Paracha Shemot – Shabbat du 29 Decembre 2018 – Horaires Ashdod : 16 h 15 – 17 h 26
Voilà que nous entrons avec la sidra de Shemot dans un cycle de 6 semaines désigné par le mot « shovavim » lui-même constitué des initiales des six premières parashioth du deuxième livre de la Torah. (SHemoth, Vaéra,Bo, Beshalah, Yitro,Mishpatim)  Pendant cette période, certains en profitent poour faire ce qui est « taânit dibour » ou jeûne de la parole. ce qui consiste (pour ceux qui abordent ce sujet) de se rendre à la synagogue pourétudier ou bien pour rejoindre un groupe qui le pratique et s’abstenir de prononcer des paroles futiles. En revanche, on pourra prier à haute voix, étudier, même faire un « devar Torah » (discours sur la Torah), évidemment faire des bénédictions à haute voix mais rien de futile du lever au coucher du soleil. Le jeûne de la parole ou taânit dibour enseigne le Rav Alféya est préférable au jeûne véritable car la personne ne s’affaiblit pas. Pendant cette période des shovavim on a coutume de le le pratiquer un lundi ou un jeudi, jours où l’on sort la Torah.
Dans certaines communautés, on se réunit très tôt le matin à la synagogue pour y chanter des louanges

D’après l’opinion de certains exégètes tels le Ramban, le Natsiv, et d’autres, ce deuxième volume du pentateuque que nous commençons cette semaine ne devrait porter comme titre que « deuxième » livre et non pas ni « shemot » (en hébreu), ni l’exode en français par exemple mais uniquement « le deuxième » livre car il ne représente, d’après eux,que le récit de la suite du livre de la création.

Bien que descendre en Egypte fut un projet divin[1], se rendre dans ce pays (ou dans un autre pays que l’Egypte) comportait un risque énorme seuls trois critères sont à même de sauvegarder le peuple : ne pas apporter de changements ni sur le plan des noms, de la langue et du costume.

Lorsque Jacob s’en revint de chez son oncle pour recommencer à vivre en Canaan, on dit de lui qu’il revint « shalem » שלם anagramme des trois mots : shemoth, lashon et malvoush –noms, langue et vêtements.

La descente se fit physiquement, géographiquement, matériellement et spirituellement. Néanmoins, les bené Israël surent rester ensemble et préserver leur identité en tous points. Cette fidélité à l’héritage spirituel ancestral leur a permis de mériter la délivrance.

Pharaon s’exprime au sujet des descendants du troisième patriarche en disant : והנה עַם עצום ורב c’est-à-dire que dès ce moment les enfants d’Israël sont reconnus en tant que PEUPLE pour la première fois dans la Torah. Or qu’est-ce qu’un peuple ? La définition d’un peuple est un ensemble, une entité de personnes qui vivent ensemble autour d’une même idéologie (ou croyance), sur un même territoire, obéissant à une même loi. Le peuple d’Israël se retrouvait  dans la même croyance en D cependant ils étaient en terre étrangère bien qu’ayant eu le privilège de voir leur descendance fructifier comme les poissons de la mer (Joseph) et comme  l’arbre dont les branches se ramifient à l’infini (Efraïm et Menashé) et, c’est en recevant la Torah qu’ils devinrent le peuple JUIF eux ainsi que tous ceux qui étaient présents et acceptèrent le don de la Torah.

Cette péricope « couvre » deux tiers de la vie de Moïse : de la naissance de ce Prophète jusqu’à sa fuite vers Midyane (il avait 40 ans) puis pendant son séjour à Midyane jusqu’à sa « rencontre » avec HaShem[2]et, son retour en Egypte en tant que « chargé de mission »…… à l’âge de 80 ans. Pendant le premier tiers de sa vie, Moïse fut confronté à des situations lui permettant de constater qu’il était attaché biologiquement à ce peuple maltraité par ceux qui dirigeaient ce pays. Lui aussi, comme son frère Aharon : assistant à une querelle où un égyptien frappe un hébreu, Moïse, utilisant son sens prophétique pour la première fois[3]tua ce méchant homme. Ce fut la première occasion se présentant à Moïse de prendre la défense d’un faible. La deuxième occasion lui fut offerte lorsque 2 hébreux se querellèrent ensemble et où il prit conscience du fait que ce qui était arrivé précédemment était connu de tous et ceci fut la deuxième occasion et, quant à la troisième occasion qui, en fait, lui procura la « hazaka » pour être ledéfenseur d’Israël : en arrivant à Midyane, Moïse s’aperçoit que des brigands non juifs cherchaient des noises à des jeunes-filles gardant un troupeau. C’est à cet endroit que Moïse exerça encore ses talents de « justicier » en défendant des jeunes-filles goyoth attaquées par des jeunes-gens goyim c’est-à-dire donc qu’il eut à démêler des différends entre un égyptien et un hébreu, entre deux hébreux et enfin, des goyim entre eux ; cette triple expérience lui vaut d’être nommé pour délivrer le peuple juif.

