attali-sitruk-0001Nous sommes à Paris en 1990, Pascal A., fonctionnaire à un haut poste au ministère de la défense, est dans son bureau, comme tous les jours depuis maintenant plusieurs années.

 Soudain, la DGSE (Direction Gouvernementale  de la Sécurité Extérieure) fait irruption dans son office, deux agents l’empoignent brutalement, lui passent les menottes, et l’embarquent sans ménagement dans une voiture banalisée.

 Il est jeté dans un cachot secret, isolé de tout et de tous, sans avoir la moindre idée de la raison pour laquelle il est enfermé.

 Pascal, totalement désemparé, est à l’affut du moindre bruit, du moindre pas, il guette, attend que la porte de la cellule s’ouvre, qu’on lui annonce qu’il s’agit d’une méprise en lui présentant des excuses… mais voilà, un jour s’écoule, puis deux, et rien ne se passe, aucun signe de vie…

 Que lui reproche-t-on ?  Où est-il enfermé ? Pourquoi ne lui dit-on rien ?

 Toutes ces questions inquiètent également ses proches qui, toujours sans nouvelles se battent, se démènent, font « des pieds et des mains » pour obtenir des informations, et libérer Pascal.

 Sa famille appelle de hautes personnalités, fait intervenir des amis influents, on est en France, pays démocratique, défenseur des droits de l’homme, il y a des lois, on ne fait pas ce qu’on veut impunément…

 Et pourtant, rien n’y fait… malgré toutes leurs relations, ils se heurtent au mur de la confidentialité.

On ne leur dit rien, partout c’est la même rengaine: « secret-défense ».

 C’est comme si Pascal avait  subitement disparu… été mis aux oubliettes  … n’existait plus!

 Toutes ces valeurs républicaines auxquelles Pascal a voué sa vie, s’effondrent brutalement, les trahissent, et laissent place à une panique teintée de découragement au sein des proches. « Que nous arrive-t-il ? » se disent-ils. « Qui pourra nous aider dorénavant ? ». « Vers qui se tourner ? ».

 C’est au bout d’une semaine de « silence-radio », dans le désarroi le plus total, que la DGSE daigne les informer.

Et là, sans prévenir, la nouvelle tombe, grave, troublante, perturbante, brutale : Pascal est soupçonné de trafic d’uranium au profit de puissances étrangères, et est à ce titre, accusé de haute trahison, le crime le plus grave au regard de la république.

 La situation de Pascal se détériore, on lui fait subir des interrogatoires intensifs, on le prive de sommeil,  tous les moyens sont bons pour lui soutirer des informations, on cherche à le casser moralement et physiquement dans le but d’obtenir des aveux, mais bien sûr, Pascal nie farouchement tout lien avec quelque puissance étrangère.

 Dans ses moments de répit, lorsqu’il réintègre sa geôle, il est assailli par toutes sortes d’interrogations, plus déroutantes les unes que les autres : « Pourquoi » ? « Qu’a-t-il fait » ? « Lui, dévoué corps et âme à son pays, comment peut-on penser un seul instant qu’il puisse être un traître à sa patrie » ?

 C’est sur ces idées et sentiments troublants, que Pascal s’assoupit tous les soirs tant bien que mal.

Ce calvaire dure trente jours, des journées longues et interminables pour Pascal, qui n’est pas habitué à ce type de traitement.

 Au bout d’un mois, un rabbin vient lui rendre visite, et lui explique que le lendemain est jour de grand pardon, c’est Yom Kippour et, comme à l’accoutumée, il rend visite aux prisonniers à la veille de ce jour si important.

 Pascal le remercie sans trop y prêter attention, la religion ne l’a jamais enjôlé, mais un peu de compagnie n’est pas de refus.

 Le rabbin lui prodigue des encouragements : « …Après l’obscurité vient la lumière », « ne vous découragez surtout pas, vous n’êtes pas seul », « la Providence est avec vous, il serait dommage de tomber dans le désespoir », « tenez bon », … des propos qui réchauffent le cœur de notre ami.

