Paracha de la semaine

Paracha : Balaq

Posted on 18 juin 2013 by Administrateur

 Balaq 

Nombres 22:2 à 25:9 Balaq et Bil’am
Haphtara: Michée 5:6- 6:8 : ce que D.ieu demande
Balaq,   בָּלָק fils de Tsippor, vit tout ce qu’Israël avait fait aux Amoréens. Nombres 22:2

Un nouveau personnage rentre en scène, Balaq, roi de Moab dont le nom signifie destructeur.  Il entend mener une guerre spirituelle contre Israël. Il a assisté à la victoire d’Israël contre ses voisins les Amoréens et le peuple Moabite, et est très inquiet à l’idée d’une éventuelle rencontre militaire avec Israël.

Ce n’est pas seulement le nombre des vaillants d’Israël qui inquiète les Moabites mais c’est la Présence du D.ieu d’Israël au milieu de Son peuple. Cette Présence qui se manifeste par tant de miracles…

Israël avait demandé l’accord à Og, roi de Basan, et Sihon roi des Amoréens, pour traverser leurs territoires dans la paix, offrant même un dédommagement pour l’eau et le fourrage. En réponse, les rois païens avaient attaqué les convois Israélites avec une très nombreuse armée. L’Eternel avait alors livré ces royaumes entre les mains des fils d’Israël qui, après leur victoire, avaient installé leur camp dans la plaine de Moab, face à Jéricho.

A la vue de la défaite cuisante de leurs puissants voisins (considérés comme des géants), les Moabites et les Madianites, bien que rivaux, s’allient et se nomment un roi commun : Balaq fils de Tsippor.

Tous les peuples Cananéens de l’époque sont entièrement voués aux pratiques occultes et ont bien compris que la supériorité d’Israël était d’ordre spirituel. Le combat doit donc être mené à ce niveau.

Balaq est choisi comme roi de cette coalition car il avait une réputation de grand magicien dans le Moyen-Orient. Il était également astrologue et devin, et pour ces raisons, préférable à un guerrier militaire.

D’après certaines sources, son qualificatif, fils de Tsippor צִפּוֹר (oiseau) lui aurait été attribué en raison du culte à l’oiseau divinatoire auquel il s’adonnait.

Pour Israël, cet épisode de la conquête du territoire des Amoréens, s’inscrit dans les prophéties reçues par les Patriarches, et tout ceci n’est que l’accomplissement, sous la conduite de Moshé, du programme établi par D.ieu pour les Bné Israël.

En effet, lors de l’alliance entre les morceaux en Genèse 15, D.ieu avait prophétisé à Abraham que Son peuple resterait en exil 400 ans et qu’il reviendrait ensuite s’établir dans la Terre Promise  après avoir chassé ses occupants, livrés à des pratiques occultes en horreur à D.ieu :

A la quatrième génération, ils reviendront ici, car la faute des Amoréens n’est pas encore à son comble. Genèse 15:16

De plus, la terre des Amoréens avait été promise comme héritage à Yossef par son père Yaakov.

Quant à moi, je t’ai donné une « portion chkhem שְׁכֶם », une part de plus qu’à tes frères, celle que j’ai prise aux Amoréens avec mon épée et mon arc. Genèse 48:22

Cette « portion », c’est celle du Messie qui descendra de Yossef. Une des significations de ce mot : épaule, comme dans le verset suivant :

Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné, et le gouvernement sera sur son épaule עַל-שִׁכְמוֹ; et on appellera son nom, Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père du siècle, Prince de paix. Isaïe 9:6

Il s’agit bien d’un combat spirituel, Balaq le sait. Il est lui-même Moabite, descendant de Lot, le neveu d’Abraham, et connaît bien les prophéties. Il sait aussi qu’Israël a reçu un commandement bien précis de la part de Moshé concernant Moab.

Le Seigneur m’a dit : N’attaque pas Moab, ne le provoque pas à la guerre, car je ne te donnerai pas de possession dans son pays : c’est aux fils de Loth que j’ai donné Ar en possession. Deut. 2:9

Balaq ne devrait donc pas, à priori, s’inquiéter, sachant que le peuple d’Israël respecte scrupuleusement les ordonnances de l’Eternel. De même son nouvel allié, Madian, est lui-même un descendant d’Abraham par sa deuxième femme Ketura. Il a aussi reçu un héritage.

Pourquoi donc Balaq veut il absolument maudire Israël ?

Nous avons commencé à le discerner plus haut avec la « portion » attribuée à Yossef : l’enjeu est spirituel, de nature messianique. De plus, Balaq est devin. Il a une perception voilée du plan de D.ieu, et il sait, sans trop le comprendre, qu’un jour sortira de Moab celui qui détruira les Moabites. Il s’agit de David, descendant de Ruth la Moabite, Roi d’Israël et préfiguration du Messie ben David.

Les Madianites quant à eux, connaissent bien Moshé. Yitro, son beau-père et grand prêtre de Madian, l’a hébergé 40 ans. Ils savent que la force de Moshé est la Parole de D.ieu et que c’est par la langue qu’il faudra le combattre.

Quand le pouvoir de la langue est utilisé par un sorcier, les dégâts peuvent être catastrophiques, même pour une nation toute entière. C’est ce que Balaq projette. Bien qu’il soit lui-même sorcier il veut faire appel à un spécialiste plus expérimenté que lui dans la malédiction verbale : Bil’am.

Balaq connaît bien Bil’am qui vient de son pays d’origine, la Mésopotamie. C’est le fils de Béor et le petit fils de Laban, tous deux connus comme les plus grands magiciens et astrologues des fils de l’Orient.

Balaq envoie une délégation de notables madianites et moabites à Péthor, la capitale des sciences impures, située sur l’Euphrate, pour inviter Bil’am à venir en Moab et maudire Israël.

A cette époque, les princes de tout Moyen-Orient jusqu’à l’Egypte s’y rendaient pour prendre des conseils occultes et se payer des devins qui maudissaient les peuples adverses avant les batailles.

Bil’am n’est pas un homme de D.ieu, c’est un sorcier dont on peut louer les services. Des sources midrashiques racontent qu’à l’époque de la naissance de Moshé, Pharaon avait comme conseillers Yitro, Job et Bil’am. Yitro se serait opposé au meurtre des enfants mâles juifs et aurait fui en Madian. Job aurait quitté ses fonctions sans prendre position, et Bil’am par contre aurait vivement encouragé Pharaon à les massacrer.

Bil’am, bien que profondément antisémite, se nomme lui-même prophète du Très Haut. En fait, au cours de son activité spirituelle occulte il a eu à faire au Dieu d’Avraham de Yits’haq et de Yaakov. Il a également entendu de Laban, son grand-père, les prodiges que ce D.ieu Tout puissant avait faits pour Yaakov, à l’époque où il travailla 21 ans à son service.

Cependant, pour lui, le D.ieu des Israélites est un dieu parmi les multiples autres divinités.

Quelle est la raison pour laquelle le Créateur des cieux et de la terre décide-t’Il de Se manifester à un sorcier ?

Le Midrash donne pour explication que lors du jugement final, les peuples des nations ne pourront pas donner pour excuse qu’ils n’ont pas eu de prophète tel que Moshé comme intermédiaire de communication avec le Créateur.

De plus, D.ieu a un plan et veut que les peuples Cananéens eux-mêmes soient au courant de la bénédiction éternelle qu’Il a pour Israël. Il annonce tout d’avance. Chacun est libre de choisir entre le bien et le mal.

Nombres choisissent le mal et persécutent ceux qui choisissent une voie différente des leurs. L’histoire est hélas remplie d’exemples de persécutions contre Israël, au nom du D.ieu d’Israël.

Bil’am reçoit la délégation des Moabites et des Madianites mais ne part pas de suite, il attend la nuit pour feindre d’interroger D.ieu. Les Madianites comprennent que Bil’am n’obtiendra pas l’approbation de D.ieu pour maudire Son peuple et retournent chez eux. Seuls les Moabites restent pour la nuit.

Dieu vint à Balaam ; il dit : Qui sont ces hommes chez toi ?

Balaam répondit à Dieu : Balaq, fils de Tsippor, roi de Moab, les a envoyés pour me dire : « Le peuple qui sort d’Egypte couvre le pays ; maintenant, va, voue–le pour moi à la malédiction ; peut–être pourrai–je le combattre et le chasser. » Dieu dit à Balaam : Tu n’iras pas avec eux ; tu ne maudiras pas ce peuple, car il est béni. Nombres 22:9-13

Malgré cette réponse négative, Bil’am, attiré par le gain et séduit à l’idée de pouvoir nuire au peuple d’Israël, renvoie les Moabites en leur faisant comprendre qu’il est d’un rang trop élevé pour partir avec eux.

Balaq augmente l’offre pécuniaire et envoie une délégation de plus haut rang vers Bil’am. D.ieu le laisse partir, voyant que Bil’am est trop avide, mais Il lui laisse savoir qu’Il ne lui permettra pas de maudire Israël.

Bil’am est le modèle même de l’orgueil spirituel, il se qualifie lui-même d’être : « celui qui voit » et malgré les avertissements de l’Eternel, il part dans le but d’exterminer les fils de Yaakov pour obtenir un gain important.

L’ironie de D.ieu est parfois surprenante. Il n’hésitera pas à Se servir d’une ânesse pour rabaisser Bil’am et lui faire connaître Son profond désaccord. Double humiliation : le mot « âne » en hébreu est le même que « matériel » :

Ane, ‘hamor, חֲמֹר

Matériel, ‘homer, חמר

L’âne est le symbole de la source de revenus. Bil’am le « voyant » du Très Haut, ne voit pas plus clair que son ânesse…L’amour de l’argent et du matériel l’a aveuglé…

Celui qui est en marche pour maudire et vaincre une nation par ses paroles est en train de s’énerver à taper sa monture avec un bâton et voudrait avoir une épée pour la tuer.

La suite du texte nous fait comprendre que l’ânesse succomba suite aux coups de Bil’am :
L’ânesse m’a vu, et elle s’est écartée devant moi par trois fois ; si elle ne s’était pas écartée de moi, c’est toi que j’aurais tué ; elle, je lui aurais laissé la vie ! Nombres 22:33

La Thora nous donne une clé pour ne pas faire mourir la « source de revenus » qu’est l’âne :
Et tout premier fruit des ânes, tu le rachèteras avec un agneau ; et si tu ne le rachètes pas, tu lui briseras la nuque. Et tout premier–né des hommes parmi tes fils, tu le rachèteras. Exode 13:13

Dans ce verset, il est demandé aux fils d’Israël de racheter l’ânon par un agneau, sinon de lui briser la nuque. Autrement dit si l’on ne rachète pas cette « source de revenus » qu’est l’ânon, il faut rendre cette source de revenus inutilisable. Par-là, D.ieu nous fait comprendre qu’Il est l’Auteur de toutes choses, qu’Il est Celui Qui bénit nos entreprises et que l’argent et les ressources matérielles Lui appartiennent.

La Tradition va plus loin et interprète les paroles de l’ânesse comme une preuve des rapports zoophiles que Bil’am entretenait avec elle. Ce qui aurait profondément rebuté la délégation des Moabites.

L’ânesse dit à Balaam : Ne suis–je pas ton ânesse, celle que tu as montée de tout temps, jusqu’à ce jour ? Ai–je l’habitude d’agir ainsi envers toi ? Il répondit : Non ! Nombres 22:30

L’ânesse serait morte afin de ne pas devenir un objet d’adoration pour les peuples idolâtres.

Le Midrash inclut l’ânesse parlante de Bil’am dans les 10 créations miraculeuses qui auraient été créées au crépuscule du premier shabbat.

         1- La faille dans la terre qui avala Qora’h et sa famille.

         2- Le puits de Myriam qui suivait Israël dans le désert.

         3- L’ânesse de Bil’am.

         4- L’arc en ciel de Noa’h.

         5- La manne du désert.

         6- Le bâton de Moshé.

         7- Le chamir, un ver qui fendait les roches et même le diamant.

         8 – L’écriture biface des tables de la Thora qui rendait la lecture possible des deux côtés.

         9- L’index qui montrait la lecture des 10 paroles sur les tables de la Thora.

         10- Les blocs de pierre translucide des tables de 54 cm X 54 cm  et de 27 cm d’épaisseur.

Balaq et Bil’am finissent par se rencontrer. Balaq est impatient de voir le prophète qu’il a engagé maudire Israël :

Balaq dit à Balaam : Ne t’avais–je pas fait appeler ? Pourquoi n’es–tu pas venu me voir plus tôt ? Nombres 22:37

L’astrologie a révélé à Balaq que le moment était propice. En effet l’efficacité des malédictions des devins et sorciers astrologues de Babylone se basait sur la faculté de discerner à l’aide de pratiques occultes les temps défavorables pour leurs victimes. Ils prononçaient alors leur malédiction dans ce qu’ils interprétaient comme un temps de colère de Dieu.

Nous verrons à la fin de la Paracha que la prédiction de Balaq s’était avérée, hélas, exacte, puisque 24 000 hommes périront suite au péché de luxure.

Balaq fait changer Bil’am de lieu pour l’observation des Tribus d’Israël,  et, à chaque fois, ce lieu est sous les hospices d’une divinité différente afin que son prophète puisse déceler une faille spirituelle chez l’ennemi.

Dans son message d’invitation envoyé par ses messagers, Balaq dit à Bil’am:

car je sais que celui que tu bénis est béni, et que celui que tu maudis est maudit. Nombres 22:6

Il reprend en la déformant et en inversant le sens, la bénédiction attribuée à Avraham :

Je bénirai ceux qui te béniront, je maudirai celui qui te maudira. Tous les clans de la terre se béniront par toi. Genèse 12:3

Dès son arrivée, Bil’am avait averti qu’il ne pourrait pas forcer la volonté du Dieu d’Israël :

Balaam dit à Balaq : Maintenant que je suis venu te voir, serai–je capable de dire quoi que ce soit ? Je dirai la parole que Dieu mettra dans ma bouche ! Nombres 22:38.