Moïse était un homme simple, humble et très impressionnable aussi, le Saint béni soit-IL prit-IL la voix d’Amram, le père de Moïse, lorsque le berger s’approcha du buisson ardent pour lui adresser Ses paroles.

Le pays d’Egypte est un lieu où l’on entre aisément mais dont il est impossible de sortir tout comme le signalent les lettres formant le nom de cette contrée : un mem au début, lettre présentant une ouverture, mais un mem à la fin, lettre entièrement close qui n’offre aucune échappatoire. Un tsadik au centre qui rappelle le serpent emblème de l’impureté et de la fourberie et enfin, le mot צר (étroit) qui évoque l’étroitesse, la misère, l’angoisse……

Moïse est saisi d’effroi et, à ses propres yeux, il n’est qu’un pauvre berger. HaShem lui ordonne de retourner en Egypte et de s’adresser à Pharaon. Or, s’étonne-t-il : qui suis-je pour parler à un roi ?

Or, qui est ce souverain ? Son titre Pharaon  est porteur de lourds messages : pharaon s’écrit en hébreu de cette façon :פ ר ע ה ce qui pourrait se lire pé-râa (une bouche qui dit de mauvaises choses) et, peu importe la façon dont on disposera les lettres on n’obtiendra que des mots négatifs : la racine de ce mot est  pé-resh-âyin qui signifie déranger, désordonner.

Pharaon apparaît comme un personnage hautain, orgueilleux et dédaigneux. Moïse le connaît étant donné qu’ils ont grandi ensemble. Cependant Moïse n’a aucune assurance. Le Créateur lui conseille de convaincre les 70 Anciens de la mission qui lui échoit. La brève allocution qu’il devra prononcer comporte un message caché au sein de deux mots de la même racine : פקוד פקדתי (Exode 3,16) D S’adresse à Son peuple et leur confie qu’IL leur a rendu visite mais qu’IL a remarqué que deux choses manquent pour pouvoir être libérés : il faut à tous ces hébreux renforcer leur foi en HaShem mais aussi et surtout consacrer plus de temps et plus d’amour chacun envers son prochain. La Guéoula, ne se fera pas tant que le peuple ne se regroupera autour d’HaShem et du « tikoun hamidoth » de chacun. Les mots גולה   et גאולה    (dispersion/exil et libération) se différencient par la présence de la lettre א’ qui symbolise l’Unicité de D.  En faisant un retour sur soi-même et donc en effectuant une correction de son comportement vis-à-vis de D et vis-à-vis du prochain, l’homme mérite d’être « libéré » matériellement et spirituellement.

Une question, pourtant, taraude les esprits des Sages : Quelles sont les raisons pour lesquelles lorsqu’HaShem dévoila Son plan et l’histoire du futur peuple juif à Abraham Avinou[4] le patriarche n’usa pas de sa faculté de négociateur[5] pour tenter d’éviter à sa descendance de se retrouver en esclavage et de se retrouver exilé en terre étrangère et inhospitalière ?  Abraham avait négocié avec HaShem pour des non-juifs et non pas pour ses propres enfants tout comme il ne le fit pas pour la ligature d’Isaac car, le Patriarche, pensait qu’il devait (lui et sa descendance) se tenir prompts à obéir aux ordres divins, sa foi en l’Eternel étant inaltérable.

Dans la prochaine parasha il sera question de 7 plaies sur les 10, les 3 autres seront commentées pour la sidra « BO » (dont la valeur numérique est de 3 justement.

Le bâton avec lequel va exécuter les ordres du Saint béni soit-IL pour faire tomber sur l’Egypte les 10 plaies  pour lesquelles les Sages pensent qu’elles ont leur correspondance parmi les 10 « commandements » (âssereth hadibroth) ou parmi les 10 épreuves traversées par Abraham.

Caroline Elishéva REBOUH
MA Hebrew and Judaic Studies
Administrative Director of Eden Ohaley Yaacov

[1]D prédit à Abraham que sa descendance serait réduite en esclavage en Egypte : Brith Beyn HaBetarim

[2]Remarque : le palindrome de Moshé est HaShem : משה  –  השם

[3] Le texte de la Torah s’exprime ainsi : « il se tourna d’un côté et de l’autre et vit qu’il n’y avait personne »  Rashi explique que Moïse examina la généalogie de cet égyptien et vit qu’aucun de ses descendants ne se convertirait.

[4]Brith beyn HaBetarim l’article concernant cet épisode biblique est joint au présent envoi

[5]Abraham s’était livré à un véritable marchandage pour tenter de sauver la vie des impies de Sodome et Gomorrhe

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