 Après quelques minutes,  le rabbin lui propose de mettre les Téphilines(Philactères), et Pascal, qui n’est pas pratiquant du tout, mais n’a pas de raison particulière de refuser, accepte.

 Le rabbin se retire sur des paroles réconfortantes, et Pascal constate qu’il se sent bien, différent, que cette entrevue l’a apaisé.

 Alors, à nouveau, un flot de questions l’assaillent, mais cette fois-ci d’un tout autre ordre, il se surprend à penser : « Peut-être que ce qui m’arrive n’est pas le fruit du hasard ? ». « Peut-être ai-je mal agi quelque part ? ». « Mais alors, où ? Quand ? Comment ? ».

 Soudain, un flash lui traverse l’esprit, cela lui revient, il se souvient…

 Le matin de son arrestation, après qu’il eut quitté son appartement, il croisa un rabbin qui lui proposa de mettre les Téphilines, étant très pressé et ayant l’esprit totalement ailleurs, il rabroua sévèrement le rabbin en l’admonestant, et conclut qu’il n’avait pas que cela à faire.

 Il se lève brusquement, tape contre la porte de sa cellule avec violence, et demande à ce que l’on fasse revenir le rabbin de toute urgence.

 Le rabbin, partagé entre l’étonnement et l’appréhension, se tient debout face à Pascal.

 Ce dernier lui attrape la main, et la secoue vigoureusement en le remerciant avec chaleur, et lui dit : « Monsieur le rabbin, j’ai une requête… Je souhaiterai que vous demandiez à ma femme d’appeler mon fils en Israël, et de lui commander une paire de Téphilines, les plus belles, dorénavant, je veux les mettre tous les jours… ».

 Le rabbin, très ému, propose de lui prêter momentanément sa propre paire de Téphilines, le temps pour Pascal de recevoir les siennes.

 Le lendemain, jour de Kippour, Pascal prie seul, sans rabbin, sans Minyane(10 hommes minimum, nombre de personnes nécessaires pour la prière rituelle), sans Séfer Tora (rouleaux de la Tora), mais passe malgré tout le plus beau Kippour de sa vie.

 Du fond de sa geôle, il casse la carapace qui était la sienne, cet écran qui le séparait de D., et prie en français, dans ses mots, avec une intensité qu’il ne se connaissait pas : il se sent si proche de son Créateur…

 A ce moment, les murs de la prison n’existent plus, il ne les voit plus, il est ailleurs, il est connecté à quelque chose de plus grand…

 Le lendemain de Kippour, la porte de sa cellule s’ouvre sur deux hommes, qui entrent, lui présentent des excuses officielles pour cette regrettable bavure, et lui proposent de le  raccompagner chez lui.

 En chemin, il sourit et remercie Hachem.

 Arrivé chez lui, il s’immobilise devant la Mézouza (Rouleau de parchemin, contenant des textes saints, apposé sur le linteau de la porte) qu’il embrasse longuement, Mézouza qui a toujours été là, sans qu’il n’y ait jamais vraiment prêté attention.

 Après d’émouvantes retrouvailles, il s’adresse à sa femme en larmes, lui raconte les supplices qu’il a endurés, et lui fait part de sa volonté de tout quitter et s’installer en Israël, projet que sa femme embrasse sans hésiter un seul instant.

 Ils savent désormais vers Qui ils doivent se tourner, mais ils savent surtout qu’ils pourront toujours compter sur Lui.

 En effet, D. ne laisse tomber aucun de ses enfants, même le plus éloigné, ou le plus égaré…

 Pascal A. et sa femme vivent aujourd’hui encore en Israël, avec leurs deux enfants.

 Le secrétariat de Rav ATTALI

Pour ceux qui viennent en Israël, venez nous rendre visite à Jérusalem. Le rav Attali vous accueillera avec joie. Si vous avez des questions à poser……Son téléphone: 054.555.93.60

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