PARASHAT HOUKAT – shabbat du 06-07-2019 – Horaires Ashdod : 19 h 20 – 22 h 33

COMMENT LA PURETE PEUT-ELLE PROVENIR DE L’IMPURETE ?

Houka est une loi. La houka est un commandement qu’HaShem a formulé et que l’on ne comprend pas et que l’on ne peut expliquer comme la mitsva de « shilouah haken » (le renvoi de la mère oiseau de son nid ou comme le lévirat (yiboum), ou la shaâtnez (mélange de fibres animales et végétales : lin et laine). Ici, il s’agit de la houka de la vache rousse. Il s’agit d’une jeune vache née sans défaut aucun, sur laquelle n’aura pas été décelé un seul poil blanc ou d’une autre teinte. Elle doit être âgée de deux ans et ne pas avoir porté un seul fardeau quel qu’il soit.  Ces critères font que peu de vaches rousses sont reconnues « aptes ».

Les exégètes – dont les écrits sont destinés à nous aider à comprendre le sens des commandements dont HaShem a gratifié Son Peuple – au niveau de la loi sur la vache rousse, ont trouvé des connexions laissant songeur car toutes les raisons invoquées pourraient bien, en effet, être l’une de celles qui sont à la base de cette houka si nous ne savions pas qu’il n’est pas nécessaire de trop chercher de motif lorsqu’il est question de houka mais tout simplement l’accepter telle qu’elle est.

En effet, certaines opinions, par exemple, penchent pour le fait qu’il y a sans doute un rapport de cause à effet entre la faute du veau d’or, faute qui rendit le peuple impur et le fait que la vache rousse vienne racheter cette grave infraction. D’autres commentateurs tentent de trouver un lien entre le fait que le sang de la vache (les menstrues) se transforme en lait pour nourrir son petit et, qu’alors ce lait est permis à la consommation alors que le sang est interdit car il véhicule la vie et le lait est une ressource pour continuer à vivre …. ????

Au début de ce propos, ont été évoqués d’autres commandements qui vont à l’encontre d’interdits cités explicitement dans le Lévitique telle la défense d’entretenir des rapports avec la femme du frère mais, lorsque celui-ci décède sans avoir de descendance, il est une grande et belle action d’épouser la veuve pour donner une descendance posthume au défunt. Les Sages expriment le fait que d’essayer de trouver des raisons à certaines règles, est donner matière au mauvais penchant.

La prochaine sidra porte le nom d’un prince de Moav : Balaq. Pourquoi se questionne-t-on ? Car il est l’aïeul de Ruth la Moabite, mais, dit-on également, car il sacrifiait à HaShem, de nombreux sacrifices quotidiens…. Possédons-nous toutes les cartes en main pour pouvoir juger et comprendre les raisons secrètes du Créateur pour chaque mitsva énoncée dans la Torah ? Bien entendu, la réponse est négative car notre esprit n’a aucunement la faculté de juger et d’embrasser tous les tenants et aboutissants de toute la Création et de tout l’Univers.

Pour quelles raisons la vache rousse qui est née dans le sang et donc dans l’impureté, va-t-elle être menée dans un endroit pur pour être sacrifiée et brûlée entièrement après que le Cohen aura aspergé de son sang les tentures de la Tente d’Assignation et après qu’il l’aura brûlée le Cohen restera-t-il impur jusqu’au soir alors que les cendres de la vache seront utilisées pour la « fabrication » de l’eau lustrale destinée, elle, à purifier ceux qui se sont rendus impurs au contact d’un mort ?

Pour quelles raisons les animaux du genre masculin font-ils partie des sacrifices mais seule la vache rousse aura le privilège de purifier tout en étant considérée de sacrifice expiatoire ?

Concernant cette dernière interrogation, le midrash penche pour l’explication suivante : le veau d’or a semé le désordre et l’impureté il est juste que la mère (la vache symboliquement) vienne purifier les méfaits.

D’autre part, il est un principe selon lequel de l’impureté surgit la pureté ainsi, c’est au sein de l’impureté d’Our Kasdim, que la prière d’Abraham s’est élevée, et c’est de l’impureté qu’est né Moav d’où est venue Ruth et c’est d’elle que viendra le Messie !

Les commentateurs soulignent dans leurs enseignements que, de même que le Tout Puissant a institué les sacrifices parce que les Bné Israël étaient habitués à voir ce mode de culte chez les Egyptiens, de même que la Torah personnifie le Saint Béni Soit-Il en utilisant des telles que « le Doigt de D » ou « une main puissante » etc… car l’esprit humain ne peut imaginer qu’au travers d’expressions utilisées par et pour lui-même, Rashi enseigne ceci  : Satan ou les autres nations pourraient dire à Israël  pour la vache rousse aussi bien que pour d’autres mitsvoth telles que l’interdiction de mélanger viande et lait ou de mélanger lin et soie  pourquoi avez-vous de telles lois et pourquoi les observez-vous ?  Il faudrait donc répondre par conséquent ce sont des lois qui appartiennent à D et que nous devons observer sans chercher à les comprendre même si on peut nous proposer des dizaines de raisons ou de prétextes philosophiques, chimiques, médicales ou physiques. Et donc, à ce propos, le Sage de Troyes propose de ne pas essayer de trouver quelque prétexte qu’il s’agisse et d’user d’humilité.