Mais il va essayer d’exercer son mauvais oeil, son ayine hara  apparenté à la convoitise et à la jalousie. Certains commentaires expliquent même que Bil’am était borgne et que son œil valide déversait du venin sur ce qu’il regardait. Le ayine hara suscite la lachone hara, mauvaise langue qui a un pouvoir certain.

Bil’am va justement utiliser son mauvais œil pour frapper le peuple d’Israël, mais, la volonté de Dieu étant souveraine, les paroles prononcées par le sorcier se transformeront en paroles de bénédiction éternelles…

Israël est racheté de la malédiction :

Comment vouerais–je à la malédiction celui que Dieu n’a pas voué à la malédiction ? Comment répandrais–je la fureur quand le Seigneur n’est pas en fureur ? Nombre 23:8

Israël est mis à part :

Je le vois du sommet des rochers, je le contemple depuis les collines : c’est un peuple qui a sa demeure à part, et qui n’est pas compté parmi les nations. Qui peut compter la poussière de Jacob et dire le nombre des nuées d’Israël ? Que je meure de la mort des gens droits, que ma fin soit semblable à la leur ! Nombre 23:9-10

Balaq, furieux emmène Bil’am vers un autre point d’observation. Rien n’y fait, Israël reste béni.

Dieu rappelle les prodiges qu’Il a faits pour les enfants d’Israël et s’annonce comme Roi Sauveur. Le Messie se profile à l’horizon. Balaq emmène cette fois Bil’am sur le mont du Péor c’est le troisième point d’observation spirituelle. Baal Péor était une des plus impures divinités de Canaan dont les pratiques sexuelles et occultes envoûtaient ses adeptes.

Une troisième fois, Bil’am fait construire sept autels et immole un taureau et un bélier sur chacun d’entre eux. N’ayant pas perdu un degré de son orgueil spirituel,  il déclame qu’il est l’homme clairvoyant qui entend le Verbe divin. Cette fois, il se tourne vers le désert comme pour faire un rappel accusateur des péchés commis dans le désert par les enfants d’Israël, notamment celui du Veau d’or, en rapport avec le culte à Baal Péor. Mais une fois de plus D.ieu l’empêche de maudire.

Au contraire, une magnifique déclaration est mise dans la bouche du sorcier :

מַה-טֹּבוּ אֹהָלֶיךָ יַעֲקֹב מִשְׁכְּנֹתֶיךָ יִשְׂרָאֵל

Qu’elles sont belles, tes tentes, Yaakov, tes demeures, Israël !

Nombres 24:7

D.ieu aime voir Son peuple étudier Sa Thora. Cette troisième prophétie se termine cette fois,  par la version non déformée de la bénédiction faite à Avraham :

Je bénirai ceux qui te béniront, je maudirai celui qui te maudira.

Genèse 12:3

A bout de nerfs, le roi de Moab demande à Bil’am de rentrer chez lui, mais avant de partir celui-ci, encore sous l’onction de D.ieu, lui adresse une parole de portée prophétique, grandiose annonçant la venue certaine du Messie glorieux et Sa victoire sur tous les fils impies de Seth, descendants d’Adam : [1]

Je le vois mais ce n’est pas maintenant. Je le contemple mais ce n’est pas de près. Un astre sort de Yaakov, un sceptre s’élève d’Israël. Il fracasse les tempes de Moab et le crâne de tous les fils de Seth. Nombres 24:17

Cette prophétie va clôturer les tentatives de malédiction des deux sorciers. Israël restera béni.
Malheureusement, alors que la malédiction sans cause n’a pas d’effet, un des « postes d’observation spirituels », révèlera une faille dans le peuple d’Israël. Cette faille entraînera la mort de 24000 hommes dans le camp. Bil’am, par son « mauvais œil », avait discerné comment amener le peuple à sortir de la protection divine : des jeunes femmes vouées au culte de Baal Péor sont envoyées  avec les paroles nécessaires pour faire chuter les témoins de D.ieu… La colère divine va se déclencher  cette fois contre Son peuple…  Mais dans Sa grâce Il Se conserve toujours un « reste », zélé pour le témoignage : Pin’has va reprendre le flambeau et purifier le peuple… 

Orah Sofer, Guide touristique licenciée
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[1]Meam Loez Nombres II p.183

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Paracha de la semaine : Kora’h

Posted on 06 juin 2013 by Administrateur

Le  3 Tamouz 5754 résonne dans notre esprit comme un jour fort qui ne laisse personne insensible. C’est le jour où le Rabbi nous a quittés physiquement, il y a 19 ans. Un jour que l’esprit ne parvient pas à appréhender, une Hiloula différente de la Hiloula de tous les autres Tsadikim, parce que le septième Rabbi et la septième génération de ‘Habad n’ont pas achevé leur mission …
La  paracha de la semaine nous raconte que Kora’h et son assemblée sont venus avec plusieurs arguments afin de soulever une révolte et contrer Moché Rabbénou. Le Midrach raconte qu’un argument était ‘est-ce qu’une maison pleine de livres de Torah est soumise à l’obligation d’avoir des mézouza à ses portes’ quel est le rapport entre cet argument et la prêtrise que contestait Korah’.

קֹרַח

Kora’h

 Nombres 16:1-18: fin, La révolte de Kora’h, la verge d’Aaron, les droits des Cohanim et des Lévites

Haphtara: I Samuel 11:14-12:22 : choix d’un roi 

      Et Coré קֹרַח, fils de Jitsehar, fils de Kehath, fils de Lévi, s’éleva dans son esprit, et Dathan et Abiram, fils d’Eliab, et On, fils de Péleth, qui étaient fils de Ruben… Nombres 16:1

Qu’est-ce qui a bien pu susciter une telle révolte ? Certains situent cet épisode avant le péché des explorateurs, après celui de Myriam, et d’autres avant.

Arrivés au désert de Paran, « ce grand et affreux désert, où il y a des serpents brûlants et des scorpions, dans des lieux arides et sans eau… »[1] après avoir été brûlés par le feu à Tabhéra[2], et après le verdict faisant suite au péché des explorateurs, le murmure et le refus d’accepter la correction s’installent. La rébellion et le blasphème éclatent, le bien et le mal sont mélangés :

Est–ce peu de chose que tu nous aies fait monter hors d’un pays ruisselant de lait et de miel, pour nous faire mourir dans le désert, que tu te fasses absolument dominateur sur nous ? Certes tu ne nous as pas introduits dans un pays ruisselant de lait et de miel, et tu ne nous as pas donné un héritage de champs et de vignes ! Veux–tu crever les yeux de ces gens ? Nous ne monterons pas. Nombres 16:13-14

Le refus de reconnaître ses torts, et accepter de plein gré la correction, peut conduire à un état pire : celui d’intervertir la terre de l’exil avec celle des bénédictions.

Nous trouvons dans cette révolte trois meneurs : Qora’h, Dathan et Aviram. Ces trois chefs sont originaires des tribus de Lévi et de Ruben, tribus qui avaient toujours été liés à la direction de la nation : Ruben, en vertu de son droit d’aînesse et Lévi de par sa prêtrise. Suite à sa faute, Ruben, qui était monté sur la couche de son père Yaakov, perdit son droit d’aînesse en tant que premier né. Les Lévites, suite au péché du Veau d’or, avaient été choisis à la place des premiers nés : Et l’Eternel parla à Moshé, disant,  Et moi, voici, j’ai pris les Lévites du milieu des fils d’Israël, à la place de tout premier–né d’entre les fils d’Israël qui ouvre la matrice ; et les Lévites seront à moi. Nombres 3:11-12

La sacrificature royale fût donnée à Aaron. Qora’h, cousin de celui-ci, en éprouvait de la jalousie.

De quelle nature était la contestation en fait ? Nous allons voir qu’en dépit des noms associés de Qora’h, Dathan et Aviram, leurs revendications étaient différentes.

Un premier groupe constitué de Qora’h et de 250 hommes viennent devant Moshé et Aaron :

Et ils s’attroupèrent contre Moshé et contre Aaron, et leur dirent, C’en est assez ! Car toute l’assemblée, eux tous sont saints, et l’Eternel est au milieu d’eux ; et pourquoi vous élevez–vous au–dessus de la congrégation de l’Eternel ? Et Moshé l’entendit, et tomba sur sa face ; et il parla à Coré et à toute son assemblée, disant, Demain, l’Eternel fera connaître qui est à lui, et qui est saint, et il le fera approcher de lui ; et celui qu’il a choisi, il le fera approcher de lui.  Faites ceci, Prenez des encensoirs, Coré et toute son assemblée ; et demain, mettez–y du feu et placez de l’encens dessus, devant l’Eternel ; et il arrivera que l’homme que l’Éternel aura choisi, celui–là sera saint. C’en est assez, fils de Lévi ! Nombres 16:3-7 

Dathan et Aviram étaient de la tribu de Ruben, non pas de Lévi, Moshé s’adresse à Qora’h, nous retrouverons Dathan et Aviram plus loin dans un autre endroit du campement. En examinant le test que Moshé veut faire subir à Qora’h (celui d’offrir l’encens devant HaShem), nous comprenons qu’il s’agit en fait de savoir qui a le droit de s’approcher de D.ieu.

En effet, Qora’h contestait la première place devant l’Eternel. Il convoitait, peut-être mû par un réel désir de servir D.ieu d’ailleurs, mais selon ses propres voies, la place d’Aaron, le grand sacrificateur :

Est–ce peu de chose pour vous que le Dieu d’Israël vous ait séparés de l’assemblée d’Israël, en vous faisant approcher de lui pour faire le service du tabernacle de l’Eternel, et pour vous tenir devant l’assemblée afin de la servir, –qu’il t’ait fait approcher, toi et tous tes frères, les fils de Lévi, avec toi, …que vous recherchiez aussi la sacrificature ?  C’est pourquoi, toi et toute ton assemblée, vous vous êtes rassemblés contre l’Eternel ; et Aaron, qui est–il, que vous murmuriez contre lui ? Nombres 16:9-10

D’après Qora’h tous les enfants d’Israël étaient« saints » et pouvaient donc s’approcher de l’Eternel.

A quel moment et par qui l’encens était-il offert ? Par le Cohen Gadol, le grand sacrificateur dans le Saint des saints à Yom Kippour pour le pardon des péchés du peuple :

Et Aaron présentera le taureau du sacrifice pour le péché, qui est pour lui–même, et fera propitiation pour lui–même et pour sa maison ; et il égorgera le taureau du sacrifice pour le péché, qui est pour lui–même ;  puis il prendra plein un encensoir de charbons de feu, de dessus l’autel qui est devant l’Eternel, et plein ses paumes d’encens de drogues odoriférantes pulvérisées, et il les apportera au dedans du voile ;  et il mettra l’encens sur le feu, devant l’Eternel, pour que la nuée de l’encens couvre le propitiatoire qui est sur le témoignage, afin qu’il ne meure pas. Lévitique 16:11-13

C’était une prérogative réservée au Cohen Gadol. Qora’h avait-il oublié l’histoire de Nadav et Avihou qui avaient offert un feu étranger devant l’Eternel ? Qora’h visait la position de Cohen Gadol en attaquant Aaron !

Moshé, va se jeter à terre, entrevoyant prophétiquement les conséquences terribles de cet acte d’orgueil et de rébellion.

Mais il y avait plus encore.  Ce n’était pas seulement l’onction et l’autorité de Grand prêtre qui était contestée, mais comme la suite de l’histoire l’enseigne, celle de La Parole de D.ieu et l’onction de roi au travers de Moshé.

Un deuxième groupe entre en action, celui de Dathan et Aviram qui sont dans un autre endroit du campement (dans la tribu de Ruben) et dont il n’est pas du tout dans l’intention de passer le test de l’encens :

Et Moshé envoya appeler Dathan et Abiram, fils d’Eliab ; mais ils dirent, Nous ne monterons pas. Nombres 16:12

Cette fois ce n’est pas la sacrificature d’Aaron qu’ils rejettent, mais l’autorité de Moshé :

Est–ce peu de chose que tu nous aies fait monter hors d’un pays ruisselant de lait et de miel, pour nous faire mourir dans le désert, que tu te fasses absolument dominateur, tistarer, du mot sar, prince תִשְׂתָּרֵר, sur nous ? Nombres 16:13

Puis la promesse de la Terre Promise est bafouée, le doute est instillé, faisant écho au persiflage diabolique dans le Gan Eden :

Certes tu ne nous as pas introduits dans un pays ruisselant de lait et de miel, et tu ne nous as pas donné un héritage de champs et de vignes ! Veux–tu crever les yeux de ces gens ? Nous ne monterons pas.

 Nombres 16:14

Moshé avait reçu l’onction de roi, chargé de conduire le peuple d’Israël en Terre Promise, et il représentait la Thora, la Parole de D.ieu :

Moshé nous a commandé une Thora, héritage de la congrégation de Jacob ; et il a été roi en Jeshurun, quand les chefs du peuple se réunirent ensemble avec les tribus d’Israël. Deutéronome 33:4-5

La colère divine se manifesta devant cette double usurpation. La terre s’ouvrit, engloutissant ceux qui contestaient l’autorité divine, et le feu purificateur consuma ceux qui convoitaient la sacrificature. Qora’h quant à lui, initiateur des deux groupes, aurait reçu les deux châtiments, à la fois consumé et avalé.

Le peuple va continuer à murmurer et le rôle d’Aaron va prendre de nouveau toute son importance aux yeux de tous. Il prendra l’encensoir et s’interposera littéralement entre les morts et les vivants. Quatorze mille sept cents morts de plus… Un lourd prix à payer pour un manque de foi.

