Une proposition actuellement à l’étude pourrait modifier en profondeur le système de retraite des salariés israéliens : suspendre jusqu’à l’âge de 40 ans la part des cotisations retraite payée par le salarié, afin d’augmenter son revenu disponible pendant les premières années de sa vie professionnelle.
À l’origine de cette proposition figurent le professeur Avi Simhon, conseiller économique du Premier ministre Benjamin Netanyahu, et Avraham Zupnik.
Environ 500 shekels supplémentaires chaque mois
Aujourd’hui, 18,5 % du salaire assuré sont versés au titre de la retraite :
- 6 % payés par le salarié ;
- 6,5 % par l’employeur ;
- 6 % supplémentaires au titre des indemnités de licenciement (pitsouïm).
Selon la proposition, les cotisations de l’employeur seraient maintenues, mais le salarié ne serait plus obligé de verser ses 6 % avant l’âge de 40 ans. Ceux qui souhaiteraient continuer à cotiser pourraient néanmoins le faire volontairement.
Pour les salariés concernés, cela représenterait en moyenne environ 500 shekels supplémentaires par mois de revenu disponible.
Pourquoi une telle proposition ?
Les auteurs partent du constat que c’est précisément entre 25 et 40 ans que de nombreux Israéliens disposent de revenus encore relativement modestes tout en faisant face à certaines des dépenses les plus importantes de leur vie : achat d’un logement, remboursement d’un crédit immobilier, naissance et éducation des enfants ou encore frais liés à la vie familiale.
L’idée serait donc de laisser davantage d’argent aux jeunes actifs au moment où ils en ont le plus besoin, plutôt que de leur imposer immédiatement le niveau actuel d’épargne pour leur retraite.
Mais la pension future diminuerait
Cette mesure aurait évidemment une contrepartie : cotiser moins pendant les premières années de sa carrière signifie également accumuler moins d’épargne pour sa retraite.
Selon les calculs présentés dans l’étude, la pension mensuelle nette moyenne pourrait passer d’environ 16 600 ₪ à 14 800 ₪.
Le « taux de remplacement », qui compare les revenus perçus à la retraite au salaire précédant le départ en retraite, passerait en moyenne de 1,09 à 0,97.
Les auteurs soulignent toutefois que, pour les trois quintiles de revenus les plus faibles, ce ratio resterait supérieur à 1 : selon leurs projections, leurs revenus à la retraite resteraient donc comparables, voire supérieurs, à leur salaire net avant la retraite.
Une proposition qui devrait faire débat
Sur le papier, l’idée peut paraître séduisante : davantage de pouvoir d’achat lorsque les familles en ont besoin, en échange d’une pension moins importante plusieurs décennies plus tard.
Mais la question est loin d’être anodine. Les premières années d’épargne sont également celles pendant lesquelles les sommes investies peuvent bénéficier le plus longtemps des intérêts composés et des rendements financiers. Renoncer à quinze ou vingt années de cotisations personnelles peut donc avoir des conséquences importantes sur le capital accumulé à long terme.
Les auteurs reconnaissent d’ailleurs que leurs projections reposent sur plusieurs hypothèses concernant l’évolution des salaires, les rendements des fonds de pension et l’âge futur de départ à la retraite. Les résultats réels pourraient donc être différents.
Il faut enfin souligner qu’à ce stade, il s’agit d’une proposition et non d’une réforme entrée en vigueur. Les salariés israéliens continuent donc de cotiser selon les règles actuelles.
Une idée qui devrait en tout cas susciter de nombreuses discussions en Israël : préférez-vous disposer d’environ 500 ₪ supplémentaires chaque mois lorsque vous êtes jeune, ou préserver au maximum votre pension pour la retraite ?
AshdodCafé
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