Les eaux de Mériba. Pendant toutes les années de pérégrinations dans le désert, les enfants d’Israël ne manquèrent pas d’eau grâce aux mérites de Myriam. Rappelons que c’est grâce à Myriam que Moïse a pu naître.  Mais, à sa mort, le puits de Myriam disparut et, les enfants d’Israël manquèrent d’eau qu’ils réclamèrent en vitupérant ; aussi, D dit-Il à Son serviteur : « prends ton bâton et parle au rocher » (en hébreu : sélâ סלע ) Moïse, au lieu de parler au  rocher, se remémorant sans doute la première fois où il intercéda pour le peuple auprès de D qui lui ordonna alors : « prends ton bâton et frappe le rocher (en hébreu : tsour צור  ) il frappa le rocher ceci sera interprété  pour un manque de confiance en D et c’est ainsi qu’Aharon (témoin de la scène) et Moïse ne purent conduire le peuple jusqu’à l’intérieur du pays. Il est à remarquer que l’élément de l’eau accompagne Myriam dans son parcours en effet c’est Myriam qui suivit le berceau de Moïse bébé sur les eaux du Nil, c’est encore lors de la traversée de la Mer Rouge que Myriam chante et danse pour entraîner et encourager les femmes et c’est grâce à ses mérites que le Peuple d’Israël a bénéficié d’eau douce tout au long de ces 40 années de traversée du désert et, de même que Myriam a vécu de manière humble, elle va mourir et être enterrée dans l’humilité et tout comme Moïse, elle sera enterrée sans que l’on ne sache avec précision le lieu de sa sépulture : ותמות שם מרים ותקבר שם Myriam mourut là-bas et fut enterrée là-bas….

Dans cette sidra, nous remarquerons encore une allusion au fait que le prochain chef spirituel du peuple juif ne sera pas  Moïse : en effet, il est écrit : אז ישיר ישראל ….(C’est alors qu’Israël chantera) nous nous souvenons que le cantique de la Mer Rouge commence ainsi : אז ישיר משה ובני ישראל  (c’est ainsi que Moïse chanta et les enfants d’Israël) ce qui permit aux exégètes d’affirmer que Moïse chantait et que les Bené Israël reprenaient après lui ou encore que lors de la Rédemption finale, lorsque Moïse conduira les morts juifs enterrés hors d’Israël vers le pays d’Israël il chantera et les Bné Israël chanteront avec lui). Le nom de Moïse a donc disparu car il ne conduira pas ce peuple en Israël !

C’est ici qu’ Aharon le prêtre va « rejoindre ses pères » le 1er av au sommet du Mont Or HaHar. La disparition de ces trois frères et sœurs se fait dans la discrétion et l’humilité, dans la simplicité qui avait déjà servi de toile de fond à leur vie. Ces 3 frères et sœur qui ont eu une si grande part dans l’existence du peuple disparaissent tour à tour dans cette seule parasha ce sont les aînés de Moïse.

La parasha nous entretient du serpent d’airain (nehash ‘hanehoshet).

Qu’est-ce que ce serpent ? Nous savons pour l’avoir lu dans la parasha précédente que D a mis à la disposition des Enfants d’Israël deux « remèdes » pour arrêter la mortalité lors d’épidémies notamment : le premier étant l’encens ou ketoreth et le second le serpent d’airain. Lorsque la mortalité frappa les enfants d’Israël après que la terre se fût entr’ouverte et eût avalé les 250 personnes qui entouraient Qorah, Datan et Aviram, Moïse ordonna à Aharon d’aller « balancer » son encensoir entre les rangs des Bné Israël pour arrêter la progression de la mortalité dans le camp. De même, dans cette sidra, la mort commença à se répandre et D Lui-Même ordonna à Moïse de forger un serpent d’airain pour que quiconque le verra soit sauvé. Le serpent a condamné l’humanité de par sa perfidie à entraîner Eve à pêcher ; le serpent réapparaît dans la cour de Pharaon lorsque Moïse avec le bâton d’Aharon opère le premier prodige et que le serpent avale ceux produits par les magiciens de Pharaon. Et, c’est le serpent qui va être doté de la vertu « salvatrice »  dans le désert et chaque homme qui y posera son regard sera sauvé de la mort. Bien que des légendes rapportées de la mythologie grecque se rapportent au caducée (symbole médical) il semble plutôt que le serpent entouré autour d’un sceptre soit le serpent d’airain.

Ceux qui ont pu se rendre en Jordanie au Mont Nébo où Moïse est décédé, ont pu admirer le serpent d’airain.

Caroline Elishéva REBOUH

MA Hebrew and Judaic Studies
Administrative Director of Eden Ohaley Yaacov

 

 

 

 

 

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