Alors que le Port d’Ashdod détient le record de népotisme, le chef du comité d’entreprise est traîné en justice pour corruption et fraude fiscale.

Décidément, le port d’Ashdod refuse de quitter la une de l’actualité israélienne. L’entreprise publique fait déjà l’objet de graves accusations de népotisme ; cette semaine, le chef de son comité d’entreprise est soupçonné de corruption, extorsion de fonds et fraude fiscale.

CORRUPTION DES DÉLÉGUÉS DU PERSONNEL

Le tout-puissant chef du comité d’entreprise du port d’Ashdod va être traîné en justice. Le procureur vient de publier l’acte d’accusation qui sera débattu devant le tribunal de Beer-Sheva. Les accusations contre Alon Hassan sont sévères : corruption, fraude fiscale, extorsion sous la menace, détournements de fonds, blanchiment d’argent, etc.

Alon Hassan, qui a rempli la fonction de président du comité d’entreprise du port d’Ashdod de 2003 à 2013, avait développé à son profit un véritable empire économique à l’intérieur même du port : des sociétés fictives lui auraient permis de profiter de sa position pour s’enrichir indûment, tout en faisant profiter ses proches de ses agissements occultes.

Cette accusation de corruption est à relier à une autre pratique courante dans le port d’Ashdod : le népotisme, c’est-à-dire la tendance à favoriser le recrutement des membres d’une même famille au sein d’une entreprise. En Israël, ce mode de recrutement est fréquent, même s’il est contraire à l’intérêt général et aux règles officielles.

Dans le secteur privé, le népotisme est une pratique qui peut se justifier : des nombreuses entreprises sont des « affaires de famille » : rien de plus naturel pour leurs dirigeants de favoriser les membres de la famille dans la hiérarchie qu’ils dirigent. En revanche, lorsque le népotisme touche les entreprises publiques, il s’agit d’un abus de pouvoir en marge de la légalité.

PORT D’ASHDOD, CHAMPION DU NÉPOTISME

Malgré les démêlées judiciaires qu’elle peut engendrer, la pratique ne recule pas : elle a même tendance à s’accroître. Cette fois-ci, c’est l’Autorité des Entreprises publiques (The Government Companies Authority ouGCA) qui le reconnaît. La GCA gère 90 entreprises publiques qui emploient 60.000 salariés : certaines de ces entreprises publiques sont devenues une affaire de famille, comme ports, aéroport, chemins de fer, électricité, etc. Leurs dirigeants n’hésitent pas à recruter leur personnel parmi les membres de la famille des salariés.

En 2015, le record de népotisme parmi les entreprises publiques était détenu par le port d’Ashdod : 42% de ses salariés sont des membres d’une même famille. C’est une nette augmentation par rapport à 2013 : « seulement » 36% de son personnel étaient liés par des liens familiaux.

Au second rang pour la pratique du népotisme, figure l’entreprise publique Rafael Advanced Defense Systems Ltd (armement) avec un taux de népotisme de 33%. Viennent ensuite la Compagnie nationale d’Electricité (27%) et le port de Haïfa (26%).

En revanche, le népotisme reste très faible dans la Société nationale des Chemins de fer (3%). Il est même inexistant dans la compagnie NTA qui gère les transports publics dans la région de Tel Aviv ; peut-être qu’elle n’existe que depuis une dizaine d’années.

Jacques Bendelac (Jérusalem)

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