PARASHAT NITSAVIM du 28 septembre 2019 – Horaires Ashdod 18 h 02 – 19 h 07

Cette parasha se trouve juste avant la fête de Rosh Hashana pour rappeler aux créatures que nous sommes, que nous nous tenons debout, devant Le Créateur car, le monde et ce qu’il comporte de créatures va défiler devant D pour être jugé.

Le verbe  יצב signifie se tenir debout. Mais pourquoi pas  עמד ? La prière pendant laquelle nous effectuons 18 génuflexions ne doit-elle pas s’effectuer en station debout ? Ne l’appelle-t-on pas justement pour cela « âmida »  עמידה ? C’est qu’il existe une différence très importante entre עמד   et  יצב le premier signifie se tenir debout tandis que l’autre indique que la station debout est faite par force comme si l’on était ancré au sol.

Lorsque nous prions la âmida, nous « agitons » notre corps d’avant en arrière un peu comme un roseau agité par le vent et dont les racines le maintiennent au sol alors qu’en étant yatsiv : stable, nous nous tenons debout, dignement, sans bouger dans l’attente de la sentence.

Le traité talmudique de Rosh Hashana énonce dès son début deux enseignements le premier est que il existe 4 sortes de Rashé Shana (pluriel de rosh hashana) au long du calendrier hébraïque[1] et il y a aussi 4 périodes de « jugement » :  à  Pessah, le sort des récoltes est fixé pour l’année (taille des céréales, qualité, quantité etc…), à Shavouoth le sortdes arbres fruitiers est fixé pour l’année, à Souccoth  est fixée la quantité et la périodicité des pluies et de la rosée qui seront attribuées au monde mais, pour Rosh Hashana seront fixées les « destinées » des créatures humaines car chacune d’elle devra défiler devant le Saint béni soit-IL ce jour-là ainsi qu’il est écrit :

בארבעהפרקיםהעולםנידון:  בפסח, עלהתבואה.  בעצרת, עלפירותהאילן.  בראשהשנה, כלבאיעולםעובריןלפניוכבנימרון, שנאמר « היוצריחד, ליבם; המבין, אלכלמעשיהם » (תהיליםלג,טו).  ובחג, נידוניםעלהמים.

Le monde est jugé à 4 épisodes différents :  à Pessah pour les moissons, à Shavouoth (cette fête se nomme aussi âtsereth ou clôture) pour les fruits de l’arbre, à Rosh Hashana, toutes les créatures du monde passent devant Lui comme des moutons, ainsi qu’il est dit « Il a formé leurs cœurs à tous et examine leurs actes » (Psaumes XXXIII, 15) et, pour Souccoth (qui est appelé seulement Hag) le monde est jugé pour l’eau.

La mishna spécifie bien que tout ce qui existe dans le monde d’animal ou de végétal possède une période dans l’année où va être émis un jugement à son égard.

Et l’homme en particulier, lui, le roseau pensant, lui qui est capable de comprendre et de faire la différence entre le bien et le mal. Un arbre qui sera jugé n’est pas doté de faculté de compréhension, il ne peut se mouvoir il est ancré dans le sol et n’a pas de choix à faire, à aucun moment, il subit le rôle qui lui a été imposé et ne possède pas de libre arbitre alors que l’homme  a le choix parce qu’il comprend : הוא מבין. מבין en guematriya équivaut à 102 tout comme יצב et en tant qu’être responsable, il doit rendre des comptes pour que son âme se sente purifiée et, justement : donner ou rendre des comptes équivaut en guematriya à nefesh âme : דין + חשבון = 430 tout comme נפש.

En comprenant, l’homme se distingue et s’élève au-dessus des animaux par la pensée מחשבה   mahshava, et, la pensée est différente de la mémoire et du souvenir en ceci : la pensée n’est pas dynamique, et elle est même statique. On subit une pensée qui assaille le cerveau alors que le souvenir : זיכרון, est quelque chose de dynamique : pour se rappeler ou se souvenir il faut vouloir faire remonter la chose ou l’évènement à fleur de la connaissance. Pour se souvenir on donne une impulsion et pas pour la pensée.