Le chapitre 17 nous confirme le choix de D.ieu avec l’épisode de la verge d’Aaron. Le Midrash nous donne une indication intéressante sur cette verge, signe de l’autorité du Messie. Ce bâton serait celui qu’emporta Yéhouda, celui que prit Moshé en Egypte, celui avec lequel Aaron opéra des miracles devant Pharaon, enfin celui avec lequel David partit combattre Goliath. Il demeura en la possession des rois jusqu’à la destruction du Temple et réapparaîtra dans les mains du Messie à la fin des temps.

Le sceptre ne se retirera point de Yéhouda, ni un législateur d’entre ses pieds, jusqu’à ce que Shilo vienne ; et à lui sera l’obéissance des peuples. Genèse 49:10

La mission éminemment sainte de Moshé, consistant à approcher pour nous le D.ieu de sainteté, est mise en évidence par le mot amande, cheked, שקד qui inverti, donne le mot kadoch, קדש. Aucune portion de territoire n’était accordée aux serviteurs de l’Eternel, les Lévites,  car Le servir devait être la source ultime de bénédictions et un témoignage aux yeux du monde.

De 33:10 Ils enseigneront tes ordonnances à Yaakov et ta Thora à Israël ; ils mettront l’encens sous tes narines et l’holocauste sur ton autel.

Qui est riche : celui qui se satisfait de son lot. Avot 4 

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[1] Deutéronome 8:15

[2] Nombres 11:1-3

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Paracha de la semaine : Chela’h Lekha

Posted on 30 mai 2013 by Administrateur

שְׁלַח-לְךָ

Chela’h Lekha

 Nombres 13:1-15:fin : Les explorateurs ; rappel des sacrifices, port des tsitsit

Haphtara: Josué 2 : les deux espions

       Et l’Eternel parla à Moshé, disant, Envoie pour toi, chela’h lekha, שְׁלַח-לְךָ  des hommes, et ils reconnaîtront le pays de Canaan que je donne aux fils d’Israël ; vous enverrez un homme pour chaque tribu de ses pères, tous des princes parmi eux. Nombres 13:1 (13–2)

Les voilà sur le point d’entrer en Terre Promise. Moshé envoie douze hommes pour partir espionner la terre de Canaan. Bien qu’il soit communément fait référence à ces douze envoyés en tant qu’espions, nous allons voir qu’en fait leur exploration n’était pas faite dans un but militaire mais plutôt dans un but spirituel: celui d’aller sonder les profondeurs du Pays promis.

Si nous comparons cette portion de la Thora avec la Haphtara qui lui est reliée (Josué 2), où il est également fait référence à l’envoi d’espions, nous voyons une différence entre ces deux missions.

Les espions de Moshé étaient au nombre de douze, tous nommés expressément, envoyés à la vue de tout le peuple. Ceux de Josué n’étaient que deux, et leurs noms ne nous sont pas connus, ils étaient envoyés secrètement. (Josué 2:1)

Les douze espions revinrent en portant des fruits énormes, ce qui n’est pas forcément une façon discrète de circuler, et ils rendirent leur rapport devant le peuple tout entier, alors que ceux de Josué firent leur rapport discrètement à Josué uniquement. (Josué 2:23)

Les deux espions de Josué étaient de vrais espions, envoyés pour observer les points faibles des ennemis dans le but d’attaquer le pays pour le conquérir. Les douze envoyés de Moshé avaient une mission différente : celle de sonder, latour en hébreu, véyatourou וְיָתֻרוּ le pays et de voir si il était digne d’être conquis.
Et l’Eternel parla à Moshé, disant, Envoie pour toi, chelah’ lekha, שְׁלַח-לְךָ  des hommes, et ils reconnaîtront,  véyatourou וְיָתֻרוּ le pays de Canaan que je donne aux fils d’Israël ; vous enverrez un homme pour chaque tribu de ses pères, tous des princes parmi eux. Nombres 13:1 (13–2)

Ce mot signifie aussi observer, chercher, partir en reconnaissance, examiner, suivre, montrer la bonne voie.

L’exploration des douze hommes portait sur la nature du pays et de ses habitants (Nombres 13:17-20) ; il fallait déterminer s’il était bon ou mauvais, si son sol était fertile, s’il possédait des arbres,  si son peuple était fort et si les villes étaient fortifiées ou pas.

Pourquoi les espions se posaient-ils ces questions ? Le pays que leur avait promis l’Eternel n’était-il pas assez bon ?

En effet, le titre même de la Paracha nous révèle l’état de cœur du peuple : Chela’h lekha, שְׁלַח-לְךָ : littéralement envoie pour toi-même.

Ces mots trouvèrent leur écho dans le cœur de Moshé lui rappelant les mots que D.ieu avait donnés à Avraham des siècles auparavant alors qu’il s’apprêtait à quitter sa patrie pour partir vers la Terre Promise :

Et l’Eternel avait dit à Avram, Va–t’en de ton pays, lekh lekha לֶךְ-לְךָ et de ta parenté, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai. Genèse 12:1

Avraham était aussi parti « chercher pour lui-même » ce pays de la Promesse, mais à la différence des espions, Avraham crut et par sa foi, devint source de bénédictions pour toutes les familles de la terre.

En route pour une mission prophétique, il avait été appelé par D.ieu pour faire connaître Son Nom dans un monde profondément païen et occulte. Son rôle était de poser les bases de la nation juive.

Avraham avait réussi sa mission et avait contemplé de loin la cité parfaite, Jérusalem. Mais les explorateurs, envoyés pour une sainte mission, faillirent à leur tâche, et entraînèrent le peuple dans une errance de 40 années.

Le mot hébreu pour espion est meragel, מרגל. Le mot saint, kadoch קדוש a une valeur numérique de 410. La façon la plus simple d’écrire 410 en lettres hébreu est d’utiliser le tav ת (400) et le youd י (10). Quand on ajoute les lettres tav et youd au mot meragel, espion, on obtient un nouveau mot : margalit מרגלית. Ce mot signifie : perle.

Ces « espions », les représentants des Tribus d’Israël, devaient être semblables à des perles parties à la recherche d’une autre perle : celle du Royaume de D.ieu. Mais, ayant refusé la mission, ils furent entraînés par leur péché d’incrédulité. Ils souillèrent la Terre promise par l’exagération et la médisance qu’ils proférèrent à son encontre :

« C’est une terre où coulent le lait et le miel MAIS c’est une terre qui dévore ses habitants » :

Et ils décrièrent devant les fils d’Israël le pays qu’ils avaient reconnu, disant, Le pays par lequel nous avons passé pour le reconnaître est un pays qui dévore ses habitants, et tout le peuple que nous y avons vu est de haute stature. Nombres 13:32  (13–33)

Et pourquoi l’Eternel nous fait–il venir dans ce pays, pour y tomber par l’épée, pour que nos femmes et nos petits enfants deviennent une proie ? Ne serait–il pas bon pour nous de retourner en Egypte ? Et ils se dirent l’un à l’autre, Etablissons un chef, et retournons en Egypte.

Nombres 14:3-4

Le peuple rejeta en bloc sa vocation ce jour-là, et la rébellion éclata dans le camp. Ils furent condamnés à errer 40 ans, une année pour chaque jour de rébellion.

La tradition juive donne pour date de ce mauvais rapport, le 9 du mois de Av, Ticha Bé’av 1312.

Ce jour restera un jour de deuil pour le peuple juif dans son histoire et de nombreux évènements se produiront ce même jour, rappelant au peuple juif la terrible conséquence de leur refus à rentrer dans l’héritage promis afin de glorifier Son Nom.

Le 9 Av :

-         Nabuchodonosor détruisit le premier Temple, des milliers de juifs furent massacrés et les autres exilés (586 av).

-         Titus, l’empereur romain, détruisit le second Temple. Deux millions de juifs furent massacrés et un million exilés (70 av).

-         L’empereur romain Hadrien écrasa la révolte de Bar Kochba et la ville de Bétar fut prise, des milliers de juifs furent massacrés (135 après).

-         Le général romain Turnus rasa le Temple et ses environs et rebaptisa Jérusalem Aelia Capitolina, les juifs y furent interdis d’accès.

-         La première croisade fut déclarée par le pape Urbain II. Des dizaines de communautés juives furent décimées.

-         Suite à l’inquisition espagnole, les juifs furent expulsés le 9 Av 1492. Christophe Colomb, probablement juif, prit la mer pour le Nouveau Monde en ce jour.

-         La première Guerre mondiale éclata le 9 Av, suite à la déclaration de guerre de la Russie à l’Allemagne, posant les bases de la seconde Guerre mondiale et de la Shoah résultant au massacre de plusieurs millions de juifs.

-         La déportation des juifs du ghetto de Varsovie débuta aussi un 9 Av.

Triste constat de l’incrédulité du peuple…

D.ieu avait préparé un lieu de repos pour Son peuple, et nous retrouvons ce concept dans la Paracha de la semaine dernière :

Et ils partirent de la montagne de l’Eternel, le chemin de trois jours ; et l’arche de l’alliance de l’Eternel alla devant eux, le chemin de trois jours, pour leur chercher, latour  לָתוּר un lieu de repos. Nombres 10:33

Nous retrouvons le mot latour du début de notre Paracha, D.ieu avait prévu de mener Son peuple vers Son repos. Mais le temps n’était pas encore venu et ils ne purent y entrer à cause de leur incrédulité qui les mena à la médisance, au mensonge devant la réalité des géants, et à la rébellion.

Car tous ces hommes qui ont vu ma gloire, et mes signes, que j’ai faits en Egypte et dans le désert, et qui m’ont tenté ces dix fois, et qui n’ont pas écouté ma voix ; s’ils voient le pays que j’avais promis par serment à leurs pères ! Aucun de ceux qui m’ont méprisé ne le verra.

Nombres 14:22-23

Le chapitre 15 nous parle des péchés commis par erreur et des sacrifices à apporter. Un seul péché n’était pas pardonné, c’était celui commis avec la volonté délibérée de profaner le Nom de D.ieu, de se détourner volontairement de Lui :

Mais l’âme qui aura péché par fierté, la main levée contre D.ieu, tant l’Israélite de naissance que l’étranger, elle a outragé l’Eternel, cette âme sera retranchée du milieu de son peuple, car elle a méprisé la parole de l’Eternel, et elle a enfreint son commandement, cette âme sera certainement retranchée ; son iniquité est sur elle.  Et comme les fils d’Israël étaient au désert, ils trouvèrent un homme qui ramassait du bois le jour du sabbat. Nombres 15:30-32

Et toute l’assemblée le mena hors du camp, et ils le lapidèrent avec des pierres, et il mourut, comme l’Eternel l’avait commandé à Moshé.

Nombres 15:36

Enfin, le chapitre se termine par le commandement de surveiller nos yeux et nos cœurs par le port des tsitsit :

Parle aux fils d’Israël, et dis–leur qu’ils se fassent, en leurs générations, une houppe aux coins de leurs vêtements, et qu’ils mettent à la houppe du coin un cordon de bleu.  Et elle sera pour vous une houppe, tsitsit צִיצִת ; et vous la verrez, et il vous souviendra de tous les commandements de l’Eternel, afin que vous les fassiez, et que vous ne recherchiez, vélo tatourou וְלֹא-תָתוּרוּ  pas les pensées de votre cœur, ni les désirs de vos yeux, après lesquels vous vous prostituez ; afin que vous vous souveniez de tous mes commandements, et que vous les fassiez, et que vous soyez saints, consacrés à votre Dieu.  Moi, je suis l’Eternel, votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Egypte pour être votre Dieu. Moi, je suis l’Éternel, votre Dieu. Nombres 15:38-41

De nouveau, le mot du début de notre Paracha est repris, le verbe latour, explorer, suivre…et cette fois HaShem nous met en garde de ne pas nous tromper de cible dans notre recherche. Il est question de chercher le Royaume d’En-Haut. Nous devons garder notre cœur, de qui sont les issues, les résultats de notre vie :

Garde ton cœur plus que tout ce que l’on garde, car de lui sont les issues de la vie. Proverbes 4:23

Afin de pouvoir vivre pleinement  en Terre Promise, explorer tous ses trésors, manger de ses fruits succulents et jouir de Son repos, Il nous a donné la clé : la Thora :

Mon fils, n’oublie pas Ma Thora, et que ton cœur garde mes commandements, mitsvotaï. Proverbes 3:1

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Guide certifiée à Ir David et à l’Institut du Temple

 (972) 054-207313

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Paracha Nasso !

Posted on 17 mai 2013 by Administrateur

 Nasso

Nombres 4:21-7:fin : La femme soupçonnée, le naziréat, la bénédiction sacerdotale et les offrandes des princes

Haphtara : Juges 13:2-25 : Samson

Et l’Eternel parla à Moshé, disant, Relève, nasso נָשֹׂא aussi la somme des fils de Guershon, selon leurs maisons de pères, selon leurs familles. Nombres 4:21-22

Nous avons vu que le thème principal du livre de Bemidbar (Nombres) était l’ordre, l’organisation d’une armée pour Hashem. Cette armée était organisée dans le désert autour du Michkan qui était le centre vital et la source de l’appel et de l’identité de chacune des tribus.

C’est toujours dans cette optique que les différents thèmes de pureté et d’impureté sont abordés dans notre Paracha, avec une ascension dans le degré de sainteté pour atteindre le but final : l’union avec D.ieu.

Tout d’abord, la première des choses était d’exclure du camp les impurs ne répondant pas aux critères de sainteté de chacun des trois camps (5 :1-4). N’oublions pas que la condition d’enrôlement dans l’armée de D.ieu était une fidélité et une obéissance totale aux commandements de Sa Thora.

Les trois camps correspondaient à trois degrés de pureté spirituelle.

Celui du centre abritait la Shekhina. Le Michkan est associé au Temple de Jérusalem dans lequel aucune personne contaminée par un cadavre ne pouvait entrer. La mort, résultante du péché comme nous l’avons vu précédemment, est contraire à la Vie et n’a pas sa place dans le Temple, ni dans le Michkan.

