois où le souvenir des épreuves du passé devient une source de réflexion, de responsabilité et d’espérance pour l’avenir.
En considérant Nissan comme le premier mois de l’année, Tamouz en est le quatrième. Nous n’attendons aucune fête pour réjouir nos cœurs et nos êtres, mais, au contraire, nous savons que, dans notre histoire, au cours de Tamouz, ont eu lieu des événements fâcheux qui se sont poursuivis dans le premier tiers du mois suivant.
Dans le Yalkouth Shimoni, nous trouvons un midrash selon lequel, HaShem dans Son projet initial avait fixé des célébrations à chaque mois afin que le peuple ait des fêtes à célébrer à chaque mois, ainsi, le premier mois : Nissan, nous avons Pessah, en Iyar, le deuxième mois Pessah shéni, le troisième mois ou sivan nous avons la fête de shavouoth, et, Rosh hodesh tamouz aurait été Rosh HaShana, en Av c’eut été Yom Kippour, en Eloul, Souccoth et en Tishré Simhat Torah !!!
Seulement voilà …..avec la faute du veau d’or, Israël a « brûlé » ses chances, Israël s’est laissé entraîné dans le fossé de l’ignominie et, ce n’est qu’après la teshouva du peuple qu’HaShem donna au peuple d’Israël ces célébrations regroupées en un seul mois. Cependant, avant que d’évoquer le caractère éprouvant de ce qui eut lieu le 17 de Tamouz, nous évoquerons le fait historique du 3 Tamouz : lorsque les Amoréens attaquèrent les Enfants d’Israël et que Josué, qui était à la tête du peuple d’Israël, vit qu’il manquerait de temps pour les vaincre, il saisit son glaive et le brandit en direction de la lune et du soleil en priant D d’arrêter leur course pour permettre au peuple de vaincre son ennemi et le soleil interrompit sa course !
Le 9 tamouz de l’an -586, les armées de Nabuchodonosor pénétrèrent dans la ville sainte, laissant ainsi présager du désastre qui surviendrait un mois plus tard. En dehors du jeûne de Kippour inscrit dans la Torah, nous jeûnons à 6 autres reprises dans le courant de l’année mais, quatre d’entre eux sont liés entre eux par la douloureuse histoire du Temple. Le 3 tishré pour le Jeûne de Guedaliya gouverneur de Jérusalem assassiné lors de la prise de la ville, le 10 Tevet à l’occasion de la première faille faite dans les murailles de Jérusalem, le 17 Tamouz le siège de Jérusalem et le mur d’enceinte de la ville s’écroula permettant ainsi aux troupes de Titus d’entrer et de fouler au pied les pavés de la capitale après qu’elle eût été prise d’assaut.
La Mishna (Taânit chapitre IV mishna 6) cite cinq autres faits regrettables pour notre peuple qui se sont également déroulés un 17 tamouz : le bris des premières tables de la loi par Moïse, c’est encore à cette date que cessa le korban tamid, la cité fut prise d’assaut à cette date, Apostémus a brûlé un sefer Torah un 17 tamouz et une idole fut introduite au sein du Temple. Dans les communautés ashkenazes, l’on s’abstient de réjouissances et de célébrations familiales dès le 17 tamouz alors que pour les communautés sefarades c’est seulement au mois d’ Av que se comprennent les règles de deuil du Temple.
Caroline Elishéva REBOUH
AshdodCafé
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