A notre ami David Malka dit RINGO 1947-2013

Ringo Malka1Chaque communauté possède son Arik Einstein, son Freddy Mercury local, son Daniel Balavoine et chaque village panse douloureusement ses blessures quand disparaît tragiquement l’un d’entre eux.

Nous, nous avions Ringo, un surnom que lui avaient donné ses copains quand le jeune David Malka, batteur de son état, se produisait sur toutes les scènes du pays. Oui, Ringo comme le batteur des Beatles. Quel hommage déjà alors que bien plus tard nous l’avons connu plutôt chanteur et roi de l’harmonica. David avait tourné avec les plus grands musiciens, joué avec les meilleurs chanteurs israéliens et puis sur le tard il avait repris son métier de menuisier.

J’avais rencontré Ringo, devinez où ? Dans un studio d’enregistrement ou je tordais quelques accords et quelques rimes. Il est venu s’installer a coté de moi, a pris son harmonica et a brossé un blues profond, le premier de mille blues que nous avons improvisé comme ça, avec Gilbert et les autres « pour le plaisir » comme aurait dit Herbert Leonard.

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Le swing de Ringo c’était quelque chose et son harmonica languissant jouant Sweet Home Alabama nous transportait et ce n’est pas une image sur les berges du Mississippi ou dans les champs de coton de Louisiane. Nous nous trouvions un jour dans un cabaret des Kchatote a Ashdod et Ringo m’a demandé malicieusement ce que j’avais envie de chanter car il savait que je rêvais de chanter sur scène Twist and Shout des Beatles. Ringo avait emmené sans me le dire le play back musical de ce morceau de rock et ce soir-là grâce à lui j’ai perdu ma virginité musicale et appris enfin ce qu’était une mesure. Ringo était un artiste mais aussi un homme et les seules fois ou je l’entendu élever le ton c’était celle de la sono.

Ringo, qui fut acteur notamment dans Tipat mazal, avait la grâce des gentils, la pudeur des vrais musiciens. Il y a des gens qui tiennent un rôle dans le théâtre de votre vie et Ringo était comme un ange gardien, et comme le chantait Maxime le Forestier, le grand frère que je n’ai jamais eu.

Andre Darmon

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