La municipalité promeut la « Route des Sables » comme une solution stratégique pour le sud d’Ashdod. Mais l’avis environnemental met en garde : risque d’ensablement permanent et nécessité d’examiner un vaste projet de tunnel plutôt qu’un tracé à ciel ouvert.
Encore une nouvelle route ? Pas seulement.
La « Route des Sables » n’est pas qu’un nouvel axe de circulation : c’est une ligne de fracture entre un développement urbain accéléré et l’un des espaces les plus sensibles et uniques d’Ashdod — la Grande Dune et les dunes d’Ashdod.
La sous-commission d’urbanisme et de construction doit prochainement examiner le projet municipal visant à créer une nouvelle entrée et sortie sud pour la ville — depuis l’échangeur Ad Halom sur la route 4 jusqu’à la rue Oved Ben Ami. L’objectif est clair : désengorger un point noir du trafic, desservir les quartiers sud en pleine expansion et offrir une connexion directe et rapide aux grands axes nationaux.
Sur le papier, le projet est stratégique : une voie pour véhicules privés, une voie dédiée aux transports publics, une piste cyclable, des trottoirs, un pont au-dessus de la voie ferrée, un tronçon en tunnel et même des passages spécifiques pour la faune. À la mairie, on parle d’équilibre : développement d’infrastructures modernes tout en préservant les valeurs naturelles.
Mais c’est précisément là que la tension commence.
Un système naturel vivant et mouvant
Selon l’avis des autorités environnementales — dont le planificateur du district sud du ministère de la Protection de l’Environnement et l’Union des villes pour la qualité de l’environnement — il existe un risque réel que la route, dans le tracé choisi, soit régulièrement recouverte par des dunes de sable en mouvement.
La Grande Dune n’est pas un paysage figé. C’est un système vivant, en mouvement constant. Cela signifie que la route pourrait nécessiter un entretien permanent, un déblayage régulier du sable et des interventions d’ingénierie lourdes.
Pour empêcher l’ensablement, il faudrait, selon les estimations, ériger de hauts murs de soutènement, des barrières protectrices et stabiliser les pentes. De telles infrastructures pourraient empiéter sur la zone destinée à la préservation et altérer profondément son caractère naturel. Et même dans ce cas, aucune garantie que le problème soit totalement résolu.
L’alternative : un tracé plus au sud et un tunnel étendu
Les autorités environnementales évoquent également une alternative étudiée : un tracé plus méridional, au sud de la Grande Dune, avec un raccordement plus bas à la route 4 et la réalisation de la majeure partie du parcours en tunnel.
Selon elles, si cette solution était mise en œuvre avec un tunnel significatif, elle serait nettement préférable sur le plan paysager et environnemental. Son coût serait probablement plus élevé — mais, d’après l’avis présenté, aucune analyse économique approfondie n’a encore été fournie pour trancher la question.
Une zone d’une sensibilité écologique majeure
L’enquête écologique urbaine confirme la fragilité exceptionnelle du site. La recommandation est sans ambiguïté : préserver au maximum la continuité des espaces ouverts, maintenir la connexion écologique avec la réserve naturelle des dunes de Nitzanim et éviter toute perturbation susceptible d’entraver la dynamique naturelle des sables.
Certes, le projet inclut des passages pour la faune et une séparation paysagère le long du quartier Shimon Peres. Mais les experts exigent désormais que les conclusions complètes de l’étude d’impact environnemental soient pleinement intégrées avant toute avancée vers le dépôt officiel du plan.
Un processus encore loin d’être achevé
Au-delà de la question des dunes, plusieurs exigences subsistent : finalisation de l’étude d’impact environnemental sur d’autres volets, coordination avec Netivei Israel, l’Autorité de la nature et des parcs, l’Autorité de l’eau et divers organismes d’infrastructures, ainsi qu’un inventaire des arbres et l’approbation du responsable forestier pour la préservation des arbres matures situés sur le tracé.
L’ingénieur municipal recommande de faire avancer le projet vers la commission régionale — mais sous réserve d’une longue liste de conditions précises. Autrement dit, la route n’est pas encore tracée — ni juridiquement, ni urbanistiquement, ni environnementalement.
Une question d’identité pour le sud d’Ashdod
Au final, la question dépasse largement le simple enjeu de circulation. Elle touche à l’identité spatiale du sud d’Ashdod.
La ville choisira-t-elle une solution relativement rapide, qui entame les abords de la dune, ou investira-t-elle dans une alternative plus coûteuse et complexe afin de minimiser l’impact environnemental ?
La Route des Sables est censée devenir la nouvelle sortie sud d’Ashdod.
Reste à savoir ce qu’elle laissera derrière elle.
Source Ashdodnet.com
Ashdodcafe.com
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