par Sara Chana Radcliffe

Tout le monde connaît ces journées où l’on voudrait pouvoir tout reprendre à zéro. Cela commence parfois dès le matin. Vous vous levez du pied gauche (vous êtes épuisée parce que votre sommeil a été maintes fois interrompu par les petits). Malgré tout, que vous en ayez la force ou non, the show must go on, il faut y aller. Les enfants doivent être prêts à sortir à l’heure, lavés, habillés, nourris, etc. Évidemment, ils se chamaillent, ils boudent et ils traînassent  Non seulement ne vous aident-ils pas, mais ils vous compliquent même la tâche. Est-il, dès lors, si surprenant que vous vous mettiez à crier ? Vous êtes à bout de nerfs, et il n’est même pas encore 8h30.

 

Culpabilité

Vous les avez enfin mis dehors, mais c’est là que le mal-être surgit. « Quel sorte de parent suis-je ? Qu’est-ce qui m’arrive ? Ce ne sont après tout que des enfants. Je sais que je les détruis avec ma colère. Ok, c’est de leur faute s’ils n’écoutent pas, mais tout de même, ce que je fais n’est pas bien. Je n’ai jamais voulu hurler comme le faisaient mes parents, et voilà où j’en suis aujourd’hui ! »

Vous culpabilisez à mort, persuadée que vous êtes une mère ratée. Et au milieu de cette cuisante autocritique, votre mari vous téléphone pour vous demander gentiment comme les choses se passent. Vous lui répondez agressivement. Votre humeur est exécrable. Et elle se déverse dans votre couple. Après tout, s’il aidait un peu plus le matin, vous ne seriez pas aussi crevée, n’est-ce pas ? Vous voyez ? Ce n’est pas de votre faute, après tout. C’est de la faute de votre mari, car il vous abandonne et ne vous épaule pas comme il le devrait.

Le transfert de responsabilité vous soulage quelques minutes, mais la culpabilité ne tarde pas à revenir. Vous vous dites à présent que vous êtes une mauvaise mère doublée d’une mauvaise épouse. Vous commencez à vous sentir déprimée et fatiguée, et désespérée. Votre « régime » sans cris n’a pas été plus efficace que tous les autres régimes que vous avez essayés. Ça marche quelques jours, et puis vous craquez. C’est vraiment trop dur.

Bienvenue dans l’éducation

Vous n’êtes pas seule. La tâche d’éduquer nos enfants révèle le meilleur – et le pire – en chacun d’entre nous. Peu importe combien nous aimons nos enfants, nous nous retrouvons à dire ou à faire des choses que nous regrettons ensuite. Nous ne sommes après tout que des êtres humains. Nous sommes parfois fatiguées au point de ne plus avoir la tête claire, alors résoudre des situations éducatives compliquées… Parfois, c’est notre état de santé qui altère notre discernement. D’autres fois, cela peut être notre situation financière ou celle de notre couple. En d’autres termes, le stress, indépendamment de toute question éducative, nous épuise, ce qui rejaillit ensuite sur notre comportement avec nos enfants. Rien ne peut excuser un mauvais comportement. Rien ne peut justifier de maltraiter nos enfants. Mais il y a des facteurs qui amènent à une telle situation. Les connaître nous permet de comprendre pourquoi nous succombons à notre « yetser hara », notre mauvais penchant. Le stress nous affaiblit, ce qui rend plus difficile de résister aux forces obscures en nous.

De fait, l’une des plus grandes difficultés dans notre rôle parental est de prendre le dessus. Nous devons apprendre à ne pas élever la voix et même à fermer notre bouche dans des moments d’intense pression. Quand nous courons contre-la-montre, lorsque trop d’enfants nous demandent trop de choses en même temps, quand tout semble mal tourner, nous devons apprendre à conserver notre calme et à garder le contrôle de la situation. Nous devons acquérir la maîtrise de notre tempérament avant d’espérer maîtriser ce qui se passe à la maison. Mais il s’agit d’un apprentissage. Cela prend du temps. D.ieu sait à quel point cela est difficile et Il est à nos côtés pour nous aider. Lorsque nous aurons surmonté les épreuves liées à notre mission parentale, d’autres épreuves se dresseront devant nous. Mais nous pouvons espérer que, quand viendra ce jour, nous aurons appris à connaître notre mauvais penchant et, avec l’aide de D.ieu, à le circonvenir en de nombreuses occasions.

Être parent est une autoroute vers le progrès spirituel, nous donnant si souvent la possibilité de livrer bataille à nos tendances négatives. Les jours où nous échouons à être de bons parents font partie intégrante de ce processus. Ce sont ces jours qui peuvent nous amener à combattre nos démons intérieurs, à les éradiquer et à les élever spirituellement. C’est vrai, nous regrettons nos mauvais jours, mais nous pouvons aussi reconnaitre combien ils sont formateurs. Ils nous indiquent où se trouvent encore nos faiblesses. Ils nous donnent l’occasion de corriger nos défauts et de progresser. Mis correctement à profit (dans le cadre d’un processus d’introspection, de prière et d’amélioration), ils peuvent nous aider à devenir de meilleurs parents, et aussi de meilleures personnes.

Alors, merci pour les dures journées.

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