La paracha Michpatim est la paracha de la Torah qui expose le plus grand nombre de mitsvot pour ce qui est des lois civiles.

L’une de ces mitsvot (commandements) est exposee ainsi :
« Ki tireh ‘hamor sonee’ha rivets ta’hat massao, ve’hadalta meazov lo ? azov taazov imo »
Ceci signifie : « Lorsque tu verras l’ane de celui qui te hait plier sous sa charge, t’abstiendrais-tu de l’aider ? Tu lui viendras en aide ».

Si nous voyons l’ane d’un homme plier sous sa charge, et meme si cet homme nous hait, la Torah nous interdit de passer notre chemin.
Elle nous ordonne au contraire de nous arreter, et de l’aider a decharger et recharger son ane.

Les mitsvot ont une dimension materielle, mais egalement une dimension spirituelle. Le Baal Chem Tov devoila quelle est la dimension spirituelle de ce commandement: L’ane (‘Hamor) se rapporte a la matiere(‘Homer), c’est a dire qu’il represente le corps.
« Lorsque tu verras l’ane », c’est a dire lorsque tu reflechiras profondement a ta materialite, a ton corps materiel, et que tu le considereras alors comme « celui qui te hais », du fait qu’il s’oppose au devoilement de l’ame divine qui est en toi, a ton aspect spirituel; lorsque tu te rendras compte que tu « plies sous la charge », que la materialite du corps te fait ressentir les mitsvot comme lourdes, difficiles a supporter, tu pourrais etre tente de te dire qu’il ne faut plus aider ce corps, desirer le briser par des jeunes et des mortifications.
C’est pourquoi la Torah vient nous enseigner : « Tu lui viendras en aide ». Il faut aider le corps et non le briser.

La voie du service de D-ieu, telle que l’enseigne le Baal Chem Tov, est que ce ne sont pas les jeunes ou les mortifications qui permettent de faire resider la lumiere divine.
Au contraire, il faut s’efforcer d’avoir un corps en bonne sante, et servir D-ieu avec l’aide du corps et non en le brisant.

Nous trouvons egalement cet enseignement chez son eleve, le maguid de Mezeritch, qui avait enseigne a son fils a prendre bien soin de sa sante, en lui expliquant « qu’un petit trou dans le corps provoque un grand trou dans l’ame ».

A priori, cet enseignement ne date pas de l’epoque du Baal Chem Tov. L’obligation de prendre soin de son corps est indique dans tous les codes de loi juive, et meme dans la Torah ecrite.
Par contre, le Choul’han Arou’h precise que dans le cadre de la techouva, du retour vers D-ieu, il est alors permis de s’imposer des souffrances et des jeunes afin d’effacer ses fautes, puisque cela meme est en realite pour le bien du corps.

C’est sur ce point particulier que le Baal Chem Tov a devoile un element nouveau, a savoir que meme la techouva et le « blanchissement » de l’ame peuvent et doivent etre realises dans le respect du corps. Il s’agit d’un enseignement nouveau dans le processus de techouva, a savoir que la techouva doit se faire avec la participation du corps, et non contre lui, dans la joie commune du corps et de l’ame.

Ce devoilement s’inscrit dans la preparation a l’ere messianique, ere a laquelle le monde materiel atteindra sa perfection. C’est alors que pourra se devoiler l’aspect superieur qui habille la matiere. C’est alors egalement que le devoilement des aspects caches de la Torah nous donnera les moyens de saisir l’aspect superieur de notre corps materiel.
L’occupation du monde sera alors le service de D-ieu, y compris donc celui de la techouva, entierement dans la joie, conformement a ce qui est ecrit dans les tehilim:
« Servez D-ieu dans la joie ».

 

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