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Dans le houmach de Bamidbar il est question de cinq dénombrements différents, qui ont tous lieu au cours du deuxième mois de la deuxième année et, dont les caractéristiques suivent :

  • Dénombrement des tribus,
  • Dénombrement des étendards,
  • Dénombrement des membres de la tribu de Lévy, depuis l’âge d’un mois,
  • Dénombrement des premiers-nés,
  • Dénombrement des Lévy âgés de 30 ans à 50 ans…

Ainsi, dès le début du houmash bamidbar et jusqu’à la fin de ce tome, les recensements sont effectués en diverses occasions depuis la deuxième année de la sortie d’Egypte et jusqu’à la 40ème année, à la veille de l’entrée du peuple en Terre d’Israël.

En résumé, les nombres retransmis au début du Houmash et à la fin sont les mêmes. Les nombres (quantités) sont pratiquement les mêmes. Cependant, on peut remarquer que certains nombres se terminent par des chiffres ronds (centaines) d’autres par des dizaines : 30 ou 50 par exemple et d’autres se terminent par des unités. Tout ceci se passe comme si en ne donnant des chiffres se terminant par des centaines, la Torah ne désirait pas donner trop de détails et qu’elle arrondit les chiffres, un peu comme s’il n’y avait pas trop d’importance à attacher. Ou bien, est-il possible que les choses se soient passées ainsi : des centaines ou des dizaines en chiffres ronds ? Et donc, en précisant le nombre d’unités (pour ce qui est des « premiers-nés ») ce chiffre aurait plus d’importance que tous les autres ?

Le « ROSH »[1] écrit que c’est l’usage de la Torah d’arrondir les chiffres, en s’appuyant entre autres dans le fait qu’il est écrit par exemple dans la guemara(traité de makot) qu’entre pessah et shavouoth nous « devons compter 50 jours » alors qu’en réalité nous n’en décomptons que 49 !

Encore un autre exemple il est écrit que Jacob et sa famille était au nombre de 70 alors qu’en réalité ils n’étaient que 69…

Les Sages se sont trouvés confrontés à des questions émises par des personnes appartenant à des milieux différents et donc d’obédiences différentes qui auraient eu la propension de penser que si les chiffres étaient ainsi en centaines entières c’est qu’il devait être question de miracles. La réponse des Talmidé Hakhamim est qu’il ne saurait y avoir de miracles de la sorte sans qu’il n’existe une raison majeure.

L’importance des chiffres se trouve dans la répartition entre les familles paternelles en ce qui concerne le partage des terres selon ces familles et même pour Tselofhad qui n’eut pas de fils mais des filles qui demandèrent à se partager l’héritage paternel.

La complexité est très grande si l’on vient à prendre en considération que les filles de Tselofhad n’ont pas été prises en compte puisque n’ont été dénombrés que les mâles et un autre point vient s’ajouter à notre perplexité si l’on vient à ajouter que, lorsque Datan et Aviram et toutes leurs familles ont été englouties……..

Sans doute là réside la raison pour laquelle les filles de Tselofhad sont rappelées avant le total effectué alors qu’en ce qui concerne Datan et Aviram sont rappelés après le dénombrement comme pour bien faire comprendre qu’ils n’ont pas de place ni de territoire à l’entrée en Terre d’Israël.

A plusieurs reprises le Rosh fait remarquer que dans la Torah est cité le nombre 40 alors qu’en pratique il ne s’agit que de 39, il s’agit en quelque sorte d’arrondir à l’unité, dizaine ou centaine supérieures alors que l’on sait pertinemment que si, par exemple la peine de flagellation est de 40 coups on n’en donne jamais que 39 par humanité car il est de notoriété qu’au 40ème coup l’homme perd sa dignité.

En conclusion les chiffres publiés ne sauraient compter comme données statistiques mais indicatifs.

Caroline Elishéva REBOUH

MA Hebrew and Judaic Studies
Administrative Director of Eden Ohaley Yaacov

 

 

 

 

 

 

 

[1]Rabbi Asher ben Yehiel 1250 né à Cologne- mort en 1327 à Tolède. Son père était Rabbi Yéhiel de Rottembourg. Il appartenait à une famille de rabbins érudits l’un de ses fils fut le Ba’âl HaTourim.

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