Etant  jeune adolescente, je posais la question de savoir pourquoi nous, Juifs, étions obligés de boire du vin casher ce qui, à l’époque, n’était pas synonyme de bon vin à l’inverse d’aujourd’hui  où même de grands crus sont produits sous surveillance rabbinique.

Il fut donc, un temps où la raison avancée était que les viticulteurs faisaient bénir leurs vignobles par des prêtres – peu importe de quelle religion – et que, par conséquent, il nous était interdit de consommer de pareils breuvages.

Parfois, on détaillait et on ajoutait que ces vins servaient aussi de vins de messe et que ceci était incompatible avec un usage tel que le kidoush et jamais on avançait d’autres raisons telles que le « copinage » par exemple comme cela est évoqué dans le livre des Nombres où les  filles de Madiane abreuvèrent les Bené Israël à seule fin de les dévoyer.

Aujourd’hui et depuis plus de 40 ans, en France comme ailleurs, les producteurs acceptent facilement de consacrer une partie de leurs productions aux vins cashers. En Israël de nombreux domaines ont créé des crus de grande valeur,  très prisés dans le monde entier et, souvent,  primés et  appréciés dans le monde entier.

Certaines conditions font qu’un vin est casher ou pas : les ceps de vigne qui vont arborer leurs grappes juteuses doivent avoir dépassé quatre ans d’âge si le vignoble est situé en Israël pour obéir à la mitsva de la ôrla  – des fruits ne peuvent être cueillis d’un arbre de moins de trois ans + 1 année pour la  terouma.

De plus, pour respecter la loi d’interdiction de mélanger les genres, les raisins provenant de vignes entre les ceps desquelles sont plantés des pêches, des abricots ou autres fruits ou légumes, ou céréales,  ne pourront  produire du vin casher  (kilayim).

Lorsque le vignoble se situe en Eretz Israël,  le vignoble ne pourra être « soigné » lors de l’année shabbatique.

Sur le plan technique : seuls des ustensiles choisis pour cet usage ne pourront servir pour la production de vin casher et, aussitôt après usage, ils devront être nettoyés et soigneusement rangés pour qu’aucune main non spécialisée pour cette production et qu’aucun instrument autre ne « souille » les instruments casher. De même que tous les produits utilisés, éventuellement, doivent être strictement casher.

Toutes les personnes entrant en jeu pour la cueillette, le transport des raisins et à chaque étape de la fabrication du vin doivent être des shomrei shabbat et mitsvoth (des Juifs religieux respectant les commandements de la Torah y compris le shabbat bien entendu).

En Israël, encore, la dîme sera prélevée et détruite étant donné qu’aujourd’hui le Temple n’est pas en service et que les cohanim n’exercent pas …. encore !

Le vin ne servant de nos jours qu’à  sanctifier shabbat, fêtes et célébrations religieuses comme les mariages ou les britot (circoncisions) il est  donc certainement un breuvage doté d’un caractère sacré, en dehors du fait que les vins provenant de différents cépages sont consommés par des personnes souvent très douées pour les goûter et distinguer les qualités qui font de ces vins de grands crus, souvent prestigieux.

Le vin invitant à  passer de bons moments ensemble,  des amitiés peuvent se tisser autour d’un très bon  verre d’un excellent vin. Cependant qu’aujourd’hui, le vin n’est pas la seule boisson autour de laquelle on peut devenir ami ………… LEHAYIM !!!

Caroline Elishéva REBOUH

MA Hebrew and Judaic Studies
Administrative Director of Eden Ohaley Yaacov

 

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