Peu importe de quelle manière on prononce son nom : Bahya ou Bahyé ou Behayé il s’agit bien du même personnage dont on ne peut négliger les commentaires sur la Bible ! Rabbénou Behayé naquit au XIIIème siècle 1255 à Saragosse, en Espagne et il mourut en 1340 et est enseveli près de Tsfat (Safed). Son père était connu et apprécié lui-même par ses propres commentaires : Rabbi Asher ibn Halioua.

Rabbénou Behayé fut le disciple du célèbre « Rashba » ou Rabbi Shlomo ben Adereth, et il fut aussi un élève remarquable du Ramban ou Rabbi Moshé ben Nahman de Gérone pour ce qui concerne l’enseignement ésotérique car il ne cite pas son maître le Rashba dans les commentaires cabalistiques qu’il tient, d’après les chercheurs, de ce maître incontesté que fut « le Gérondi ».

Le résultat des recherches sur Rabbénou Behayé tendrait à dire que ce sage n’aurait en fait que compilé des commentaires et les aurait retranscrits dans son style personnel qui tendrait à mieux classer les thèmes abordés et à les présenter de manière à rendre l’approche du texte plus aisée pour l’étudiant. Ceci à telle enseigne que d’autres exégètes comme le Tossefot Yom Tov[1] qui ajouta ses propres remarques aux textes de Rabbénou Behayé.

Les critiques qui furent formulées à son encontre sont qu’il n’a pas tellement innové en dehors de la formulation des idées. Certaines opinions se sont fait jour selon lesquelles Rabbénou Behayé ferait partie des rédacteurs du Zohar qui parut sensiblement à la même époque.

Son ouvrage « Midrash de Rabénou Behayé sur la Torah » paru alors qu’il n’était âgé que de 36 ans, constitue la seule et unique source de midrashim de grandes quantités de manuscrits ayant disparu.

L’aspiration de Rabbénou Behayé fut de permettre à tous d’accéder à l’étude de la Torah, tout comme à la mishna Avot pour laquelle il consigna ses enseignements dans un volume de « Péroush âl massékheth avoth ».

BAHYA IBN PAQÛDA

Ce personnage qui fut à la fois rabbin et philosophe précéda Rabbénou Behayé d’environ deux siècles. Ibn Paqûda naquit lui aussi à Saragosse aux environs de l’an 1000, en pleine période islamique, et son ouvrage (l’ouvrage de tout une vie) fut publié en 1040, en langue arabe, sous le titre : al hidaya ila faraid al qulub soit en hébreu hovoth halevavoth ou le Devoir des coeurs.

L’ouvrage original fut traduit par Yehouda Ibn Tibon entre 1161et 1180.

On ne connait que très peu de détails sur sa vie sinon qu’il remplit les fonctions de juge rabbinique à Saragosse, et, à l’instar de grands philosophes juifs plus tardifs, Bahya était très instruit tant en littérature rabbinique qu’en littérature et philosophie profane qu’elle soit arabe ou grecque. Il justifia la rédaction de son ouvrage par le fait que la littérature rabbinique permettait en quelque sorte de donner au corps l’occasion de s’exprimer mais pas aux sentiments (hovoth ha-évarim –les devoirs des organes-) par opposition aux devoirs des cœurs.

Le style de cet ouvrage est facile et poétique et il a même fait partie de programmes d’études scolaires en France.

Caroline Elishéva REBOUH.
MA Hebrew and Judaic Studies
Administrative Director of Eden Ohaley Yaacov

[1]Le commentaire Îkar Tossefoth Yom Tov provient du Rav Guershon Shaoul Yom-Tov Lipman Halévy Heller Walerstein né en 1579 en Allemagne et décédé en 1654 à Krakov (Cracovie) ville, à l’époque, située en Pologne Lithuanienne. Son commentaire sur la mishna est incontournable.

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