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Paracha de la semaine : Behar – Be’houkotaï

Posted on 02 mai 2013 by Administrateur

בְּהַר- בְּחֻקֹּתַי

Behar/ Be’houkotaï

Lévitique 25:1-fin du Livre : Les années sabbatiques et le Jubilé

  Et l’Eternel parla à Moshé, sur la montagne, behar בְּהַר de Sinaï… Lévitique 25:1

Nous abordons ici un des commandements les plus extraordinaires de toute la Thora. Il est lié directement au Mont Sinaï comme le précise le texte : Behar Sinaï.

Les commandements n’ont-ils pas tous été donnés au Mont Sinaï ? Oui bien sûr, mais ici D.ieu nous interpelle et veut nous montrer que celui-ci est précisément issu de Lui et dépasse tout entendement humain.

En effet ces commandements concernant la septième année de relâche, et au bout de sept cycles de sept années, le Jubilé, touchent directement à l’instinct de survie et à celui de propriété en nous donnant un enseignement profond sur la foi et la confiance en D.ieu.

Un parallèle est établi entre l’année de relâche (chemita), le Shabbat et avec le Jubilé (yovel). La Paracha se termine encore sur le commandement de ne pas se faire d’idoles et de respecter le Shabbat et le Temple.

La loi sur l’année de relâche ne serait entrée en vigueur qu’après la conquête de Canaan. La première chemita aurait été célébrée la vingt et unième année de l’entrée en Terre promise selon la Tradition.

Voici les principales directives concernant cette loi :

-         Durant cette septième année, toute propriété privée agricole était abolie. Les récoltes étaient mises à la disposition de tous, et même des animaux sauvages. Le propriétaire de la récolte pouvait s’en nourrir, n’en récolter que pour ses propres besoins et ne pas en vendre.

-         La terre était mise en jachère, c’était une année de repos. Les travaux agricoles étaient interdits.

-          Le peuple s’adonnait à la lecture et à l’étude de la Thora.

-         D.ieu s’engageait à pourvoir aux récoltes nécessaires pour nourrir Son peuple pendant les années de repos et les suivantes.

-          Ne pas respecter ces lois de chemita conduisait à l’exil.

-         A la fin de sept cycles de chemita, sept fois sept années, le yovel, Jubilé, était proclamé au son du chofar, le jour de Yom Kippour.

Ces lois nous parlent de la Rédemption finale. Examinons tout d’abord le parallèle entre la loi de chemita et le Shabbat :

Parle aux fils d’Israël, et dis–leur, Quand vous serez entrés dans le pays que je vous donne, le pays célébrera un sabbat à l’Eternel, Pendant six ans tu sèmeras ton champ, et pendant six ans tu tailleras ta vigne, et tu en recueilleras le rapport ; et la septième année, il y aura un sabbat de repos pour le pays, un sabbat consacré à l’Eternel, tu ne sèmeras pas ton champ, et tu ne tailleras pas ta vigne. Tu ne moissonneras pas ce qui vient de soi–même de ta moisson précédente, et tu ne vendangeras pas les grappes de ta vigne non taillée, ce sera une année de repos, ch’nat Shabbaton, שְׁנַת שַׁבָּתוֹן pour le pays. Et le sabbat du pays vous servira de nourriture, à toi, et à ton serviteur, et à ta servante, et à ton homme à gages et à ton hôte (étranger) qui séjournent chez toi, et à ton bétail et aux animaux qui seront dans ton pays, tout son rapport servira de nourriture. Lévitique 25:2-7

Le Ranbam enseigne qu’il existe trois types de Shabbat :

1. Le Shabbat hebdomadaire qui représente l’achèvement de tout travail physique. :

Et Dieu eut achevé au septième jour son œuvre qu’il fit ; et il se reposa au septième jour de toute son œuvre qu’il fit. Genèse 2:2

2. Le Shabbat de la chemita, qui se produit à la fin de chaque cycle de sept années. Cette chemita est un avant-goût de l’ère messianique. Elle représente la fin des temps lorsque D.ieu aura accompli Son plan et mené les hommes vers leur destinée finale.

3. Le troisième Shabbat est le Jubilé final, le retour à l’œuvre parfaite de la Création, le contact retrouvé entre D.ieu et la Création.  Cette année de repos est appelée Shabbat à l’Eternel et son produit sert de nourriture au peuple. Le Shabbat est également appelé Shabbat à l’Eternel en Exode 20:10 : il est saint et tout travail est interdit.

Que ce soit ce jour de Shabbat ou cette année de Shabbat, toute notre subsistance dépend de D.ieu Qui pourvoit selon Sa bonté.

Dans le désert, la manne pouvait être recueillie chaque jour, excepté le Shabbat. Le fait de recevoir la manne quotidiennement, et non une fois par semaine, obligeait le peuple à tourner ses yeux vers D.ieu chaque matin. D.ieu voulait former Son peuple pour qu’il ait foi et confiance en Lui après toutes ces années d’esclavage en Egypte.

Il nous dit également que c’est alors que nous respectons Ses Shabbat qu’Il pourvoit et nous protège :

Et vous pratiquerez mes statuts, et vous garderez mes ordonnances, et vous les pratiquerez, et ainsi vous habiterez dans le pays en sécurité ; et le pays vous donnera son fruit, et vous mangerez à rassasiement, et vous l’habiterez en sécurité. Lévitique 25:18-19

La chemita nous enseigne quelle est la mesure de foi qu’Il demande : une confiance absolue qui dépasse tout raisonnement humain.

A l’heure actuelle, les gens ne sont plus liés à la terre comme ils l’étaient à l’époque. Mais à l’époque, un agriculteur (la majorité du peuple) devait abandonner tout droit de propriété, laisser sa terre ouverte à tout passant désireux de se rassasier et ne pas s’inquiéter de l’avenir.

Respecter les Shabbat de l’Eternel demande un abandon total entre Ses mains. Ne plus revendiquer ses droits mais accomplir ce commandement avec la joie d’obéir :

Exode 24 :7 Et il prit le livre de l’Alliance, dont il fit entendre la lecture au peuple et ils dirent: « Tout ce qu’a prononcé l’Éternel, nous l’exécuterons docilement. »

Nous entrons dans un vrai repos lorsque nos revendications sont mises en sourdine et quand notre foi peut se nourrir de Sa Paix. C’est dans le respect de Ses commandements que tous nos besoins sont comblés car Il prend soin de Son peuple :

Et si vous dites, Que mangerons–nous la septième année ; voici, nous ne semons pas, et nous ne recueillons pas nos produits ? Je commanderai que ma bénédiction soit sur vous en la sixième année, et elle donnera le produit de trois ans. Et vous sèmerez la huitième année et vous mangerez du vieux produit, jusqu’à la neuvième année ; jusqu’à ce que son produit soit venu, vous mangerez le vieux. Lévitique 25:20-22

Au bout de ce compte régulier de sept jours (Shabbat) puis de sept années (chemita) puis de sept fois sept années, vient le yovel, le Jubilé.

L’année du yovel, chacun rentrait dans la terre ancestrale qui lui avait été allouée lors du partage par Yéhoshua, après l’entrée en Terre promise.

Le yovel était caractérisé par trois obligations devant être respectées par la nation entière d’Israël :

-         La cessation de toute activité agricole, comme pour l’année de chemita. Toutes les quarante-neuf années la terre connaissait donc une double année de repos, un double Shabbat : celle de la chemita suivie de celle du yovel.

-         Tous les esclaves étaient libérés, même celui qui s’était volontairement vendu lui-même en se faisant percer l’oreille  (Paracha Michpatim). Ces deux Parachot sont d’ailleurs liées et toutes deux parlent de la liberté, dror :

Et, au septième mois, le dixième jour du mois, tu feras passer le son bruyant de la trompette, chofar ; le jour des propitiations, vous ferez passer la trompette par tout votre pays ; et vous sanctifierez l’année de l’an cinquantième, et vous publierez la liberté, dror, דְּרוֹר dans le pays à tous ses habitants, ce sera pour vous un jubilé ; vous retournerez chacun dans sa possession, et vous retournerez chacun à sa famille. Lévitique 25:9-10

Le mot dror, דְּרוֹר, a plusieurs significations. Il est, entre autre, utilisé pour parler de la Guéoula :

L’Esprit du Seigneur, l’Eternel, est sur moi, parce que l’Eternel m’a oint pour apporter de bonnes nouvelles aux débonnaires, il m’a envoyé pour panser ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la liberté, dror, דְּרוֹר et aux prisonniers l’ouverture de la prison.  Isaïe 61:1

Ce degré de liberté est directement liée aux commandements de ne pas léser son frère dans les transactions financières. D.ieu nous dévoile par-là que cette délivrance spirituelle est entre autre une délivrance des liens matériels et de la peur de manquer, un retour au statut de l’homme lors de la Création. La confiance est rétablie entre D.ieu et Sa créature. Adam ne travaillait pas dans le Gan Eden car D.ieu pourvoyait à tous ses besoins. Mais suite au péché, la malédiction est venue s’abattre sur lui et sur tous ses descendants et a entraîné cette lutte pour la survie, cette peur de manquer et ce désir exacerbé de possession.

La Thora nous le dévoile en commandant de faire retentir le chofar de la liberté et de la réconciliation, de la fin de l’esclavage et de la malédiction le jour de Yom Kippour, qui est aussi un Shabbat chabaton, שַׁבַּת שַׁבָּתוֹן

C’est un sabbat de repos, Shabbat chabaton, שַׁבַּת שַׁבָּתוֹן pour vous, et vous affligerez vos âmes. Le neuvième jour du mois, au soir, d’un soir à l’autre soir, vous célébrerez votre sabbat. Lévitique 23:32

Le Shabbat est appelé qadoch, saint, en raison de la Création et le yovel est aussi appelé qadoch mais cette fois, en raison de la libération des esclaves.

Le jour du Yom Kippour est doublement saint, Shabbat Shabbaton, car il accorde à la fois le pardon, la liberté des esclaves et la réconciliation avec D.ieu. Cette liberté se manifeste complètement quand l’amour divin est incarné au milieu de Son peuple, et que les différences, les inimitiés, les querelles et les rivalités disparaissent pour marcher ensemble vers un seul et même but :

Le servir et L’adorer sur la montagne !

Elle va même au-delà d’une simple bonne entente mais elle ordonne de s’occuper de son frère qui est dans la gêne :

Et si ton frère est devenu pauvre, et que sa main devienne tremblante à côté de toi, tu le soutiendras, étranger ou hôte, afin qu’il vive à côté de toi. Tu ne prendras de lui ni intérêt ni usure ; et tu craindras ton Dieu, afin que ton frère vive à côté de toi. Moi, je suis l’Eternel, votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Egypte pour vous donner le pays de Canaan, pour être votre Dieu.  Lévitique 25:35-38

Autrement dit : Ne permets pas à ton frère de tomber dans l’esclavage de la pauvreté alors que Je l’ai sorti d’Egypte pour en faire un homme libre !

Nous lisons également cette Paracha chaque année pendant le compte de l’Omer. Ce compte de l’Omer est une préparation à recevoir la Thora au Mont Sinaï au bout des sept semaines. Et ce n’est pas un hasard, car c’est le non-respect des commandements divins, le manque de foi et de confiance en D.ieu qui nous conduit entre autre dans la pauvreté et l’esclavage ainsi que nous le montre la succession des versets suivants :

-         Ce manque de foi nous conduit à transgresser les commandements (ici celui du respect de la chemita mais aussi donné en exemple pour nous enseigner) et on commence par vendre une partie de ses biens :

Et si vous vendez quelque chose à votre prochain, ou si vous achetez de la main de votre prochain, que nul ne fasse tort à son frère. Lévitique 25:14

-         Puis on vend son champ :

Si ton frère est devenu pauvre, et vend une partie de sa possession, alors que celui qui a le droit de rachat, son plus proche parent, vienne et rachète la chose vendue par son frère. Lévitique 25:25

-         Puis on vend sa maison :

Et si quelqu’un a vendu une maison d’habitation dans une ville murée, il aura son droit de rachat jusqu’à la fin de l’année de sa vente, son droit de rachat subsistera une année entière  Lévitique 25:29

-         On en vient à emprunter :

Et si ton frère est devenu pauvre, et que sa main devienne tremblante à côté de toi, tu le soutiendras, étranger ou hôte, afin qu’il vive à côté de toi. Lévitique 25:35

-         Pour finir en esclavage :

Et si un étranger ou un homme qui séjourne chez toi s’est enrichi, et que ton frère qui est à côté de lui soit devenu pauvre et se soit vendu à l’étranger qui séjourne chez toi, ou à un homme issu de la famille de l’étranger… Lévitique 25:47

La phase ultime, c’est l’exil. L’exil de la terre qui appartient à D.ieu et que nul n’a le droit de profaner, de diviser ou encore de donner. L’exil loin de Sa face et de Ses bontés, le désert d’une vie sans Mont Sinaï :

Et si avec cela vous ne m’écoutez pas, et que vous marchiez en opposition avec moi, je marcherai aussi en opposition avec vous, avec fureur, et je vous châtierai, moi aussi, sept fois plus, à cause de vos péchés. Lévitique 26:27-28

Le jour où la Thora a été donnée, le son du chofar a retenti et ce son particulier, en ce jour particulier, porte le même nom que le jour particulier du Jubilé, yovel :

Quand le cor sonnera longuement, yovel, יֹּבֵל, ils monteront vers la montagne. Exode 19:13

C’est à ce yovel, ce Jubilé, proclamé sur le Mont Sinaï qui est synonyme de Thora, que nous sommes appelés.

Alors l’Ere de repos, le vrai Shabbat sera alors complètement accompli, le retour à la perfection de l’œuvre de la Création atteint et le Sanctuaire révéré.

