אֱמֹר

Emor 

Lévitique 21:1-24-fin : Les prêtres, les sacrifices, les fêtes

Et l’Eternel dit à Moshé, Parle, emor אֱמֹרaux sacrificateurs, fils d’Aaron, et dis–leur… Lévitique 21:1

Après les lois de sainteté et le commandement de s’aimer l’un l’autre, D.ieu nous donne ici des directives concernant les Cohanim et les conditions pour être dignes d’officier en Sa présence. Il est aussi question du respect des offrandes, du respect des fêtes, et des convocations saintes. Un parallèle est établi avec le blasphème de Son Nom. Nous allons étudier en partie ces instructions.

Il était interdit à un Cohen d’avoir un contact avec la mort. Nous avons vu, lors des précédentes études, que la mort était une source d’impureté rituelle, résultant du péché initial. La pensée biblique va à l’encontre de la mort. Le contraste est frappant avec les religions païennes qui vouaient un culte aux morts et faisaient de grandes cérémonies, de grands tombeaux, et des veilles incessantes autour d’un mort. Les serviteurs d’un Pharaon se faisaient enterrer vivants avec leur maître afin de pouvoir le servir dans l’au-delà. Mais D.ieu ne permet pas à Ses sacrificateurs d’avoir un quelconque contact avec la mort. Un prêtre ne doit pas enseigner comment mourir, mais comment vivre.[1]

Il ne pouvait assister qu’aux funérailles de son père, sa mère, frère, sœur encore célibataire, fils ou fille ou sa femme. Le Cohen Gadol, quant à lui, ne pouvait même pas assister aux funérailles de ses proches parents. En tant que représentant de la nation dans le Temple, il devait être prêt en tout temps à servir et devait uniquement se consacrer au service divin.

Ce commandement n’annule en rien le devoir d’honorer ses parents, mais il s ‘inscrit plutôt dans le cadre d’une obéissance et d’un dévouement absolus envers le Créateur.

Un Cohen était également limité dans le choix de son épouse. Il ne pouvait épouser une femme divorcée, ou une femme « interdite » c’est-à-dire ayant contracté des alliances interdites.  Ces lois sont d’ailleurs toujours en vigueur aujourd’hui. Le Cohen Gadol, quant à lui, ne pouvait épouser ni divorcée, ni veuve, ni prostituée. Seule une jeune vierge de la Maison d’Israël pouvait convenir.

En profanant sa descendance (21:15) au milieu du peuple, il affectait la pureté de tout son peuple d’après une interprétation traditionnelle. Rachi, quant à lui, nous dit que la descendance profanée perdait son statut et son droit d’être Cohen.

Le sacrifice devait être sans tâche ni défaut, parfait, D.ieu étant éminemment saint et digne de respect.

Le Cohen Gadol ne pouvait pas non plus sortir du Temple et servait en tous temps devant D.ieu Le seul cas d’exception était celui de la purification de la mort par les cendres de la vache rousse en Nombres 19 :

Et vous la donnerez à Eléazar, le sacrificateur, et il la mènera hors du camp, et on l’égorgera devant lui. Nombres 19:3

Et le sacrificateur lavera ses vêtements et lavera sa chair dans l’eau ; et après, il entrera dans le camp ; et le sacrificateur sera impur jusqu’au soir. Nombres 19:7

Dans ce cas précis, le Cohen Gadol se rendait lui-même impur pour purifier un israélite devenu impur au contact d’un cadavre. Un échange mystérieux entre la vie et la mort qui donnait accès au Temple.

Sur la tête du Cohen Gadolreposait le sacre, littéralement nazir, de l’huile d’onction.Il ne devait ni laisser pousser ses cheveux ni déchirer ses vêtements en aucun cas.

Le chapitre 22 nous parle de la sainteté requise de la part des Cohanim pour manger les offrandes du peuple. Un prêtre impur ne doit ni manger, ni offrir, ni manger des saintetés.

D.ieu nous a délivrés d’Egypte afin que nous honorions Son grand Nom. Le chapitre 23 enchaîne directement sur les Fêtes : après nous avoir délivrés, D.ieu nous convoque à certaines époques :

Le Roi veut rencontrer Son épouse !

Ce sont les fêtes, littéralement « temps de rencontre » de l’Eternel, moadei HaShem   מוֹעֲדֵי יְהוָה ou « appels à la sainteté », les mikraei kodech, מִקְרָאֵי קֹדֶשׁ

La première de ces saintes convocations : Shabbat, שַׁבַּת, point de départ pour rappeler la Création et la Sortie d’Egypte. C’est une convocation personnelle et hebdomadaire au sein de nos familles avec le Créateur, dans le repos de Sa Présence pour restaurer nos forces et nous abreuver à la Source d’En-Haut.

La seconde:Pessa’h פֶּסַחl’appel de la délivrance et le début de la moisson. On offre les prémices de sa récolte à D.ieu avec le printemps, le renouveau spirituel : un nouveau départ avec le Rédempteur.

