Indignations

mardi 12 juin 2012, par Benillouche

La situation sociale en Israël est très sensible, l’été approche et avec lui le spectre des manifestations massives pour plus de justice sociale.

Dans le même temps, le ministre des affaires étrangères, apparemment très informé de la situation des catégories les plus fragiles de la population israélienne, propose une réduction importante des allocations familiales.

Notons qu’elles s’élèvent à la somme colossale de 30 euros par enfant.

Par comparaison, les allocations familiales en France sont cinq fois plus élevées en moyenne.

Youval Steinitz

Fort d’une majorité pléthorique à la Knesset, Benjamin Netanyahou a pris, suivant le conseil de Youval Stenitz son ministre du budget, les arbitrages très courageux d’augmenter la Tva, d’étendre son assujettissement aux produits de première nécessité (fruits et légumes), et d’augmenter l’impôt sur le revenu des classes moyennes, frappant de front les familles les plus modestes

Cette annonce a provoqué l’ire du fraichement nommé vice premier ministre Shaoul Mofaz qui s’oppose énergiquement à ces hausses.

Certes, il serait irresponsable de creuser le déficit budgétaire, surtout dans une période d’incertitude sécuritaire.

Mais d’autres pistes sont envisageables ménageant l’équilibre budgétaire et la nécessité de plus de justice sociale.

Perspectives ?

 

Angel Gurria, secrétaire général OCDE

Lors d’un point de presse, le 5 juin dernier, avec le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, face à l’ardeur du chef de gouvernement à jeter des fleurs sur sa propre politique économique, le fonctionnaire international a quelque peu tempéré les propos du premier ministre en soulignant qu’Israël pouvait « obtenir des résultats par des réformes structurelles telles que la rationalisation de la fonction publique, une amélioration de l’efficacité du marché du travail, une répartition équilibrée de la charge fiscale, le perfectionnement du système éducatif et le traitement de la concentration de l’économie. »

En langage diplomatique, Angel Gurria a souligné que le gouvernement devait s’attaquer à l’archaïsme de notre système public dans son ensemble et à l’éclatement effectif des cartels qui sclérosent l’économie.

Toutefois, ces réorientations auront peu de chance de voir le jour cette année. En effet, leur promoteur devrait être doté d’une perspective à long terme. Ce qui fait défaut à l’actuel premier ministre et son équipe gouvernementale.

Contrastes

À mille lieues de ces considérations essentielles et de ce débat primordial pour l’avenir du pays, une micro campagne électorale a agité quelques centaines de nos compatriotes dotés de la double nationalité française et israélienne.

Cette campagne, dont à juste titre le propriétaire de ce blog s’est éloigné, s’est illustrée par sa richesse en invectives et sa pauvreté (à quelques nuances près) en propositions sur les préoccupations quotidiennes des électeurs.

L’abstention massive a sanctionné ce manque de professionnalisme.

Ce n’est pas le premier rendez-vous manqué de ce trio porteur de valeurs universels : La France, Israël et le judaïsme.

Tel-Aviv, manifestations anti sans-papiers

Le gouvernement israélien va devoir rapidement prendre en considération la fragilisation des classes moyennes. Un des symptômes récents est la multiplication de la violence en général et de l’augmentation de la tension entre israéliens et immigrés soudanais.

Le nombre de sans-papiers et la délinquance croissante, dont ils sont à l’origine, accentuent le sentiment de délaissement par l’Etat de certains quartiers.

C’est toute une vision de la société qui est à repenser.

On peut avoir confiance en la population israélienne pour trouver des solutions innovantes propres à régénérer son modèle social.

Me Johann Habib / Benillouche Blog

 

 

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