Le livre de Lévitique se conclut avec la Paracha Bé’houkotaï qui décrit les bénédictions et les malédictions encourues en cas de respect ou de non-respect de la Thora, et sur la valeur des vies humaines ou animales consacrées à D.ieu.

  Si vous marchez dans mes statuts, be’houkotaï ְּחֻקֹּתַי et si vous gardez mes commandements et les pratiquez… Lévitique 26:3

Le texte commence avec le mot im, אִם qui signifie « si » mais qui doit être compris ici dans le sens d’une requête plutôt que d’une condition.

En effet, D.ieu ne nous laisse pas le choix d’être obéissants ou pas, mais nous supplie de L’écouter afin d’être bénis. D’ailleurs ce « si », se transforme plus tard dans le livre de Deutéronome en « quand » vous mettrez en pratique Mes commandements :

Regarde, je mets aujourd’hui devant vous la bénédiction et la malédiction, la bénédiction, si (quand), acher אֲשֶׁר vous écoutez les commandements de l’Eternel, votre Dieu, que je vous commande aujourd’hui ; la malédiction, si, im אִם vous n’écoutez pas les commandements de l’Eternel, votre Dieu, et vous vous détournez du chemin que je vous commande aujourd’hui, pour aller après d’autres dieux, que vous n’avez pas connus. Deutéronome 11:26-28

Les traductions redonnent souvent mal le sens du texte original et nous devons fouiller la Parole pour découvrir les secrets de la langue hébreu.

Ce détail est important quand nous étudions la suite du texte qui nous parle des bénédictions. Ces bénédictions sont au nombre de 22 d’après un décompte traditionnel[1] :

אִם im, Si vous marchez dans mes statuts, et si vous gardez mes commandements et les pratiquez…

  1. Les pluies tomberont en leur saison
  2. La terre donnera son produit
  3. Les arbres donneront leurs fruits
  4. Le temps du fourrage atteindra la vendange et la vendange les semailles
  5. Vous mangerez votre pain à satiété
  6. Vous habiterez en sécurité dans le pays sans crainte
  7. Je ferai régner la paix dans le pays
  8. Vous vous coucherez sans crainte
  9. Les animaux nuisibles disparaîtront
  10. L’épée ne passera pas dans le pays
  11. Vous poursuivrez vos ennemis
  12. Les ennemis tomberont devant toi
  13. Cinq d’entre vous en poursuivront cent et cent une myriade
  14. Je me tournerai vers vous pour vous bénir
  15. Je vous rendrai féconds
  16. Je vous multiplierai
  17. Je maintiendrai Mon alliance avec vous
  18. Les anciennes récoltes feront place aux nouvelles
  19. J’établirai Mon Michkan au milieu de vous
  20. Mon âme ne vous prendra pas en horreur
  21. Je marcherai au milieu de vous
  22. Je serai pour vous un D.ieu, et vous serez pour Moi un peuple

Moi, je suis l’Eternel, votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Egypte, afin que vous ne fussiez pas leurs esclaves, j’ai brisé les liens de votre joug, et je vous ai fait marcher la tête levée, qomemiout, קוֹמְמִיּוּת Lévitique 26:13 

Vingt-deux bénédictions comme les vingt-deux lettres de l’alphabet hébreu, et d’ailleurs le passage relatant les bénédictions commence avec la lettre aleph א et se termine avec la lettre tav ת qui sont les premières et dernières lettres de l’alphabet.

Ces bénédictions sont l’expression de la plénitude des bénédictions que nous pouvons recevoir par notre obéissance au Créateur, Source de Vie :

Ainsi dit l’Eternel, le roi d’Israël, et son rédempteur, l’Eternel des armées, Je suis le premier, et je suis le dernier ; et hors moi il n’y a pas de Dieu. Esaïe 44:6

La Paracha Be’houkotaï, normalement lue avec la précédente, Behar, sauf dans les cas d’année bissextile, est également la 33ième Paracha de la Thora. Le chiffre 33 correspond donc aux lettres lamed, לet guimel ג et le mot ainsi formé est lag, לג. Ce mot lag quand il est lu à l’envers donne le mot gal, גל qui forme la racine du mot « révéler » comme dans le Psaume 119:118[2] :

Ouvre (révèle à mes yeux) gal, גַּל mes yeux, et je verrai les merveilles qui sont dans ta Thora. Psaumes 119:18

Le Roi David nous a donné un exemple par son zèle à sonder et méditer la Thora de D.ieu.

Ces bénédictions nous sont promises si nous mettons en pratique les mitsvot. « Je vous donnerai… »… ces mots sont mentionnés trois fois :

Je vous donnerai, natati, vos pluies en leur temps, et la terre donnera son rapport, et l’arbre des champs donnera son fruit. Lévitique 26:4

Et je donnerai, natati, la paix dans le pays ; et vous dormirez sans que  personne vous épouvante ; et je ferai disparaître du pays les bêtes mauvaises, et l’épée ne passera pas par votre pays. Lévitique 26:6

Et je mettrai (donnerai en hébreu) natati, mon tabernacle au milieu de vous, et mon âme ne vous aura pas en horreur ; Lévitique 26:11

 Trois promesses :

-Vos pluies, gichmekhem : גִשְׁמֵיכֶם

- La paix, shalom : שָׁלוֹם

- Mon Tabernacle, michkani : מִשְׁכָּנִי

Ces trois dons forment à eux trois le mot pluie gechem, גֶּשֶׁם (avec les initiales גשמ) et représentent trois degrés ascendants de sainteté :

  1. L’abondance matérielle qui enrichit et pourvoit à tous les besoins physiques, y compris le climat et la santé sur terre.
  2. La paix, entre les hommes et l’harmonie sur terre, le repos.
  3. Enfin la Présence divine au milieu de Son peuple, le but final et suprême de la Rédemption.[3]

Les malédictions de notre Paracha communément désignées sous le terme de tokha’ha, signifiant : « correction avertissement, châtiment », sont données dans le but de nous aider à tirer leçon des choses qui nous arrivent.

Cette correction est progressive, tout d’abord le manque de bénédictions matérielles qui nous empêchent de consacrer notre temps à Son service. Puis la paix disparaît progressivement pour finir par l’isolement, l’exil loin de Sa Face.

Au contraire, si nous obéissons à Ses commandements, Il nous promet de marcher au milieu de nous comme au Gan Eden :

…et je marcherai, vehit’halakhti וְהִתְהַלַּכְתִּי au milieu de vous ; et je serai votre Dieu, et vous serez mon peuple. Lévitique 26:12

Et ils entendirent la voix de l’Eternel Dieu qui se promenait mit’halekh מִתְהַלֵּךְ dans le jardin au frais du jour. Genèse 3:8

Enfin, le dernier chapitre du Livre de Lévitique termine en affirmant que toute offrande ou sacrifice consacré à l’Eternel ne peut pas être remplacé, même si il a un défaut car il est sanctifié :

On ne distinguera pas entre le bon et le mauvais, et on ne le changera pas ; et si on le change, la bête changée et celle qui la remplace seront saintes, elles ne seront pas rachetées. Lévitique 27:33

De même, Israël, prémices de l’Eternel,  a été sanctifié comme le dit le prophète Jérémie et ne pourra donc jamais être échangé ou remplacé par un autre peuple, quoi qu’il arrive.

Israël était saint à l’Eternel, les prémices de ses fruits. Tous ceux qui le dévorent sont coupables ; il viendra sur eux du mal, dit l’Eternel.

Jérémie 2:3

Am Yisrael ‘Hai!

חזק ! חזק ! ונתחזק !

Sois fort ! Sois fort ! Et puissions-nous être renforcés !

 

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[1] Baba batra 88b

[2] Rabbi Yitzchaq Ginsbourgh

[3]  idem

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La Paracha de la semaine : Emor

Posted on 25 avril 2013 by Administrateur

אֱמֹר

Emor 

Lévitique 21:1-24-fin : Les prêtres, les sacrifices, les fêtes

Et l’Eternel dit à Moshé, Parle, emor אֱמֹר aux sacrificateurs, fils d’Aaron, et dis–leur… Lévitique 21:1

Après les lois de sainteté et le commandement de s’aimer l’un l’autre, D.ieu nous donne ici des directives concernant les Cohanim et les conditions pour être dignes d’officier en Sa présence. Il est aussi question du respect des offrandes, du respect des fêtes, et des convocations saintes. Un parallèle est établi avec le blasphème de Son Nom. Nous allons étudier en partie ces instructions.

Il était interdit à un Cohen d’avoir un contact avec la mort. Nous avons vu, lors des précédentes études, que la mort était une source d’impureté rituelle, résultant du péché initial. La pensée biblique va à l’encontre de la mort. Le contraste est frappant avec les religions païennes qui vouaient un culte aux morts et faisaient de grandes cérémonies, de grands tombeaux, et des veilles incessantes autour d’un mort. Les serviteurs d’un Pharaon se faisaient enterrer vivants avec leur maître afin de pouvoir le servir dans l’au-delà. Mais D.ieu ne permet pas à Ses sacrificateurs d’avoir un quelconque contact avec la mort. Un prêtre ne doit pas enseigner comment mourir, mais comment vivre.[1]

Il ne pouvait assister qu’aux funérailles de son père, sa mère, frère, sœur encore célibataire, fils ou fille ou sa femme. Le Cohen Gadol, quant à lui, ne pouvait même pas assister aux funérailles de ses proches parents. En tant que représentant de la nation dans le Temple, il devait être prêt en tout temps à servir et devait uniquement se consacrer au service divin.

Ce commandement n’annule en rien le devoir d’honorer ses parents, mais il s ‘inscrit plutôt dans le cadre d’une obéissance et d’un dévouement absolus envers le Créateur.

Un Cohen était également limité dans le choix de son épouse. Il ne pouvait épouser une femme divorcée, ou une femme « interdite » c’est-à-dire ayant contracté des alliances interdites.  Ces lois sont d’ailleurs toujours en vigueur aujourd’hui. Le Cohen Gadol, quant à lui, ne pouvait épouser ni divorcée, ni veuve, ni prostituée. Seule une jeune vierge de la Maison d’Israël pouvait convenir.

En profanant sa descendance (21:15) au milieu du peuple, il affectait la pureté de tout son peuple d’après une interprétation traditionnelle. Rachi, quant à lui, nous dit que la descendance profanée perdait son statut et son droit d’être Cohen.

Le sacrifice devait être sans tâche ni défaut, parfait, D.ieu étant éminemment saint et digne de respect.

Le Cohen Gadol ne pouvait pas non plus sortir du Temple et servait en tous temps devant D.ieu Le seul cas d’exception était celui de la purification de la mort par les cendres de la vache rousse en Nombres 19 :

Et vous la donnerez à Eléazar, le sacrificateur, et il la mènera hors du camp, et on l’égorgera devant lui. Nombres 19:3

Et le sacrificateur lavera ses vêtements et lavera sa chair dans l’eau ; et après, il entrera dans le camp ; et le sacrificateur sera impur jusqu’au soir. Nombres 19:7

Dans ce cas précis, le Cohen Gadol se rendait lui-même impur pour purifier un israélite devenu impur au contact d’un cadavre. Un échange mystérieux entre la vie et la mort qui donnait accès au Temple.

Sur la tête du Cohen Gadol reposait le sacre, littéralement nazir, de l’huile d’onction. Il ne devait ni laisser pousser ses cheveux ni déchirer ses vêtements en aucun cas.

Le chapitre 22 nous parle de la sainteté requise de la part des Cohanim pour manger les offrandes du peuple. Un prêtre impur ne doit ni manger, ni offrir, ni manger des saintetés.

D.ieu nous a délivrés d’Egypte afin que nous honorions Son grand Nom. Le chapitre 23 enchaîne directement sur les Fêtes : après nous avoir délivrés, D.ieu nous convoque à certaines époques :

Le Roi veut rencontrer Son épouse !

Ce sont les fêtes, littéralement « temps de rencontre » de l’Eternel, moadei HaShem   מוֹעֲדֵי יְהוָה ou « appels à la sainteté », les mikraei kodech, מִקְרָאֵי קֹדֶשׁ

La première de ces saintes convocations : Shabbat, שַׁבַּת, point de départ pour rappeler la Création et la Sortie d’Egypte. C’est une convocation personnelle et hebdomadaire au sein de nos familles avec le Créateur, dans le repos de Sa Présence pour restaurer nos forces et nous abreuver à la Source d’En-Haut.

La seconde: Pessa’h  פֶּסַחl’appel de la délivrance et le début de la moisson. On offre les prémices de sa récolte à D.ieu avec le printemps, le renouveau spirituel : un nouveau départ avec le Rédempteur.

La troisième : la fête des Matsot, חַג הַמַּצּוֹת  le levain est ôté des maisons et des cœurs.

La quatrième, la gerbe balancée, l’Omer, עֹמֶר: symbole de la sanctification pendant les 7 semaines qui mènent à la réception de la Thora.

La cinquième (23:21), Chavouot, שָּׁבֻעוֹת, la réception de la Thora, le but de la Sortie d’Egypte, le couronnement d’Am Israël.

La sixième (23:24), Zikhron haTrouah, la fête des Trompettes זִכְרוֹן תְּרוּעָה, le jour solennel d’avertissement, le jour du jugement au son du chofar. Un temps pour faire le point.

La septième (23:27), Yom haKipourim, le Grand pardonיוֹם הַכִּפֻּרִים. Le pardon accordé et une préparation pour l’année à venir.

Enfin la huitième, ‘Hag HaSouccot,חַג הַסֻּכּוֹת  la Fête de la Joie où toutes les nations seront convoquées pour célébrer Son règne éternel.

Ces convocations prennent toute leur importance à la lumière du Roua’h HaKodech et le chapitre 24 enchaîne directement pour nous parler de l’huile de la Menora qui devait être sans cesse alimentée.

