Les opinions exprimées et retranscrites dans cette revue n’engagent que leurs auteurs
Semaine du 3 au 7 février 2014
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PROCESSUS DE PAIX : L’ADMINISTRATION AMERICAINE MULTIPLIE LES PRESSIONS.

L’accord-cadre américain devrait en principe être présenté aux équipes de négociations d’ici
quelques semaines et, en attendant, les Américains multiplient leurs pressions.

Lors de la 50ème Conférence sur la sécurité de Munich, le secrétaire d’Etat américain John Kerry
a mis en garde Israël contre l’échec du processus de négociations en cours. Selon lui, « l’échec
des pourparlers risque d’entraîner une sévère réaction internationale. (…) Israël vit aujourd’hui
dans la sécurité et la prospérité, mais c’est une illusion. (…) Le statu quo n’est pas viable et le
risque pour Israël est grand. Y aura-t-il une explosion de violence ? Israël pourra-t-il demeurer
un Etat juif et démocratique ? (…) Il y a une campagne de délégitimation contre Israël et on
parle de boycott ; cela s’aggravera en cas d’échec ».

En Israël, les propos de Kerry, notamment l’allusion au boycott, ont été vivement critiqués par
la droite. Pour le Premier ministre Netanyahu, « les tentatives de boycotter Israël sont immorales et injustifiées. En outre, elles ne permettront pas d’atteindre l’objectif escompté, tout d’abord parce qu’elles encouragent les Palestiniens à camper sur leurs positions de refus et donc éloignent un peu plus la paix ; deuxièmement, aucune pression ne me fera renoncer aux intérêts essentiels de l’Etat d’Israël et, en priorité, la sécurité de ses citoyens ». Les ministres du Logement, Uri Ariel (Foyer Juif), et des Renseignements, Yuval Steinitz (Likoud,) ont également condamné les propos de Kerry, Steinitz les qualifiant de « vexants, injustes et inacceptables ». En revanche, des députés du PTI, de Meretz et de Hatnua ont critiqué la conduite du gouvernement face à Kerry et les attaques « irresponsables » lancées à son encontre. Le bureau du porte-parole du secrétariat d’Etat américain a tenu à préciser que Kerry était un ami d’Israël qui s’opposait résolument à tout boycott de l’Etat hébreu et n’a fait à Munich que décrire la réalité et les conséquences qu’un échec risque d’avoir pour les deux parties.

Susan Riz, Conseillère à la sécurité nationale des Etats-Unis, s’est vivement élevée contre les critiques proférées contre John Kerry, qu’elle a qualifiée d’infondées et d’inacceptables. Elle a précisé que l’Administration américaine s’opposait aux efforts de boycott et de délégitimation d’Israël. Le Secrétaire d’Etat américain a, quant à lui, déclaré dans une interview à la chaîne CNN qu’il ne se laisserait pas impressionner par des attaques verbales contre lui.

Par ailleurs, le président de l’Autorité palestinienne Mahmud Abbas a présenté, lors d’une interview au New York Times, ses idées quant à la résolution du conflit. Pour la première fois, il a accepté que le retrait de Tsahal de la Cisjordanie soit étalé sur 5 ans au lieu de 3, en parallèle à l’évacuation des colonies (hors blocs d’implantations). Il propose également que l’Etat palestinien soit démilitarisé et que des forces de l’OTAN assurent la lutte contre le terrorisme et le trafic d’armes. En revanche, il insiste sur son refus de reconnaître Israël comme l’Etat nation du peuple juif dans le cadre de l’accord permanent. Netanyahu lui a répondu qu’il était « absurde d’attendre qu’Israël reconnaisse l’Etat nation du peuple palestinien dans le cadre d’un accord si ce dernier ne reconnaissait pas l’Etat juif.

NOUS NE SOMMES PAS PARANOIAQUES / SHIMON SHIFFER – YEDIOT AHARONOT
(…) Le secrétaire d’Etat américain a évoqué « l’illusion de sécurité » dont jouissent les Israéliens. M. Kerry, notre sécurité n’est pas fondée sur une illusion. Il suffirait de vous rappeler ce qui est arrivé aux criminels abjects qui ont assassiné nos sportifs à Munich (le massacre de 11 sportifs israéliens à Munich en 1972 par l’organisation palestinienne « Septembre noir » – Ndt). Israël a réglé ses comptes jusqu’au dernier d’entre eux.

