Le cancer du col de l’utérus est le cancer le plus fréquent chez la femme après le cancer du sein.

Il était traditionnel de penser que les femmes juives étaient relativement protégées du fait de la circoncision du mari. Malgré ce facteur protecteur, on découvre chaque année en Israël, près de 2000 cas de lésions précancéreuses, 200 femmes sont atteintes d’un cancer du col évolutif et 80 femmes en meurent tous les ans.

Selon l’OMS, Organisation Mondiale de la Santé, 570.000 nouveaux cas de cancers du col de l’utérus ont été découverts en 2018 et 310.000 femmes en sont mortes.

Au début du XXème siècle, la découverte de la cytologie vaginale ou Pap-test, a permis le dépistage précoce et a entrainé une diminution très nette de l’incidence de ce cancer. Hélas, le Pap-test ayant une sensitivité faible expose les femmes à une possibilité de réponses faussement négatives.

Le XXIème siècle a vu une nouvelle découverte fondamentale, à savoir le rôle essentiel des virus appelés Human Papilloma virus (HPV). Ces virus sont responsables des cancers du col de l’utérus dans 99% des cas. Cette avancée scientifique ouvre la porte à une nouvelle avancée médicale, l’espoir d’une éradication totale de cette affection grâceà la vaccination contre ces virus.

  • Les virus HPV.

On connait à présent plus de 200 types de virus HPV. Certains sont appelés oncogènes c’est-à-dire qu’ils peuvent entrainer des lésions précancéreuses ou cancéreuses, d’autres virus sont dits non oncogènes et entrainer des lésions bénignes, les condylomes autrefois appelées végétations vénériennes. Ces affections peuvent se développer chez la femme comme chez l’homme, au niveau de la sphère ano-génitale, de la bouche, du pharynx et de la peau.

Fort heureusement tous les porteurs de virus ne développeront pas de cancer du fait des phénomènes de défenses immunitaires naturelles, néanmoins dans certains cas l’infection virale risque de continuerà se développer.

  • Comment agit la vaccination ?

Les vaccins contre les HPV utilisent une partie de l’enveloppe du virus qui peut s’assembler et constituer une coquille vide ne contenant pas la moindre trace de l’ADN du virus responsablede la maladie.

Cespseudo particules virales (virus-likepseudoparticles ou VLP) ne peuvent donc pas infecter les cellules, ni se multiplier, ni provoquer la maladie. Elles constituent des leurres qui peuvent provoquer une réponse immunitaire plus forte que celle observée après l’infection naturelle.

  • Quels sont les vaccins disponibles ?

  • CERVARIX :un vaccin qui protège contre 2 types de HPV 16 and 18.
  • GARDASIL-4- : un vaccin qui protége contre 4 types de virus HPV 16, 18 et 6, 11 qui provoquent les condylomes génitaux.
  • GARDASIL-9-: un nouveau vaccin qui protège contre 9 types HPV 6, 11, 16, 18, et 31, 33, 45, 52, 58.

Qui, quand et comment vacciner ?

La vaccination est recommandée chez les garçons et les filles de 9 ans à 14 ans (2 doses) et chez l’adulte, initialement jusqu’à l’âge de 26 ans (3 doses). Aujourd’hui, en raison de l’augmentation des divorces et la multiplication des partenaires, la vaccination peut être proposée jusqu’à l’âge de 45 ans. La vaccination est effectuée très simplement par une injection dans les muscles de l’épaule. La Vaccination est contre-indiquée durant la grossesse ou en cas d’affections accompagnées de fièvre. Elle ne peut pas guérir une infection contractée avant la vaccination.

Quels les effets secondaires ?

Les effets secondaires sont identiques a ceux de toutes autres vaccinations. Localement on peut noter une rougeur, un gonflement ou des douleurs a l’endroit de l’injection. Parfois, on a pu noter des maux de tête, des vertiges, des nausées, des douleurs abdominales ou articulaires, mais ces troubles s’estompent très rapidement.

Le rôle de la médecine est évidemment celui de prévenir et de guérir, aujourd’hui, grâce à la vaccination, elle peut contribuer àl’éradication totale de la maladie.

Roland Yehouda DJAOUI
Gynécologue.
Centre Medical Herbert Samuel. Tel Aviv
Téléphone : 072-371-8019

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