Cette Menora, image du Roua’h,  était placée en face des Pains de proposition, littéralement Pains de la face (de D.ieu). HaShem désire nous enseigner que c’est par l’action de Son Roua’h que nous pouvons découvrir les merveilles cachées dans Sa Thora, symbolisée par ces pains.

Le passage qui suit directement les instructions concernant les fêtes et la Menora, semble incongru à première vue et attire notre attention.

Ce passage est à mettre en relation avec celui de la Paracha où D.ieu demande que Son Nom ne soit pas profané (Lévitique 22:32) :

Et vous ne profanerez, te’halelou, תְחַלְּלוּ pas mon saint nom, mais je serai sanctifié au milieu des fils d’Israël, moi, je suis l’Eternel qui vous sanctifie.

Le mot profane en hébreu, h’alel, חלל s’apparente à un corps mort,

halal חָלָל

Quand on trouvera sur la terre que l’Eternel, ton Dieu, te donne pour la posséder, un homme tué halal, חָלָל étendu dans les champs. Deutéronome 21:1

Or un corps mort c’est un corps privé de son âme, vide. La profanation du Nom de D.ieu,  c’est un vide, l’absence de Sa présence. D.ieu nous demande de ne pas créer le vide de Sa présence sous peine de profanation. La prophétie de Zacharie (14:9) qui annonce que le Nom de l’Eternel sera Un, nous parle de l’Omniprésence de D.ieu sur terre. Chaque créature connaîtra Son Nom, rien ne sera laissé sans la connaissance de D.ieu[2].

Le blasphémateur de notre passage a maudit le Nom de D.ieu car son cœur était vide de Sa présence et les versets qui suivent enchaînent de suite avec les blessures causées à autrui.

Cet enchaînement suggère une conséquence et nous révèle que le non-respect des commandements divins, l’absence à l’appel aux convocations saintes et aux moments de rencontre, le manque d’étude de la Thora, créent un vide.

A partir de ce moment-là, la limite où nous risquons de faire du mal à notre prochain n’est plus bien loin et nous sommes près de transgresser le commandement d’aimer son frère. On commence par ne pas respecter les commandements, puis on fait du mal à son prochain, de façon consciente ou pas, et le pas est ensuite vite franchi pour le blasphème et la profanation du Nom sacré.

Dans la Haphtara liée à notre Paracha, le prophète Ezéchiel jette la lumière sur les Cohanim du futur Temple :

Mais les sacrificateurs, les Lévites, fils de Tsadok (Juste) qui ont fait l’acquit de la charge de mon sanctuaire, quand les fils d’Israël se sont égarés d’auprès de moi, eux s’approcheront de moi pour faire mon service, et se tiendront devant moi, pour me présenter la graisse et le sang, dit le Seigneur, l’Eternel. Ezékiel 44:15

Et ils instruiront mon peuple à distinguer entre ce qui est saint et ce qui est profane, et lui feront connaître la différence entre ce qui est impur et ce qui est pur. Ezékiel 44:23

Et, dans les contestations, ils se tiendront là pour juger ; ils jugeront par mes jugements, michpataï et ils garderont mes lois, Torataï et mes statuts, ‘houqotaï dans toutes mes convocations, fêtes, moadaï, et ils sanctifieront mes sabbats, shabtotaï. Ezékiel 44:24

Ces futurs Cohanim enseigneront à distinguer entre le profane et le saint, autrement dit, d’après l’enseignement de notre Paracha, entre l’absence de D.ieu et la plénitude de D.ieu en toutes choses. Ils seront revêtus de fin lin de justice.

Puissions-nous être dignes d’assister à la reconstruction du Temple de nos jours.
Amen.

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[1] Elie Munk, Vayikra, La voix de la Thora

[2] Rabbi Yitzchaq Ginsbourgh,

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Paracha A’haré mot/Qedochim

Posted on 17 avril 2013 by Administrateur

אַחֲרֵי מוֹת

קְדֹשִׁים

A’haré mot/Qedochim

 

Lévitique 16:1-20:fin : Yom Kippour et les unions illicites- Les lois de sainteté

Et l’Eternel parla à Moshé, après la mort, a’haré mot, אַחֲרֵי מוֹת

des deux fils d’Aaron, lorsque, s’étant approchés de l’Eternel, ils moururent… Lévitique 16:1

Cette Paracha regroupe les lois concernant le Jour de Yom Kippour et celle sur les unions illicites.

Gardons à l’esprit les enseignements des précédentes Parachiot avec les rapports entre la vie et la mort, la sainteté nécessaire pour comparaître devant le Créateur. Parce qu’ils avaient amené un feu étranger, les fils d’Aaron furent consumés sur le champ. L’Eternel indique alors à Aaron, les impératifs pour entrer dans Sa présence, dans le Kodech Hakodachim, le Saint des Saints.

Nous avons vu plus tôt que Nadav et Avihou n’avaient pas respecté le commandement de prendre les charbons de l’autel des sacrifices pour faire fumer l’encens. Ils avaient apporté un feu étranger. Or ce commandement exprimait l’image du sacrifice de nos passions charnelles consumées sur l’autel extérieur des sacrifices. C’est ce feu qui doit alimenter l’autel des parfums d’où l’expression de notre sanctification montera alors comme un parfum de bonne odeur devant le Trône de miséricorde.

Cette idée est une fois de plus renforcée par l’utilisation des mots « voile » et « propitiatoire » identiques dans la composition de leurs lettres :

Et l’Eternel dit à Moshé, Dis à Aaron, ton frère, qu’il n’entre pas en tout temps dans le lieu saint, au dedans du voile, paro’hetפָּרֹכֶת devant le propitiatoire, kaporet, כַּפֹּרֶת qui est sur l’arche, afin qu’il ne meure pas ; car j’apparais dans la nuée sur le propitiatoire. Lévitique 16:2

La racine du mot voile signifie « être brisé, en morceaux » et la racine du mot propitiatoire, « expier, pardonner ». Seul le chemin d’une véritable téchouva nous ouvre la porte de la miséricorde divine !

Les sacrifices de Dieu sont un esprit brisé. O Dieu ! Tu ne mépriseras pas un cœur brisé et humilié. Psaumes 51:17

Puis vient la loi concernant le bouc émissaire. Cette loi est encore une hoq, une loi irrationnelle. Deux boucs devaient être choisis. Le sort était jeté sur les boucs et l’un des deux était consacré en sacrifice d’expiation à l’Eternel. Le second, chargé des péchés du peuple, était envoyé à Azazel. Le choix est binaire et ne supporte aucun compromis :

Le chemin du Sanctuaire ou celui du désert et de la mort !

 Les deux boucs étaient identiques en âge, couleur et poids.

Et Aaron posera ses deux mains sur la tête du bouc vivant, et confessera sur lui toutes les iniquités, avonotamעֲו‍ֹנֹתָם des fils d’Israël et toutes leurs transgressions, selon tous leurs péchés ; il les mettra sur la tête du bouc, et l’enverra au désert par un homme qui se tiendra prêt pour cela ; et le bouc saïr שָּׂעִירportera sur lui toutes leurs iniquités dans une terre inhabitée; et l’homme laissera aller le bouc dans le désert. Lévitique 16:21-22

Les notions de jumeaux, et de boucs nous rappellent singulièrement l’histoire de Yaakov et Esav. Frères jumeaux, mais pourtant foncièrement opposés. L’un disposé pour la vocation spirituelle et l’appel divin, et l’autre pour la convoitise de la chair.

Tout d’abord, le nom bouc en hébreu, saïr, שָּׂעִירfait référence à Esav :
Et Yaakov dit à Rivka, sa mère, Voici, Esav, mon frère, est un homme velu, saïr, שָׂעִר et moi je suis un homme sans poil. Genèse 27:11

Le mot saïr signifie également « démon » comme dans Lévitique 17:7:

Et ils ne sacrifieront plus leurs sacrifices aux démons, séirim שְּׂעִירִם après lesquels ils se prostituent. Ceci sera pour eux un statut perpétuel, en leurs générations.

Dans notre verset cité plus haut, le terme « iniquité » avonotam, עֲו‍ֹנֹתָם peut-être coupé en deux parties, avono עונת et tam תם qui signifient respectivement « iniquités » et « innocent, entier ». Or le terme de tam  est employé pour décrire Yaakov en Genèse 25 :27[1] :

Et les enfants grandirent, et Esav était un homme habile à la chasse, un homme des champs ; et Yaakov était un homme simple, tam תָּם, qui habitait les tentes.

Le mot Azazel, d’après Rabbi Eliezer Haggadol, désigne les démons du désert et Ibn Ezra relie ce verset à celui de Lévitique 17:7 cité plus haut où il est justement question de sacrifices offerts aux démons.

La loi du bouc émissaire image le combat que nous devons mener contre notre yetser hara mais aussi le combat ancestral entre l’idéal juif et celui du monde.

Les lois suivantes sur l’immoralité nous enseignent quelles sont les unions interdites, et l’inceste est considéré comme une violation des lois de conservation des espèces de Genèse 1 :12, 21,25 ; 6 :20 ; 7 :14, la mère, la sœur, la tante devant rester des mères, sœurs, et tantes, et non pas devenir les épouses d’un membre de même parenté.

Le critère de sainteté devient le thème principal de la Paracha suivante.

Parle à toute l’assemblée des fils d’Israël, et dis–leur, Vous serez saints, qedochim, קְדֹשִׁים car moi, l’Eternel votre Dieu, je suis saint, qadoch קָדוֹשׁ Lévitique 19:2

Il est mis en relation avec l’amour de son prochain :

Tu aimeras ton prochain comme toi-même, Je suis HaShem !  Lévitique 19:18

וְאָהַבְתָּ לְרֵעֲךָ כָּמוֹךָ אֲנִי יְהוָה

 Le terme de Kadoch signifie d’après une interprétation de Rachi : Soyez séparés des unions interdites et du péché. Car tout endroit de la Thora où tu trouves une restriction à propos de l’immoralité, tu trouves la Sainteté : Lévitique 21:7 ; 21:15 ; 21:6. 

Notre objectif doit être la sainteté divine qui est caractérisée d’une façon parfaite et vers laquelle nous tendons : le mot kadoch, קָדוֹשׁ, utilisé pour D.ieu comporte une lettre de plus que celui employé pour les hommes : le vav : ו  קְדשִׁים. C’est à D.ieu qu’appartient la Sainteté absolue.

Les divers commandements de la Paracha sont également à mettre en parallèle avec les Dix commandements (Exode 20 : 2-17).[2] 

Première  Mitsva (commandement) : JE SUIS HACHEM TON DIEU

Je suis HaShem votre Dieu (19:3)

Deuxième  Mitsva : TU N’AURAS PAS D’AUTRES DIEUX

Ne vous fabriquerez pas des dieux en métal (19:4)

Troisième  Mitsva : TU NE PRONONCERAS PAS LE NOM DE TON DIEU EN VAIN

Tu ne jureras pas par Mon Nom en mentant (19:12)

Quatrième  Mitsva : SOUVIENS-TOI DU JOUR DE CHABBAT

Observez mes Shabbats (19:3)

Cinquième  Mitsva : HONORE TON PERE ET TA MERE

Vous craindrez chacun son père et sa mère (19:3)

Sixième  Mitsva : TU NE TUERAS PAS

Tu ne t’élèveras pas contre la vie de ton prochain. (19:16)

Septième  Mitsva : TU NE COMETTRAS PAS D’ADULTÈRE

…l’homme et la femme adultères seront certainement mis à mort (20:10)

Huitième mitsva : TU NE VOLERAS PAS

Vous ne volerez pas… (19:11)

Neuvième mitsva : TU NE PORTERAS PAS DE FAUX TEMOIGNAGE CONTRE TON PROCHAIN

Tu n’iras point ça et là médisant parmi ton peuple (19:16)

Dixième mitsva : TU NE CONVOITERAS PAS

Mais tu aimeras ton prochain comme toi–même (19:18)

L’obéissance passe par la circoncision du cœur, comme nous l’enseigne le commandement sur les fruits in-circoncis qu’il est interdit de consommer avant la quatrième année, à Jérusalem :

Et quand vous serez entrés dans le pays, et que vous y aurez planté toute sorte d’arbres dont on mange, vous en regardez le fruit comme incirconcis, (mot qui vient de orla, ערלה); il sera incirconcis pour vous pendant trois ans, on n’en mangera point. Et la quatrième année tout leur fruit sera une chose sainte à la louange de l’Eternel. Et la cinquième année vous mangerez leur fruit, afin qu’ils vous multiplient leur rapport. Moi, je suis l’Eternel, votre Dieu. Lévitique 19:23-25

La Tradition nous donne un enseignement très précis sur ce commandement concernant l’incirconcision et la sanctification[3]. Le mot orla, désigne le prépuce et s’emploie pour désigner l’incirconcision. Trois membres de notre corps ont besoin d’être circoncis :

Le cœur, l’oreille et nos lèvres :

Circoncisez, arlat  עָרְלַת, donc votre coeur, et ne roidissez plus votre cou ; Deutéronome 10:16

A qui parlerai–je, et qui avertirai–je, pour qu’ils entendent ? Voici, leur oreille est incirconcise, arla   עֲרֵלָה et ils ne peuvent prêter attention ; voici, la parole de l’Eternel est en opprobre parmi eux, ils n’y trouvent point de plaisir. Jérémie 6:10

Et Moshé parla devant l’Eternel, en disant, Voici, les fils d’Israël ne m’ont point écouté ; et comment le Pharaon m’écoutera–t–il, moi qui suis incirconcis, aral עֲרַל de lèvres ? Exode 6:12

 L’acte de circoncision s’effectue en deux opérations, la première est la milah, qui consiste à couper le prépuce, et la seconde est la priah qui consiste à ôter la membrane translucide, presque invisible, qui recouvre la peau.

La milah représente le péché évident et visible et la priah celui qui est caché dans les profondeurs du cœur.