Il y a 5 mois, John Kerry parlait du devoir, qui était celui de la communauté internationale, de punir Bachar Assad, après les preuves de l’utilisation d’armes chimiques contre des civils. « Nous faisons face à l’épreuve Munich », a alors déclaré Kerry, faisant allusion à la volonté de la communauté internationale d’apaiser Adolf Hitler avant la deuxième guerre mondiale. (…)
Finalement, l’Administration Obama n’a pas relevé ce défi, et Bachar Assad n’a pas été puni. Les avions américains n’ont pas frappé les cibles soigneusement sélectionnées en Syrie. Qui plus est, Kerry et les Européens ne pointent pas du doigt les Palestiniens, et n’adoptent pas une attitude ferme à l’égard des Iraniens. Au contraire, ils font ardemment la cour au ministre iranien des Affaires étrangères Javad Zarif, et donnent l’accolade aux Palestiniens.

(…) Certes, il ne manque pas de raisons pour critiquer notre conduite vis-à-vis des Palestiniens. Mais nos amis américains feraient mieux de nous présenter des arguments plus convaincants plutôt que d’insinuer des menaces par la bouche de Kerry.

DIALOGUE DE SOURD / ARIEL KAHANA – MAARIV
Netanyahu exige la reconnaissance d’Israël en tant qu’Etat-nation du peuple juif. Dans une interview faussement considérée comment conciliante, Mahmoud Abbas réagissait en répondant que cela ne rentrait pas en ligne de compte.
Ce n’est pas un hasard si Netanyahu pose cette revendication et ce n’est pas non plus pour rien qu’Abou Mazen s’y oppose. Netanyahu a le sentiment que l’OLP est toujours le même et prône encore un plan par étapes dans lequel la paix n’est qu’une couverture : « Prenons tout d’abord les Territoires, le reste viendra après ». Tout comme la première étape, les suivantes seront également imposées à Israël à la suite de pressions diplomatiques.
Si les Palestiniens et la communauté internationale exigent qu’Israël reconnaisse le droit des Arabes sur cette terre, il serait normal qu’eux aussi reconnaissent le droit des Juifs sur cette même terre. Cette réciprocité est élémentaire ; elle s’impose. Si les Palestiniens acceptent de reconnaitre haut et fort l’Etat juif sur les terres d’Israël et s’ils apprennent à leurs enfants à accepter cette présence, nous pourrons alors croire sérieusement qu’ils abandonnent leur projet de détruire Israël de l’intérieur. Tel est le contexte de la revendication israélienne.
C’est exactement pour cela qu’Abou Mazen la rejette du tout au tout. « Nous avons reconnu Israël et cela suffit », dit-il. Abbas estime qu’il n’y a pas de peuple juif et que seule la religion juive existe. Et cette religion, comme toutes les autres, n’a pas droit à une terre. Pour lui, reconnaître l’Etat juif veut dire retirer sa raison d’être à la lutte palestinienne et cela, Abou Mazen en est incapable. C’est pourquoi il s’entête autant. C’est pourquoi Netanyahu tient bon. (…)
Mais il existe une autre dimension, aussi inquiétante que le reste : la légitimité accordée par la communauté internationale. Cette légitimité apporte non seulement à l’Union européenne la force de soutenir les boycotts ou les positions palestiniennes : il est à craindre en outre que, le jour J, si les Arabes israéliens se tournent vers la révolte nationale, l’Europe fasse sienne les positions de l’OLP et nie l’existence de l’Etat juif.
Actuellement, seuls les Etats-Unis, l’Allemagne et le Canada acceptent la définition d’Etat juif. D’autres pays, tels la France, la Grande-Bretagne, l’Espagne et l’Italie, qui sont considérés comme des amis d’Israël, la rejettent avec opiniâtreté. Israël redoute qu’à l’avenir, le droit à l’existence de l’Etat juif soit remis en question.
De fortes pressions internationales risquent de mettre au placard le principe le plus important du sionisme – un Etat juif sur la terre d’Israël. Telle est la crainte profonde à la base de cette revendication en faveur de la reconnaissance d’Israël en tant qu’Etat-nation du peuple juif.

Le Service de presse de l’Ambassade de France en Israël

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