Eliette Abecassis sort son 19e livre ‘Alya’ ed. Albin Michel. Le CultureMag lui consacre une émission spéciale. Identité, république, tentation du départ…face a la violence et a l’antisémitisme.

il y a quelques années, je sortais dans la rue avec une étoile de David autour du cou. J’étais fière de m’appeler Esther Vidal et je ne baissais pas la voix pour dire mon nom. Nous n’étions pas en danger dans la ville. Ni agressées à la sortie de l’école, de la synagogue, ou chez soi. Traiter quelqu’un de « sale juif » était un tabou. Je ne pensais pas qu’il pût y avoir dans Paris des manifestations contre les juifs. A vrai dire, je n’aurais même pas imaginé que l’on puisse entendre, lors d’une manifestation : « A mort les juifs. »

Une jeune femme, deux enfants, deux amours. La peur, le désir, l’espoir, la tentation de quitter la France et de faire son « alya ».

Eliette Abécassis naît à Strasbourg dans une famille juive orthodoxe marocaine. Son père, Armand Abécassis, enseigne la philosophie et est un penseur renommé du judaïsme. Sa mère, Janine, est professeur de psychologie de l’enfant.

Après le bac, elle quitte à 17 ans Strasbourg pour aller suivre à Paris des études en classes préparatoires littéraires — hypokhâgne et khâgne — au lycée Henri-IV. Elle intègre par la suite l’École normale supérieure, où elle obtient l’agrégation de philosophie et part enseigner la philosophie à la faculté de Caen. « Je n’étais pas beaucoup plus âgée que mes élèves. Ils étaient très bons, tous passionnés par la philosophie, qui ne débouche sur rien d’autre que sur elle-même. »

À 23 ans, elle part un an aux États-Unis à Cambridge, grâce à une bourse d’étude. Elle écrit alors son premier roman, Qumran, un roman policier métaphysique qui traite de meurtres mystérieux liés à la disparition de manuscrits de la mer Morte.

Pour son premier roman Qumran, Éliette Abécassis ne se contente pas de ses connaissances préalables sur le monde hébreu, elle pousse ses recherches jusqu’en Israël, à Jérusalem, à Qumran et est allée aussi aux États-Unis afin d’obtenir le plus de renseignements possibles. Les recherches auront duré trois années. Elles seront payantes : Qumran sort en 1996 et obtient immédiatement un énorme succès ; le livre est alors traduit en dix-huit langues. Les principales maisons d’édition avaient refusé le manuscrit, jusqu’à ce que les éditions Ramsay l’acceptent avec enthousiasme.

 

Laisser un commentaire