La milah, image des trois couches primaires d’impureté, est assimilée aux trois années pendant lesquelles le fuit est défendu. Ce n’est qu’au bout de ces trois ans, stade premier de la sanctification, que le fruit peut être amené à Jérusalem pour être consommé devant l’Eternel. Cette quatrième année correspond à l’acte de priah, et c’est un temps de purification interne, où les profondeurs du cœur sont sondées sous les yeux de l’Eternel, « à Jérusalem ».

Cette quatrième année, le fruit est permis mais n’a pas encore atteint le stade de sainteté, il est encore soumis à vérification avant de pouvoir être ce fruit qui va être béni, va bénir et porter à son tour du fruit.

La  circoncision du cœur, des oreilles et de la langue s’effectue sur le modèle des deux étapes du processus de circoncision pour arriver au stade final de la sainteté et de la reconnaissance.

Le cœur, est tout d’abord purifié de toutes pensées impures manifestes : adultère, colère, haine, mauvaises pensées…C’est le premier stade de milah. Puis, les motivations profondes sont examinées, les pensées du cœur dévoilées. Nous prenons conscience qu’une téchouva est nécessaire : c’est le stade de la priah. Même processus pour les oreilles et la langue : nous devons progresser en fermant nos oreilles aux propos interdits et maîtriser notre langue.

La mort et la vie sont au pouvoir de la langue, et celui qui l’aime mangera de son fruit. Proverbes 18:21

C’est alors que nous pourrons consommer le fruit de la cinquième année, un fruit résultant d’une profonde transformation intérieure nous permettant d’être attentifs aux besoins de l’autre, un fruit d’amour.

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[1] Béreishit rabba 65:15

[2] Le Midrash Raconte, Vayikra Rabbi Moshé Weissman

[3] Rabbi Yitzhak Ginsburgh

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Tazria/Metsora

Posted on 11 avril 2013 by Administrateur

Chabat  chalom

Cette semaine nous terminons le mois de Nissan et  nous lisons également les deux parachiotes Tazria et Metsora. Le Rabbi schnéor Zalman nous enseigne qu’il faut vivre avec la paracha de la semaine. Elle doit donc nous donner l’enseignement dans le moment présent et en particulier, éclairer pour nous les enseignements de la délivrance qui se prolonge au-delà de Pessa’h et au-delà du mois de Nissan, le mois de la délivrance. Comme le Rabbi le souligne dans son discours retentissant du 28 Nissan, il faut vivre avec la délivrance et l’attendre de tout son cœur chaque jour, ce n’est pas  un rêve mais cela doit être une attente quotidienne, jusqu’à devenir une réalité concrète. L’attente fait partie elle-même du processus de la venue de Machia’h car c’est ainsi que nous réveillons le désir d’Hakadoch Barou’h Hou d’envoyer le Machia’h et la délivrance complète.

 תַזְרִיעַ מְּצֹרָע

Tazria/Metsora

Lévitique 12:1-16 fin : les lois sur l’accouchement et sur la lèpre des personnes et des vêtements

   Parle aux fils d’Israël, en disant, Si une femme conçoit, tazria תַזְרִיעַ, et enfante un fils, elle sera impure sept jours ; elle sera impure comme aux jours de l’impureté de ses mois. Lévitique 12:2

Les Parachot Tazria et Metsora, se consacrent aux lois physiques et physiologiques de la procréation, suivies des lois sur la lèpre provoquée par la médisance.

Ces lois physiques font suite aux lois sur la pureté et l’impureté des chapitres précédents et nous parlent des conséquences de notre comportement sur notre descendance. Ce premier chapitre révèle l’importance que D.ieu accorde à la procréation et à la pureté familiale. La Bible est un livre qui parle d’un style de vie, pas seulement d’idéologie. Les commandements sont là pour nous guider sur un chemin de pureté.

Le Midrash raconte, qu’à l’origine, les neuf mois de grossesse n’existaient pas. L’enfantement suivait directement la conception qui se faisait sans douleurs. Elles sont survenues avec le péché originel et disparaîtront complètement dans les temps messianiques. On reviendra comme aux premiers jours prédits par le prophète Yechayahou :

Avant qu’elle ait été en travail, elle a enfanté ; avant que les douleurs lui soient venues, elle a donné le jour à un enfant mâle. Esaïe 66:7

Dans la Paracha précédente, nous avons abordé le concept d’impureté lié à la mort. La vie est considérée comme source de pureté, provenant du Créateur directement. Il est la Source de vie, Qui est, Qui était et Qui vient, sans commencement ni fin, le Vivant pour l’éternité :

Mais l’Eternel Dieu est vérité, lui est le Dieu vivant et le Roi d’éternité ; devant son courroux la terre est ébranlée, et les nations ne peuvent soutenir son indignation. Jérémie 10:10

Par opposition, tout ce qui n’est pas la vie est considéré comme impur : c’est la mort, résultant du péché. Elle est destinée à disparaître complètement un jour. Elle est aussi assimilée à un aveuglement spirituel :

Réponds–moi, Eternel, mon Dieu ! Illumine mes yeux, de peur que je ne dorme du sommeil de la mort… Psaumes 13:3

Dans le premier verset de notre Paracha, un parallèle étonnant est établi entre l’impureté conséquente à un accouchement et celle des périodes mensuelles d’une femme. De plus, l’accouchée devait offrir un holocauste et un sacrifice de culpabilité. De quelle culpabilité s’agissait-il?

Il nous faut établir une comparaison avec les sept jours de la Création et les sept jours d’impureté qui rappellent également les sept jours de deuil observés pour un mort. Suite au péché d’Eve, la mort fut introduite dans le monde ainsi que les souffrances de la grossesse et de l’accouchement.

A la femme il dit, Je rendrai très grandes tes souffrances et ta grossesse ; en travail tu enfanteras des enfants… Genèse 3:16

La femme qui enfantait supportait donc les conséquences du péché originel, et le sacrifice d’expiation offert suite à l’accouchement rappelait la faute d’Eve, expiation était faite. Depuis le Gan Eden, il existe ce duel incessant entre la vie et la mort, un enfant naît et apporte la vie mais il mourra un jour et engendrera le deuil.

Suite à ces sept jours de séparation où la femme était considérée impure (ne pouvant plus donner vie pour un temps), elle devait passer par les eaux du Miqvé afin d’être lavée de toute impureté de la mort.

Le Zohar compare encore ces sept jours de séparation précédents aux sept semaines du décompte de l’Omer, qui mènent à la fête de Chavouot. Pendant ces sept semaines, les Juifs se purifièrent de l’impureté d’Egypte pour recevoir la Thora.

Et cela nous conduit au huitième jour, le jour de la circoncision. Comme nous l’avons étudié lors de la dernière Paracha, le chiffre huit est celui qui transcende la nature, qui parfait la créature.

La Bible entière parle de circoncision, à la fois physique et spirituelle :

Et Dieu dit à Avraham, Et toi, tu garderas mon alliance, toi et ta semence après toi, en leurs générations. C’est ici mon alliance, que vous garderez entre moi et vous et ta semence après toi, que tout mâle d’entre vous soit circoncis. Et vous circoncirez la chair de votre prépuce, et ce sera un signe d’alliance entre moi et vous. Et tout mâle de huit jours, en vos générations, sera circoncis parmi vous, celui qui est né dans la maison, et celui qui est acheté à prix d’argent, tout fils d’étranger qui n’est point de ta semence. Genèse 17:9-12

Circoncisez donc votre coeur, et ne roidissez plus votre cou… Deutéronome 10:16

D’après la tradition juive, le corps humain possède 248 membres qui correspondent aux 248 commandements positifs de la Thora. Avant qu’Avram reçoive son nouveau nom, les lettres de son premier nom totalisaient un nombre de 243 ; il avait donc le contrôle sur 243 membres de son corps. Avec le rajout de la lettre , ה dont la valeur est de 5, son nouveau nom totalisa un nombre de 248. Il reçut une nouvelle tâche, celle consacrer ses cinq membres restants, ses deux yeux, ses deux oreilles et l’organe reproducteur au service de D.ieu.

La séparation, les eaux purificatrices, la circoncision, sont le thème général de la Paracha qui nous rappelle que D.ieu désire des cœurs circoncis et consacrés.

Le péché a amené la mort et continue à mettre une séparation entre l’homme et D.ieu. Les lois suivantes de la lèpre nous parlent d’un péché très grave qui souille l’homme, celui de la médisance, la lachone hara, la mauvaise langue.

Tu n’iras point ça et là médisant parmi ton peuple. Tu ne t’élèveras pas contre la vie de ton prochain. Moi, je suis l’Eternel. Lévitique 19:16

Myriam et Aaron parlèrent contre Moshé à l’occasion de la femme éthiopienne qu’il avait prise, car il avait pris une femme éthiopienne.

Et la colère de l’Eternel s’embrasa contre eux, et il s’en alla… et la nuée se retira de dessus la tente, et voici, Myriam était lépreuse, comme la neige ; et Aaron se tourna vers Myriam, et voici, elle était lépreuse. Et Myriam demeura exclue hors du camp sept jours ; et le peuple ne partit pas jusqu’à ce que Myriam eût été recueillie. Nombres 12:1,9,10,15

Cette tsaraat, צָרָעַת, non correctement traduite par lèpre, était une maladie d’ordre spirituel qui n’existerait plus de nos jours. Elle procédait par degrés. D’abord l’habitation, puis les vêtements, et enfin la personne elle-même étaient touchés. Elle ne pouvait être guérie que par une intervention divine et le Cohen Gadol était le seul apte à prononcer la guérison.

Le mot metsora est l’acrostiche de motsi chem ra, le diffamateur.[1] Les péchés à l’origine de la tsaraat, sont au nombre de 11 ou sept suivant les sources :

-         L’idolâtrie

-         Le blasphème

-         L’impureté

-         Le vol

-         La médisance

-         Le faux témoignage

-         Le jugement injuste

-         Le serment vain

-         Le vol

-         Provoquer des querelles

-         Le « mauvais œil » apparenté à l’avarice

La lachone hara, littéralement «mauvaise langue », est le péché le plus grave de tous ceux concernés par cette plaie qui revêtait la forme la plus maligne, car celui qui pratique la médisance ou la calomnie renie la Thora.

Lorsqu’une personne critique une autre, trois personnes au minimum sont touchées et sont ou se meurtrissent elles-mêmes : la personne qui diffame, la personne ou les personnes qui écoutent et croient les ragots vrais ou faux, et la victime.

Le metsora était soumis à des lois d’isolation particulières. Parce qu’il avait calomnié une personne, provoquant son « isolation » dans l’esprit de plusieurs, il était donc corrigé de la même façon et était coupé de la société afin de bien mesurer les conséquences de son acte vis à vis d’un membre de son peuple. Beaucoup de ces mesures étaient semblables à celles observées pour un deuil :

-         Le metsora était exclu du camp, comme dans le cas de Myriam.

-         Il devait déchirer son vêtement comme dans le cas d’un deuil.

-         Il devait laisser pousser ses cheveux.

-         Il devait se couvrir la bouche pour avoir diffamé son prochain et porter un voile sur la tête comme pour un mort.

-         Il criait devant lui « impur, impur, tamé, tamé » afin que ceux qui le croisent puissent prier pour sa guérison.

La Tradition juive[2] nous donne une interprétation très intéressante du processus de l’évolution de la plaie de tsaraat destinée à corriger celui qui commet ce péché.

Les lettres de l’alphabet hébreu peuvent se regrouper en sept groupes de trois lettres qui peuvent se permuter six fois entre elles et former des racines de mots.

Suivant ce principe, la racine du mot tsaraat, tsara se permute comme suit et décrit l’évolution de la maladie destinée à ramener le pécheur dans le droit chemin :

  1. tsara, צרע la plaie en elle-même
  2. tsaar, צער douleur, attrister
  3. raats, רעץ briser
  4. ratsa, רצע frapper, fouetter,
  5. atsar, עצר stopper et maîtriser, régner
  6. arats, ערץ rendre l’honneur à une personne que l’on craint et révère

D.ieu frappe, la douleur est forte et provoque un brisement. Des souffrances sont occasionnées par la correction. La correction produit son effet et le pécheur se repent. Il va essayer de maîtriser et de contrôler sa langue pour finalement plier le genou en reconnaissance au Créateur Qui corrige celui qu’Il aime. Avec la maladie, D.ieu prévoit toujours le remède. Il est la Source de la guérison, et le verset suivant nous le dévoile :

Si un homme a dans la peau de sa chair une tumeur, ou une dartre, ou une tache blanchâtre, et qu’elle soit devenue, dans la peau de sa chair, une plaie comme de lèpre, on l’amènera à Aaron, le sacrificateur, el aaron ha cohenאֶל־אַהֲרֹן הַכֹּהֵן , ou à l’un de ses fils, les sacrificateurs ; Lévitique 13:2

Les mots el aaron ont la même valeur numérique (287) que le mot rophé, רופא  qui signifie médecin.

Tournons-nous vers Lui pour recevoir l’aide nécessaire pour ne plus fauter par notre langue. 

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[1] Vayyikra Rabba

[2] Rabbi Yitzhak Ginsburgh

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Paracha de la semaine : Chemini

Posted on 04 avril 2013 by Administrateur

שְּׁמִינִי

Chemini

 Lévitique 9:1-11-fin : l’entrée en fonction des prêtres et les lois de la cacherout sur les animaux purs et impurs

   Et il arriva, le huitième jour chemini שְּׁמִינִי, que Moshé appela Aaron et ses fils, et les anciens d’Israël… Lévitique 9:1

 Voilà arrivé le huitième jour, ce jour tant attendu où la gloire de D.ieu doit se manifester. Tout est en place, les lois ont été données, le Cohen Gadol entre en fonction pour la première fois après sept jours de préparation et d’étude. Le peuple est réuni et le culte peut commencer.

