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De Paris à Tsahal : Bilan d’un service parmi tant d’autres

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De Paris à Tsahal : Bilan d’un service parmi tant d’autres

798 jours de service et un nombre incalculable de nuits blanches – 2715 tweets – presque autant d’articles, d’enquêtes, de portraits de soldats, de voyages aux quatre coins du pays et de rencontres – 3 uniformes – 4 voyages en France pour retrouver les miens – 1 guerre et 1 nouvelle famille : voici la liste de ce que je n’aurais jamais fait si je n’avais pas servi dans Tsahal. 

Je n’aurais jamais porté 798 fois la même tenue.

Je n’aurais jamais fait la vaisselle pour 1200 personnes.

Je n’aurais jamais autant apprécié les vêtements que je choisis moi-même, deux jours par semaine seulement.

Je n’aurais jamais dormi avec une arme sous mon oreiller.

Je n’aurais pas connu l’épuisement du jeudi soir, à la veille du week-end tant attendu

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Je n’aurais pas fait mes classes, un mois sous une tente en plein hiver, passage obligé et mémorable dans la vie de tout Israélien.

Je n’aurais jamais cru obtenir gain de cause au sein de l’armée israélienne, même de la part de hauts gradés, avec un sourire et un accent français très prononcé.

Je n’aurais pas compris le vrai hébreu, la langue de la rue, celle des gens. Celui de la guerre, en fait, dont on a malheureusement besoin trop souvent.

Je n’aurais pas assisté avec une émotion pareille au retour de Gilad Shalit en Israël, parce qu’il est franco-israélien et soldat dans Tsahal, comme moi.

Je n’aurais pas compris le sens du mot “melting-pot” : un Bédouin à la frontière égyptienne, un père de famille argentin de 32 ans combattant et urgentiste, un Israélien qui n’a jamais quitté Israël mais qui compte bien le faire après avoir quitté l’armée et un soldat orthodoxe qui ne comprend pas pourquoi certains refusent de s’engager.

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Je n’aurais pas rencontré une deuxième famille – une poignée de jeunes passionnés venus de l’étranger pour servir dans Tsahal sans parents et sans rémunération, mais plus motivés que pour n’importe quel autre job.

Je n’aurais jamais eu envie de découvrir le monde et ce qui se passe au-delà de nos frontières parfois étouffantes. Pour mieux revenir à la maison.

Je n’aurais jamais annoncé le début d’une guerre ou un accord de cessez-le feu sur Twitter, en direct, au nom d’une armée.

Je n’aurais jamais eu la chance de pouvoir expliquer à un journaliste du Figaro ou de France 2 Tsahal comme je le vois et le vis de l’intérieur

Je n’aurais jamais compris ce que signifient réellement les dépêches du matin titrant “une arrestation de Tsahal dans les territoires”. Je connais désormais la préparation, la peur, et les soldats qu’une telle opération engage.

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Je n’aurais pas vécu au rythme des roquettes de Gaza, obligée de publier l’information le jour, la nuit ou le soir de mes 20 ans, parce que les terroristes de Gaza ont décidé que c’était le bon moment pour frapper.

Je ne me serais jamais demandé ce qu’il faut faire en premier lorsque l’alerte à la roquette retentit à Tel Aviv : l’annoncer sur Twitter aux followers de Tsahal, rassurer mes parents, ou m’assurer que mes amis vont bien.

Je n’aurais pas connu d’Israéliens. J’en aurais croisés seulement, sans pouvoir comprendre quel trésor ils cachent sous leur écorce.

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Je n’aurais pas su de quoi ils sont capables. Quitter leurs familles pour revêtir l’uniforme sans savoir quand ils reviendront. Attendre des heures, près d’une batterie du Dôme de fer, pour apporter cadeaux et plats chauds aux soldats qui interceptent les roquettes au-dessus de leurs têtes. Ou simplement reprendre le cours de leurs vies, comme si de rien n’était, après une semaine de guerre.

Et je n’aurais probablement jamais su d’où provient la force des habitants de ce pays. Quand à 20 ans, vous avez la responsabilité de la vie de civils et de soldats, qu’est-ce qui peut encore vous abattre ?

Je n’aurais pas su ce que signifie le mot terreur : l’attentat qui a lieu dans un bus en bas de ma base, les sirènes avant une roquette et les arrestations de terroristes.

Je n’aurais jamais ressenti la peur avant une opération. Quand la maison du terroriste s’éveille, que les lumières s’allument une à une, alors que la mission devait démarrer dans la plus grande discrétion. Et je n’aurais pas pu admirer le calme des combattants qui mènent cette opération.

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Je n’aurais probablement jamais engagé une conversation avec un Palestinien, ni ressenti d’empathie pour mes voisins Arabes, ceux qui n’ont pas choisi cette terreur, mais qui comme nous la subissent.  Pire, j’aurais eu peur d’eux.

Je n’aurais pas estimé le sacrifice des soldats israéliens à sa juste valeur. “Tu viens de l’étranger ? Mais pourquoi tu es là? Profite, à notre âge dans le monde entier, on sort, on s’amuse, on étudie…”. Pourquoi avais-je le choix, et pas eux ?

Je n’aurais pas discuté avec des soldats aux accents venus d’ailleurs, qui expliquent dans un hébreu encore hésitant pourquoi ils se sont portés volontaires pour servir dans Tsahal.

Je n’aurais pas croisé les combattants exilés en pleine jeunesse pour trois ans aux endroits les plus reculés du pays : dunes de la frontière égyptienne, désert du Negev, collines du Plateau du Golan – mais qui parviennent à faire de ces lieux leurs maisons.

Je n’aurais pas rencontré les pilotes de Tsahal, ceux de Pilier de Défense et ceux de demain, et observé leur humilité alors qu’ils sont le fer de lance de la sécurité de tout un peuple.

Je n’aurais jamais suivi les combattants qui arrêtent les terroristes de Naplouse et de Jenine en pleine nuit. Des soldats de 18 ans, qui s’enfoncent en plein cœur du territoire ennemi plusieurs fois par semaine, avant de retourner à la base, de reprendre les plaisanteries et tout ce qui fait d’eux des jeunes comme les autres.

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Je n’aurais jamais compris la reconnaissance des habitants de Judée-Samarie, de Sderot ou d’Ashkelon envers ces soldats qui les protègent.

Je n’aurais pas su que les combattants craignent plus de voir tomber un camarade que pour leur propre vie.

Je n’aurais pas cru qu’en Israël les guetteuses, les forces anti-terroristes, les urgentistes, les combattants du Dôme de fer et les reporters de guerre n’ont pas plus de 21 ans.

Qui peut croire en ces jeunes que l’on croise le week-end à la plage ou dans un bar, sans les avoir vus à l’œuvre de ses propres yeux ?

Si je n’avais pas fait l’armee je n’aurais tout simplement pas été de ceux qui ont la chance de réaliser leur rêve … A vingt ans.

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