PARACHAT BE’HAALOTEKHA 5786 – vendredi 29 mai 2026 – 13 sivan 5786
La Parachat Beha’alotekha nous enseigne principalement que notre rôle n’est pas seulement « d’allumer une lumière », mais d’aider les autres à révéler leur propre lumière intérieure.
Elle rappelle aussi :
- l’importance de la gratitude plutôt que de la plainte ;
- la responsabilité dans nos paroles ;
- et le fait que même les plus forts ont besoin de soutien.
Le message central est donc : élever, accompagner et éclairer les autres avec patience et bienveillance.
Les thèmes exposés dans cette péricope sont : la Menorah, les cailles et la médisance.
On ne disserte pas assez sur ce chandelier à 7 branches. C’est pourquoi aujourd’hui nous allons tenter de le définir, de voir ses dimensions et quelle est cette centralité qui fait que la Menorah est le symbole du peuple juif tout autant que le Magen David que nous aborderons une autre fois.
Dans le mot Menorah מנורה se retrouve le mot Ner נר (lumière ou bougie). La gématria du mot menora est égale à 301, qui équivaut à la valeur du mot אש = feu, celui-là même qui nous a protégés depuis la sortie d’Égypte et qui est toujours présent dans le Beith HaMikdash.
La Menorah a été faite d’une seule pièce dans un bloc d’or pur. Les dimensions de la menora sont les suivantes : 18 tefahim (1) soit pratiquement 1,73 m pour la hauteur ; la largeur d’une extrémité à l’autre est de 12 tefahim soit 1,15 m ; et la branche centrale est d’une hauteur de 15 tefahim soit 1,44 m, cette branche se rattachant au socle.
Les commentaires, très nombreux, sur ce thème mettent en relief l’importance de cet ustensile du Beith HaMikdash dans le judaïsme. En effet, chacun voit dans ce symbole de 7 branches une implication différente : ainsi, étant donné que les six lumières des branches latérales se tournent vers la branche centrale, certains y voient le symbole des six jours de la semaine qui se tournent avec déférence vers la centralité du shabbat.
Certains exégètes pensent que les 7 séphiroth inférieures [les 3 séphiroth supérieures appartenant à D : Kéter (couronne רתכ) Hokhma (Sagesse המכח) et Bina (Intelligence הניב (], les autres séphiroth correspondent au corps humain : Connaissance (daâth תעד), Grâce/Vertu (hessed דסח), Guevoura (force/puissance הרובג), Tif’éreth (magnificence תראפת ), Netsah (victoire חצנ), ‘Hod (Gloire דוה), Yessod (Fondement דוסי), Malkhout (royauté תוכלמ). Shimshon Rephaël Hirsch quant à lui pense que les sept branches font allusion aux 7 sciences indispensables pour que l’esprit humain se développe et il cite : הניבו הרובג ,)’ה תארי( הארי ,תעד ,הצע ,המכח c’est-à-dire : la sagesse, le conseil, la connaissance, la crainte du ciel, la puissance et l’intelligence. Mais, au rang des 7 sciences, sont incluses d’autres matières rappelées dans d’autres sources, comme les mathématiques (y compris la géométrie et l’algèbre), la médecine et la botanique, la musique, l’Astronomie, la théologie, la philosophie et l’ésotérisme. Enfin, d’autres encore voient dans ces sept branches un rappel des 7 peuples qui ont été combattus lors de l’entrée en Éretz Israël : les Cananéens, les Émoréens, les Pherézéens, les Hétéens, les Hévéens et les Jébuséens (Exode chap. III, verset 8) et les Guirgashéens. Pourtant, ces derniers ne figurent pas dans le verset précité, alors que doit-on y comprendre ? C’est que, nous dit la Guemara de Sheviîth du Yéroushalmi au chapitre 6, les Guirgashéens ont été les seuls de ces sept peuples à partir du pays lorsque le peuple d’Israël est arrivé dans le pays. Le peuple a eu à combattre les six premiers peuples, mais pas les Guirgashéens !…..
Il est à remarquer que la menorah devait être placée du côté occidental, face au Saint des Saints. Un miracle constant se produisait : la quantité d’huile qui était versée dans les gobelets du candélabre devait suffire pour quelques heures à peine or, la lumière de la branche centrale était perpétuelle : elle ne s’éteignait pas………..
Il existait une possibilité de la voir s’éteindre et cela eût été dans le cas où les Bné Israël se seraient mal conduits et n’eussent pas fait la volonté du Créateur. Ce qui fait encore allusion à la Terre qui « vomit » ses habitants pour la raison suivante : Terre, pays se dit eretz en hébreu ץרא mot qui vient de la racine ה צר vouloir ou de ןוצר volonté ce qui nous permet de comprendre ceci : si nous ne faisons pas la volonté du Tout Puissant, ce pays nous rejettera et nous en serons exilés. Pour ce qui concerne l’épisode des cailles, le peuple, malgré toutes les années d’esclavage et de souffrances en Egypte, malgré les miracles quotidiens dont ils sont l’objet : la manne qui tombe quotidiennement pour leur permettre de vivre avec un met surnaturel, malgré le puits de Myriam qui accompagne le peuple dans toutes ses pérégrinations permettant ainsi à tous de boire de l’eau fraîche, malgré les nuées qui leur permettaient de se mouvoir dans une atmosphère « feutrée », le peuple – tout au moins une minorité d’entre eux – se reprend à regretter les aliments qu’ils avaient l’habitude de consommer et ils réclamèrent de la viande.
HaShem leur promit qu’ils auraient de la viande à manger jusqu’à n’en plus pouvoir et aussitôt les cailles s’abattirent sur le camp dans une telle quantité que la viande ne put être avalée. Leur avidité fut indécente en repoussant bien loin les limites de la bienséance. La médisance est très complexe. Dans la Mishna Avoth (III, 13) il est écrit au nom de Rabbi Akiba : הקיתש המכחל גייס c’est-à-dire le rempart de la sagesse est le silence. C’est un peu dans la même veine que Shlomo HaMelekh a écrit : il y a un temps pour chaque chose : un temps pour parler et un temps pour murmurer mais, en étudiant les règles de la médisance nous retiendrons que les règles suivantes : toute chose n’est pas bonne à dire et ne vaut d’être répétée, colportée et publiée que pour le cas où cette « chose » a été vérifiée comme étant exacte ET s’il y a vraiment un intérêt CAPITAL (sécurité par exemple) à colporter ce bruit et, est ce qu’en répandant la nouvelle quelque chose de grave pourra être évité? Sinon, il vaut mieux se taire et ne pas prêter oreille au colporteur de rumeur car celle-ci est meurtrière car elle assassine celui qui médit, celui sur lequel on médit et celui ou ceux qui écoutent.
Caroline Elisheva Rebouh
1 – Selon le Hazon Ish, chaque téfah mesure 9,6 cms.
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