Le sacrifice expiatoire qui purifie, et l’holocauste qui élève, sont offerts pour les péchés d’Aaron, pour ceux du peuple, et suivis de l’oblation du pauvre et du Cohen et des sacrifices rémunératoires rendant grâce.

Cela fait des mois que le peuple attend. La Thora a été reçue en début de mois de Sivan de l’année précédente et nous voilà dix mois plus tard, le 1er du mois de Nissan, le mois de la délivrance comme nous l’avons vu dans la Paracha Pekoudé.

Ce huitième jour, premier Nissan, nous est décrit par S.R Hirsch comme un jour particulier avec une onction particulière. Le nombre six représente l’élément matériel, le sept l’esprit et le huit celui qui transcende et représente la transformation de l’homme, sa perfection. C’est le jour de la circoncision, donnée à l’homme pour parfaire sa nature charnelle par la consécration de l’organe reproducteur.

Une allusion à ce perfectionnement nécessaire, symbolisé par la circoncision, est faite au verset 6 du chapitre 9 :

Et Moshé dit, C’est ici ce, zé hadavar, זֶה הַדָּבָר que l’Eternel a commandé ; faites–le, et la gloire de l’Eternel vous apparaîtra.

Josué reprendra plus tard le même mot lors du rappel de la circoncision du peuple.

Et c’est ici la raison, zé hadavar, זֶה הַדָּבָר pour laquelle Josué les circoncit, tout le peuple qui était sorti d’Egypte, les mâles, tous les hommes de guerre, étaient morts dans le désert, en chemin, après être sortis d’Egypte… Josué 5:4

D.ieu nous confirme discrètement par là que le but de tout sacrifice c’est avant tout la circoncision de notre cœur afin qu’il puisse devenir ce Tabernacle purifié abritant Sa sainteté :

Circoncisez donc votre coeur, et ne raidissez plus votre cou.

Deutéronome 10:16 

Aaron étendra alors ses mains pour bénir le peuple. Aujourd’hui encore, nous avons le privilège de recevoir cette bénédiction

Parle à Aaron et à ses fils, disant, Vous bénirez ainsi les fils d’Israël, en leur disant, L’Eternel te bénisse, et te garde ! L’Eternel fasse lever la lumière de sa face sur toi et use de grâce envers toi !

L’Eternel lève sa face sur toi et te donne la paix !

Et ils mettront mon nom sur les fils d’Israël et moi, je les bénirai. Nombres 6:23-27 

Cette prière se fait en levant les mains. La main droite, représentant le principe de grâce, midat ‘hesed, est légèrement plus élevée que la gauche qui représente la mesure de jugement, midat din. Ce jour-là, la vocation d’Israël, son peuple, son histoire, son culte, ses offrandes, son rôle seront placés sous le signe de la faveur divine de la même façon que le nom de D.ieu, HaShem, s’était imposé à celui de Elohim après le péché du Veau d’or.

La Gloire de l’Eternel apparut et le feu céleste consumât les sacrifices. D’après le Talmud, ce feu se composait de cinq miracles :

  • Il était tapi comme un lion sur l’autel
  • Il scintillait comme le soleil
  • Il était palpable
  • Il consumait les matières sèches et les matières mouillées
  • Il ne générait aucune fumée

Ce miracle déclencha l’adoration et la révérence des fils d’Israël qui se prosternèrent la face contre terre.

Puis, tout à coup, c’est le drame : les deux fils d’Aaron sont consumés sur le champ au milieu de la joie de ce jour d’inauguration !

Plusieurs raisons sont évoquées :

Ils seraient entrés avec arrogance dans le Kodech Hakodachim, fiers d’avoir comme oncle le grand leader Moshé, comme père, le Cohen Gadol : trop d’honneur en même temps…

Ils avaient apporté un feu autre que celui de l’autel des sacrifices pour allumer l’autel d’encens…

Ils auraient été ivres, comme le suggère le verset qui suit l’épisode ordonnant à Aaron de ne pas boire de vin pendant son service …

Ils seraient rentrés dans le sanctuaire sans passer par les ablutions et sans avoir revêtu l’éphod…

Ils ne voulaient pas encore se marier, négligeant par là le devoir de procréation et la maturité en découlant. Or un sacrificateur devait être marié pour exercer…

Puis, Aaron reçoit l’étrange commandement de ne pas prendre le deuil de ses fils. Loin de nous la pensée de croire que D.ieu fait preuve d’insensibilité, mais la fonction éminemment sainte du Cohen lui interdit tout contact avec la mort, source d’impureté rituelle.

Comme nous allons le voir dans les prochains versets et Parachot, les notions de pureté et d’impureté dans le judaïsme sont liées avec la vie et la mort. Tout empêchement à la vie ou à la procréation est considéré comme impur car la mort est survenue suite au péché originel.

Aaron, dans son rôle de Grand Sacrificateur, ne devait pas être affecté par cette impureté rituelle. D.ieu nous appelle à vivre et Il est le D.ieu Vivant.

Suite à ce drame, voilà que la part sacrée du sacrifice du bouc expiatoire offert pour les péchés du peuple n’a pas été consommée alors qu’elle aurait du l’être pour l’expiation pour le peuple.

Trois boucs furent offerts ce jour-là nous dit Rachi :

  • le bouc expiatoire du peuple
  • le bouc de Na’hchon, le premier prince
  • le bouc de la néoménie, celui du 1er Nissan, jour coïncidant avec l’inauguration.

C’est ce dernier qui fait l’objet de la méprise de Moshé. Aaron n’avait pas consommé la portion de ce sacrifice qui permettait l’expiation du peuple suivant le principe que nous avons étudié (voir Paracha Tsav) : le sacrificateur mange et le peuple est pardonné.

Mais Aaron va montrer respectueusement à Moshé « qu’il s’est trompé ». Rachi nous dit que le commandement de manger les portions saintes du sacrifice, même en période de jeûne, ne concernait que les sacrifices exceptionnels de cette journée du 1er Nissan et non pas ceux offerts régulièrement chaque nouvelle lune.

Aaron répondra que puisque la consommation de l’expiatoire de la néoménie doit servir à expier les fautes du peuple entier, comment nous, en état de disgrâce devant l’Eternel par la faute de Nadav et Avihou, pouvons-nous faire « kapara », expiation pour les péchés des autres ?

Ensuite viennent les lois de la cacherout. Ces lois permettent d’obtenir une maîtrise du corps et de ses appétits. S.R. Hirsch nous explique que « Deux actions sont essentielles à la vie de l’animal : la recherche de la nourriture et la défense de la vie. Ces deux actions sont également indispensables à la vie de l’être humain. Mais l’idéal juif les subordonne à un but spirituel. C’est pourquoi la Thora élimine tous les animaux qui possèdent les organes réservés à ces deux fonctions sous leur forme la plus robuste : les griffes de la bête féroce et l’estomac assimilant sans distinction toute nourriture hâtivement engloutie. Les ruminants aux pieds cornés ne connaissent pas ces organes de rudesse et de violence. Une grande leçon se dégage ainsi de cette loi qui, dans sa simplicité et sa grandeur, a contribué sans aucun doute à former le caractère spécifique d’Israël ».

Terminons en précisant que l’interdiction de consommer du porc nous indique que D.ieu recherche l’intégrité du cœur avant toute chose. Le porc a l’apparence de la piété par ses sabots fourchus, mais il ne rumine pas. Nous sommes appelés à avoir les apparences mais à « ruminer » également les mitsvot de la Thora. C’est alors que la réussite nous sera assurée !

Que ce livre de la Thora ne s’éloigne pas de ta bouche, et médite–le jour et nuit, afin que tu prennes garde à faire selon tout ce qui y est écrit ; car alors tu feras réussir tes voies, et alors tu prospéreras. Joshua 1:8

‘Hag Pessa’h samea’h

 

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La Paracha de la semaine : Tsav

Posted on 21 mars 2013 by Administrateur

צַו

Tsav

Lévitique 6:1-8 fin

Et l’Eternel parla à Moshé, disant, Commande, tsav צַו, à Aaron et à ses fils, en disant, C’est ici la loi de l’holocauste. C’est l’holocauste, il sera sur le foyer sur l’autel toute la nuit jusqu’au matin ; et le feu de l’autel brûlera sur lui. Lévitique 6:8 (6–1)

Notre Paracha s’ouvre sur les commandements adressés aux Cohanim cette fois. Après avoir décrit les sacrifices offerts par le peuple dans son ensemble, Tsav traite essentiellement des devoirs des prêtres.

Les chapitres 6 et 7 furent révélés au mont Sinaï avec le chapitre 29 de l’Exode et précèdent les chapitres 1 à 5, la Bible n’étant pas un livre chronologique.

Le nom d’Aaron réapparaît cette fois alors qu’il n’était fait mention que de ses fils dans la première Paracha du livre de Lévitique. Le Midrash interprète sa mise à l’écart comme une suite au péché du Veau d’or. Moshé intercéda alors pour son frère et D.ieu accorda le pardon. Le nom d’Aaron réapparaît donc de nouveau dans notre texte.

L’holocauste, olah, עֹלָה devait brûler toute la nuit sur l’autel sur lequel un feu était entretenu constamment. Nous avons vu que l’holocauste était un sacrifice offert pour les pensées et pour s’élever vers D.ieu. De la même façon, nous devons entretenir le feu de notre foi.

Toute sorte de bois nous raconte le Midrash, pouvait être utilisé pour la combustion, excepté les sarments de vignes et le bois d’olivier. Les premiers produisent du vin pour les libations et l’olivier de l’huile pour la Menora et les offrandes de min’ha (oblation)

Le commandement de l’holocauste d’agneau offert matin et soir est donné sur un ton impératif pour le moment présent, et comme injonction obligatoire pour les générations futures. L’investissement financier de ce sacrifice était lourd et il est raconté qu’à l’époque du siège de Jérusalem, ces sacrifices quotidiens étaient très onéreux pour les Juifs.

Lorsqu’il est question de nuit dans la parole, c’est souvent une allusion à la nuit d’exil du peuple d’Israël qui attend la Rédemption et le retour en terre d’Israël avec le retour de la Shekhina. Le Talmud donne une interprétation frappante de ces sacrifices se consumant toute la nuit : depuis la destruction du Temple de Jérusalem, l’archange Michaël offre des victimes sur l’autel de la nation d’Israël et ces victimes seraient les âmes des justes.[1] 

Il est difficile de ne pas s’empêcher de penser à ces 6 millions d’âmes juives qui ont été réduites en cendre sur l’autel de la haine parce qu’elles portaient de nom de D.ieu dans leur chair… Nous attendons la géoula qui annoncera la fin de l’exil et des souffrances…

Le Cohen, en fonction chaque matin, devait revêtir ses habits et prélever la cendre résiduelle pour la déposer en bas de la rampe d’accès. Il changeait ensuite de vêtement et en revêtait un plus simple pour le porter dans un lieu pur.  Ces cendres n’étaient pas dispersées mais mises à l’abri par respect.

Le feu sacré brûlera ainsi sur le même autel pendant plus d’un siècle et relève du miracle car il n’altérait pas le bois de l’autel ni la mince couche de cuivre. Ce miracle fait partie des dix-huit autres, recensés lors du service dans le Sanctuaire.

C’est avec les braises de ce même autel que l’on allumait la Menora et l’autel d’or d’encens. Ce feu est une allusion à la Parole de D.ieu qui est comparée à un feu, et qui ne doit jamais s’éteindre :

Ma parole n’est–elle pas comme un feu, dit l’Eternel, et comme un marteau qui brise le roc ? Jérémie 23:29

Le sacrifice suivant concernant le sacrifice expiatoire, le hatat, חַטָּאת était une sainteté éminente, kodech kodachim, קֹדֶשׁ קָדָשִׁים 

Ce sacrifice devait être immolé à l’endroit de l’holocauste, au côté nord de l’autel correspondant à la sphère des pensées, afin que la discrétion soit assurée quant à la raison de l’offrande, et également pour éviter l’humiliation de celui qui venait offrir son sacrifice.

Puis cette offrande était consommée par le Cohen en lieu saint. La consommation du sacrifice par le prêtre assurait l’expiation de la faute et le pécheur était pardonné.

Même loi pour l’offrande délictive, acham, אָשָׁם.

Il est dit que, dans les temps messianiques, tous les sacrifices cesseront, sauf ceux de reconnaissances, chlamim, שְׁלָמִים car comme nous l’avons vu, dans la Paracha Vayikra, ils apportent la paix sur terre, et, par conséquent, consommés par la communauté entière.

Ce sacrifice comporte également la particularité de devoir être consommé le jour même en état de pureté. Il engage une responsabilité personnelle au sein de la communauté. Consommer ce sacrifice en état d’impureté, en dehors du temps assigné entraînait le retranchement du peuple.

Enfin, après les directives adressées aux Cohanim, vient le chapitre de leur investiture. Cette investiture occupe un chapitre entier alors qu’elle n’a eu lieu qu’une fois, ce jour-là. Le premier jour du premier mois, le mois de Nissan, fut le jour de l’entrée en service officielle du Cohen Gadol Aaron. Il venait de passer sept jours dans la tente à se préparer, un temps de mise à part.

Le peuple devait être assemblé devant le parvis pour pouvoir assister à la cérémonie de consécration. Or le parvis était d’environ 30 mètres sur 60. Il fallut un miracle pour faire tenir six cent mille hommes dans cet endroit !

Pendant les sept jours d’inauguration, Moshé assura le rôle de Grand prêtre pour initier Aaron. Il le ceignit des huit vêtements, l’oignit ainsi que les ustensiles. Il offrit les sacrifices d’inauguration, un taureau et deux béliers, fit l’aspersion de leur sang, retira la cendre de l’autel.  Le huitième jour, ce fut son tour de commencer le service, d’une manière indépendante, le culte rendu à D.ieu pouvait commencer, selon Ses critères de sainteté, dans la pureté et l’unité que procure la Thora.

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[1] Men.110a, La Voix de la Thora, Elie Munk

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