Il y en a qui écrivent parce qu’il faut informer, annoncer, diffuser. Les journaux du monde font souvent du bien parce qu’ils nourrissent la culture et du mal parce qu’ils (ou lorsqu’ils) trompent, usurpent, inventent. De nombreuses célébrités du monde H’ol sont souvent « tombés » par la faute de médias en mal de « scoop ». De nombreuses vies ont ainsi été salies, traquées, surexposées, trahies… La presse qui d’un point de vue Géo-politique tourne depuis des années déjà ses yeux vers le Moyen-Orient comme quartier général de la désinformation, est devenu le pole stratégique, parfait, de nombreux accusateurs d’Israël et de sa politique Isola- »sioniste ». Ainsi, il y en a qui écrivent. Mais nous, rédacteurs du Monde Juif (du grand journaliste reconnu au bloggeur passionné), nous savons écrire pour parler du Juif d’une manière beaucoup plus réaliste, que ne le ferait n’importe quel autre informateur. L’univers de la femme Juive, est celui de Tsniout Mag’Il parle Judaïsme, il parle au féminin, il parle et conjugue pour tous les horizons Juifs pratiquants, religieux, ou en voie de Teshouva. S’il y en a qui écrivent, nous écriront aussi. Mais notre plume Juive est là pour soutenir des femmes dans la douleur, que l’actualité surexpose (malgré elles). La tragédie . Et la force dans le tourment. Une Ode au combat de plusieurs mères : celle de l’attentat d’Ozar Hatorah Toulouse. Et toutes celles qui souffrent et ont souffert…

Bikur et bikur Holim : un premier pas

L’impact d’une telle nouvelle est toujours sans précédents pour les proches. Des mots ? Il sont triés sur le volet, car le départ d’un être cher pour le Olam Aba est une notion qui nous dépasse. Nos vies pleines de sens et de couleurs, d’odeurs et de lumières, de chaleur et de musique tombe soudain dans un néant sans fin. Le premier pas c’est l’entraide, l’obstacle à franchir est le silence. Le soutien qu’une femme Juive, peut apporter à une autre dans la détresse : c’est la présence. Etre là chacun à sa façon. Pour les plus intimes d’une tragédie : être présent par le Bikur Holim (rendre visite aux malades et blessés dans les hôpitaux) il s’agit ici d’une très grande mitsva, on visite le malade, on prie pour sa guérison, on l’assiste et on le soutien et surtout on continu d’y croire. Même dans les colères les plus passionnées,on ne manifeste pas toujours son soutien aux familles en faisant du tapage médiatique ou social. On peut etre présent par sa discrétion et l’autre qui dans ces moments de détresse recherche au fond de lui un peu de paix, nous en sera reconnaissant.

La Guemara Sota (14.a) nous rapporte que lorsque l’on visite un malade, (voire un endeuillé), il convient de prier pour lui (sans quoi l’on n’est pas quitte de la Mitsva). La tache n’étant pas aisée on ira au plus proche des attentes de l’autre en se demandant quel bouleversement serait-ce pour nous (D. protège) de perdre son enfant, ou de le voir lutter pour survivre, l’intensité de nos prières de femmes n’en sera que plus forte. Lo alénou, cela parait révoltant (beaucoup diront : « mais voyons c’est impossible de se mettre à la place d’une mère qui perd son enfant ou son époux ») mais c’est pourtant une règle halah’ique qui aide ! Etre fort pour l’autre qui faiblit. Et prier.

Donner la Tsédaka

Que votre soutien soit minime ou conséquent, la Mitsva de la Tsédaka est importante pour soutenir le départ d’un être cher. Aussi, il arrive dans certaines tragédies que la famille ne puisse répondre financièrement aux frais de ‘Hevra Kadisha (pour un mort), ou à certains frais hospitaliers (pour un blessé grave). Dans ce cas là, notre présence par la Tsédaka est un soutien (qui n’est pas seulement matériel). Chacune donne. Mais en donnant on essaye à sa manière, d’adoucir la peine. Veillez à pousser vos maris à faire des dons pour des instituts de Torah (Yeshivotes) et malgré la force de vos téfilotes, faites aussi appel aux prières des Tsadikims qui apportent lumière et courage par leur mérite. N’hésitez pas non plus à vous joindre à la lecture de la Parasha du Samedi matin, car il est de tradition de prier pour la réfoua chéléma (guérison) d’un malade lors de l’ouverture du Heh’al (Armoire qui contient les Sifré Torah).

Consoler les endeuillés : comment s’y prendre ?

Sachez qu’au même titre que la Tsédaka, témoigner de sa présence pour une de nos soeurs endeuillée est une grande mitsva ! Oui en effet, c’est difficile, on ne sait quoi dire, on ne sait quoi faire. On craint de déborder, de pleurer, on est terrifiées par l’idée de « faire une gaffe » sans le vouloir…Pourtant rendre visite à notre amie, notre soeur, cette mère ou cette épouse que nous sommes nous aussi chaque jour dans notre quotidien est important. Les femmes n’étant pas accoutumées (cela fera l’objet d’un futur article) d’assister aux enterrements (Levaya) au cimetière. Il conviendra de rendre visite à la personne en deuil durant la semaine des Shiva (les septs jours). Lors des shiva, votre présence sera aussi importante puisque le Kaddish (Prière pour les Morts) sera prononcé lors des trois offices journaliers (Chahrite,Minha et Arvite) vous prierez ainsi pour l’élévation de l’âme des défunts. Apprenez à vous tenir non loin de la personne en deuil. Choisir le silence pour laisser l’autre s’exprimer c’est important. Si le désir éprouvé par la personne est les larmes : laissez les couler, pour elle c’est un moyen d’évacuer…un peu. Etre à l’écoute, et choisir ses mots ou préférer se taire. Mais être là pour l’autre.

Réseaux sociaux : une présence discrète mais efficace

Vous etes présents sur Facebook ? Très bien. Mais conservez en toutes circonstances votre Tsniout dans l’acte. On ne publie pas des photos sans un accord au préalable des proches. On n’utilise pas le dictionnaire des vulgarités meme pour punir l’insolence et la cruauté d’un assassin. On choisira des mots discrets et détournés en priant Hashem que justice soit faite pour ce criminel. On réfléchit à des chaines de téhilims discrètes pour soutenir. On évite de diffuser en masse les vidéos qui ressassent et des actualités qui font mal. Je le dit toujours une femme Juive agira avec son coeur et son ame. On ne se laisse pas aller à des débordements, meme si la révolte dans nos coeurs est forte. Utilisez : le jeune, le jeune de la parole, le choix de vous couvrir la tete (progressivement), l’envie d’avancer dans la religion, l’étude d’une halaha quotidienne…Vous l’aurez compris la liste est longue !

Cet article est dédié à la maman de la petite Myriam Monsonego (Zal), à Eva Sandler mère (Gabriel et Arieh) et épouse meurtrie (Yonatan) ainsi qu’à Myriam Sandler (mère de Yonatan). Nous espérons que le choix modeste de nos paroles apportera un peu de réconfort dans cet abîme sans issu. Puisse Hashem écrire le nom de vos défunts aux cotés des noms de Tsadikims…

Source Tsniout’Mag  AUDELIA B. du 22 MAR, 2012

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