Le Créateur, en insufflant à l’homme le souffle de vie lui a aussi transmis la connaissance et la possibilité de « penser » חשב  c’est toute la différence entre l’homme et la bête : l’homme pense donc il est (cogito ergo sum) a dit Descartes et c’est exactement ce que l’on constate ici חשב = 310 et le mot homme איש = 311 car sans le alef de la connaissance l’homme n’en est pas un. Il existe tout simplement : יש : il est là.  Cette connaissance est celle que D lui a transmise.

Et, c’est pour rester dans cette dynamique du souvenir, que chaque matin pendant la période des selihoth, il va se lever tôt pour exprimer sa volonté de retrouver son identité et de la clamer auprès du Créateur en ne renonçant pas et en voulant aller de l’avant et en se  perfectionnant.

C’est en faisant agir sa réflexion que l’homme s’élève au-dessus de l’animal et du végétal et plus encore que la réflexion, c’est grâce à sa mémoire que l’homme va pouvoir se rapprocher des sphères supérieures et c’est encore grâce à cette mémoire qu’il va « aider » à la réalisation des promesses divines. En effet un mot se répète souvent dans la Torah et dans notre rituel : le mot זכור ou זכר se trouvent tout au long des cinq livres du Pentateuque et il s’agit souvent d’un acte historique dont l’homme doit se souvenir : ainsi nous lirons que ceci est « en souvenir » de la Création « זכר למעשה בראשית » ou, en souvenir de notre sortie d’Egypte :  « זכר ליציאת מצרים » et,   tous les éléments de l’histoire du peuple juif se rattachent à ces bornes historiques qui sans elles ne peuvent permettre à l’homme d’évoluer et d’assumer son destin.

Rosh Hashana est donc le jour du jugement où l’homme  est jugé sur ses actes mais aussi sur sa volonté de leur donner une  direction spirituelle et ce, grâce à cette volonté de se rappeler et de se rattacher : le matin, en s’éveillant, avant même de se lever tout-à-fait il doit se rappeler qu’il doit tout au Créateur : c’est en affirmant sa foi dès son réveil qu’il provoquera une réaction en sa faveur de la part du Créateur de l’Univers. On pourrait qualifier ceci de « donnant-donnant » avec des proportions totalement différentes : donne-moi un peu de ta confiance et, Je t’inonderai d’amour en souvenir de l’alliance que J’ai faite avec Abraham Isaac et Jacob.

Cette alliance, D l’a conclue avec chacun des patriarches individuellement mais pas en tant qu’individus mais en tant que entité : LE peuple qui doit descendre de ces patriarches en tant qu’ensemble et en même temps chacun séparément c’est-à-dire, que tout se passe comme si chaque être, facette du macrocosme appelé « peuple d’Israël » chacun va porter sa responsabilité vis-à-vis de lui-même mais aussi vis-à-vis de chacun des membres du peuple et de l’ensemble du peuple.

Le Rav Soloveitchik a très bien développé cette théorie dans son livre « sur la teshouva » dans lequel on peut aisément comprendre à quel point chacun doit s’impliquer et tenir son rôle et comment les actes des uns s’imbriquent comme les pièces d’un puzzle de manière à former une image complète.

Caroline Elishéva REBOUH

[1] – Le 1er nissan pour les rois, et  les fêtes,  le 1er Eloul pour le bétail,  le 1er Tishri pour les années  régulières, shabbatiques et les jubilées pour la plantation des arbres et des légumes, et le 15 shevat,  pour les arbres.


Après ce chabbat nous serons tous en fête sous toutes les latitudes, nous accueillerons avec le sourire et pleins d’espoir une nouvelle année.
Mesdames, si vous faites des haloth n’oubliez pas d’ajouter à la pâte un peude sucre/miel pour que l’année soit douce.
Avant l’entrée de la fête, n’oubliez pas d’allumer une bougie qui durera 48 heures de manière à permettre d’allumer le gaz ou les braises du barbecue et (pour ceux qui n’ont pas encore cessé de fumer) pour vous permettre d’allumer une cigarette.
Pendant la fête il est permis de cuisiner….
Je vous souhaite une bonne et excellente année nouvelle pour qu’elle soit pleine de bonnes nouvelles, douce comme du miel, pleine de bénédictions en tous genres, pleine de santé,que nos tefiloth soient acceptées ainsi que notre repentir, que ceux qui aspirent à se marier se tiennent sous la houppa  très prochainement avec l’élu/e de leur coeur, que ceux qui désirent être parents le soient et que toute l’année le sourire et le bonheur ne vous quittent point !

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