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« Il y a un challenge d’amour a relever en Israël » Steeve Suissa et Francis Huster

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« Il y a un challenge d’amour a relever en Israël » Steeve Suissa et Francis Huster

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Mardi 19 avril 2016, rendez-vous a l’Institut Français de Tel Aviv pour rencontrer deux hommes de talent,  Steeve SUISSA et Francis HUSTER. Ils sont de passage en Israël pour nous presenter la pièce « AMOK » qui doit être jouée dans plusieurs villes en juin prochain. Une des plus grandes œuvres de l’écrivain Stefan ZWEIG,
réadaptée au théâtre. ASHDODCAFÉ y était et on en a pas perdu une miette. 

« Amok » qui signifie « profond » en hébreu et   » folie » en allemand, raconte l’histoire d’un médecin  partît vivre en Indonésie. Sa vie prend un autre tournant, lorsqu’il rencontre une femme.  Une relation obsessionnelle et bouleversante qui tourne mal..  C’est sur qu’ici on a pas affaire à une comédie romantique!!! Je ne vous en dis pas plus. Amok sera joué le 19 juin à Tel Aviv.

Autour de nous, plusieurs journalistes et photographes. Chut.. la conférence commence. Attendez,  où est Francis Huster? Je ne le vois pas. Steeve est venu seul.  Francis n’a pu se joindre à nous, mais il a tenu à vous adresser un message. On le voit apparaître sur l’écran, il nous confie son amour pour ce pays, qui a le même âge que lui, Israël. D’ailleurs il aime a le dire souvent ‘je suis Israël »

INTERVIEW

Coup de projecteur sur Steeve Suissa, un autodidacte dans l’âme. 

Ce natif du Faubourg Montmartre, provient d’une famille de modestes commerçants.   Rapidement, il a refusé le monde de voyous qu’il cotoyait pour  devenir l’homme qu’il est aujourd’hui, un metteur en scène généreux, vrai, profondément humain, qui laisse une chance aux gens. 

suissa et huster

R.H:  Vous connaissez Francis Huster depuis plus de 25 ans maintenant. Une vraie relation d’amitié et de travail. Comment avez- vous réussi à conserver cette relation?

 S.S: Je l’ai rencontré la première fois à un casting des cours Florent. J’interprétais une scène du Parrain, devant lui et François Florent. Ce dernier me dit, « ce n’est pas du théâtre ». Du haut de mes 16 ans, je lui explique que je n’ai jamais rien lu et que je ne connais rien au théâtre . Je commence à jouer mon rôle, lorsque les deux se mettent à discuter et raconter leur vie. J’ai compris qu’ils voulaient me déstabiliser. J ‘ai  attrapé une de ces colère. Sans réfléchir, j’ai  sorti un flingue chargé de ma poche et j’ai tiré deux coups de feu sur le plancher.  Les deux hommes ont hurlé,  »Sortez de cette salle ».  Bien sûr, c’est une réaction compréhensible. Après ça, je me suis dis que c’était foutu pour mon avenir d’acteur. Cinq jours  plus tard,  le destin a voulu que Francis m’appelle et me dise   »je veux que tu fasses  partie de mes élèves »». Notre aventure a commencé..
2012 a  marqué le point de départ de notre collaboration. J’ai fait joué Francis dans de nombreuses  pièces comme    » Le Bronx »,  »La Trahison d’Einstein »  »Le joueur d’échecs » et aujourd’hui  » Amok ».  Je caractériserais notre rencontre tel un échange divin entre nous.  » Sans Steeve je ne le fais pas, Sans Francis je ne le fais pas non plus ». Vous comprenez? 

R. H: Scénariste, metteur en scène, acteur, on sent cette envie d’embrasser plusieurs métiers. Finalement dans quel rôle vous vous sentez le mieux? 

S.S:  Metteur en scène sans hésiter. J’aime mettre en avant des personnes peu connues du grand public, je fais l’inverse des autres. J’ai fais joué Isabelle Carré, Bérénice Béjo. Le public ne les connaissait  pas et aujourd’hui voila le résultat. Je cible un public particulier, celui qui ne s’intéresse pas au théâtre, qui trouve ça chiant…

R.H: On sent que vous êtes proche d’ Israël, de Dieu. On vous sent profondément sioniste . Pourquoi et comment cet attachement à ce pays?  

S.S:  C’est une histoire qui date de 8 ans. Je suis venu ici par hasard sans parler un mot d’hébreu. Je ne la parle toujours pas d’ailleurs, mais je vous promets de m’y mettre (rire).
Un soir, j’allais pas bien du tout et je me suis mis à marcher seul dans la rue.  Là, il s’est passé quelque chose. J’ai eu le sentiment d’avoir des prières intérieurs et j’ai senti quelque chose de fort vibrer en moi. A ce moment-là, j’ai compris qu’il y avait un challenge d’amour  à relever en Israël.

 R.H: Comme quoi, il n’y a pas de hasard… On sait qu’avec Francis Huster le public francophone vous est acquis, mais ce qui m’intéresserait de savoir, c’est comment entrer en contact et intéresser le public israélien? 

S.S:   Avec Francis nous avons une grande ambition : un festival du théâtre Français en Israël, comme cela existe déjà pour le cinéma. Ce que j’aimerais faire, c’est comme à l’opéra, installer deux écrans de chaque côté, pour avoir la traduction simultanément du texte en hébreu.  Il m’est arrivé de tomber sur des journalistes, qui sont venus  de passage à Paris, pour voir des pièces de théâtre. Alors comment fait-on si il n’y a pas de traduction? C’est un grand risque à prendre. J’aimerais que les Ambassades et les Instituts francophones m’apportent leur soutien. je finance la totalité. Mais j’y crois et je crois en ce pays.  La culture à une place importante. Il y a une liberté de penser et un melting pot incroyable. Voyez par vous même, la fréquentation dans les théâtres augmente et parfois certaines salles se remplissent en un jour.  Vous savez quoi,  si demain je perds les trois quart de ce que j’ai risque, je m’en fiche. Dans la vie il faut savoir prendre des risques.

Apres  heure d’interview j’ai réalise que  Steeve Suissa est  un homme habité par son métier, comme Stefan Zweig le fût auparavant. Il ne se suicidera pas comme l’écrivain car ses côtés sombres et passionnés le font avancer. Il a compris que ce pays était doté d’une énergie  débordanteFolie, passion et  authenticité , ce sont  ingrédients essentiels pour réussir et ça il l’a bien compris. Bravo Steevi!  

Propos recueillis par Romy et Patricia Hassoun
Pour Ashdodcafe.com

Francis Huster en Israël affiche

 

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