La troisième : la fête des Matsot, חַג הַמַּצּוֹת  le levain est ôté des maisons et des cœurs.

La quatrième, la gerbe balancée, l’Omer, עֹמֶר:symbole de la sanctification pendant les 7 semaines qui mènent à la réception de la Thora.

La cinquième (23:21), Chavouot, שָּׁבֻעוֹת, la réception de la Thora, le but de la Sortie d’Egypte, le couronnement d’Am Israël.

La sixième (23:24), Zikhron haTrouah, la fête des Trompettes זִכְרוֹן תְּרוּעָה,le jour solennel d’avertissement, le jour du jugement au son du chofar. Un temps pour faire le point.

La septième (23:27), Yom haKipourim, le Grand pardonיוֹם הַכִּפֻּרִים.Le pardon accordé et une préparation pour l’année à venir.

Enfin la huitième, ‘Hag HaSouccot,חַג הַסֻּכּוֹת  la Fête de la Joie où toutes les nations seront convoquées pour célébrer Son règne éternel.

Ces convocations prennent toute leur importance à la lumière du Roua’h HaKodech et le chapitre 24 enchaîne directement pour nous parler de l’huile de la Menora qui devait être sans cesse alimentée.

Cette Menora, image du Roua’h,  était placée en face des Pains de proposition, littéralement Pains de la face (de D.ieu). HaShem désire nous enseigner que c’est par l’action de Son Roua’h que nous pouvons découvrir les merveilles cachées dans Sa Thora, symbolisée par ces pains.

Le passage qui suit directement les instructions concernant les fêtes et la Menora, semble incongru à première vue et attire notre attention.

Ce passage est à mettre en relation avec celui de la Parachaoù D.ieu demande que Son Nom ne soit pas profané (Lévitique 22:32) :

Et vous ne profanerez, te’halelou, תְחַלְּלוּpas mon saint nom, mais je serai sanctifié au milieu des fils d’Israël, moi, je suis l’Eternel qui vous sanctifie.

Le mot profane en hébreu, h’alel, חללs’apparente à un corps mort,

halal חָלָל

Quand on trouvera sur la terre que l’Eternel, ton Dieu, te donne pour la posséder, un homme tué halal, חָלָל étendu dans les champs. Deutéronome 21:1

Or un corps mort c’est un corps privé de son âme, vide. La profanation du Nom de D.ieu,  c’est un vide, l’absence de Sa présence. D.ieu nous demande de ne pas créer le vide de Sa présence sous peine de profanation. La prophétie de Zacharie (14:9) qui annonce que le Nom de l’Eternel sera Un, nous parle de l’Omniprésence de D.ieu sur terre. Chaque créature connaîtra Son Nom, rien ne sera laissé sans la connaissance de D.ieu[2].

Le blasphémateur de notre passage a maudit le Nom de D.ieu car son cœur était vide de Sa présence et les versets qui suivent enchaînent de suite avec les blessures causées à autrui.

Cet enchaînement suggère une conséquence et nous révèle que le non-respect des commandements divins, l’absence à l’appel aux convocations saintes et aux moments de rencontre, le manque d’étude de la Thora, créent un vide.

A partir de ce moment-là, la limite où nous risquons de faire du mal à notre prochain n’est plus bien loin et nous sommes près de transgresser le commandement d’aimer son frère. On commence par ne pas respecter les commandements, puis on fait du mal à son prochain, de façon consciente ou pas, et le pas est ensuite vite franchi pour le blasphème et la profanation du Nom sacré.

Dans la Haphtara liée à notre Paracha, le prophète Ezéchiel jette la lumière sur les Cohanimdu futur Temple :

Mais les sacrificateurs, les Lévites, fils de Tsadok (Juste) qui ont fait l’acquit de la charge de mon sanctuaire, quand les fils d’Israël se sont égarés d’auprès de moi, eux s’approcheront de moi pour faire mon service, et se tiendront devant moi, pour me présenter la graisse et le sang, dit le Seigneur, l’Eternel. Ezékiel 44:15

Et ils instruiront mon peuple à distinguer entre ce qui est saint et ce qui est profane, et lui feront connaître la différence entre ce qui est impur et ce qui est pur. Ezékiel 44:23

Et, dans les contestations, ils se tiendront là pour juger ; ils jugeront par mes jugements, michpataï et ils garderont mes lois, Torataï et mes statuts, ‘houqotaï dans toutes mes convocations, fêtes, moadaï, et ils sanctifieront messabbats, shabtotaï. Ezékiel 44:24

Ces futurs Cohanim enseigneront à distinguer entre le profane et le saint, autrement dit, d’après l’enseignement de notre Paracha, entre l’absence de D.ieu et la plénitude de D.ieu en toutes choses. Ils seront revêtus de fin lin de justice.

Puissions-nous être dignes d’assister à la reconstruction du Temple de nos jours.
Amen.

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[1] Elie Munk, Vayikra, La voix de la Thora

[2] Rabbi Yitzchaq Ginsbourgh,

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