Dans cette dédicace, je voudrais associer, dans un même hommage, dans un  même instant, dans une même pensée,  les hayalim tombés lors de l’opération « Roc solide » à leurs glorieux aînés de la Grande Guerre, 1914-1918.

En particulier ceux de leurs aînés natifs du département d’Oran en Algérie.

En effet, mes recherches historiques portent sur nos Poilus qui ont combattu « du Hainaut aux Dardanelles » où plus de 800 d’entre eux, autour des vingt ans, sont « morts au  champ d’honneur », « morts pour la France » ou « tués à l’ennemi ».

Qu’il me soit permis, ici, de  vous lancer un appel chers lecteurs.

Je voudrais que vous m’envoyiez tous les documents, toutes les photos, tous les récits, toutes les anecdotes concernant les combattants de cette Grande Guerre qui ont été aussi vos grands-pères ou vos grands oncles. Il est urgent que cette mémoire et cette histoire soient mises à jour.

Vous pouvez me contacter en m’envoyant un e mail à belangeno@numericable.fr

Merci infiniment à chacune et chacun d’entre vous.

Les poilus juifs d’un régiment provençal. Le 112e d’infanterie dans la Grande Guerre. Olivier Gaget, éditions Publibook, Paris, 2014, 286 p, (nombreux tableaux, graphiques, illustrations), 28 €.

Centenaire de la Grande Guerre oblige, les publications comme les émissions radiophoniques ou télévisuelles ne manquent pas. Sur la toile, les sites sont …légion. Et c’est tant mieux !

Au-delà de la part commémorative et circonstancielle, il est bon de revenir sur cette page d’Histoire.

Olivier Gaget l’a fait mais en choisissant de mettre en relief les poilus juifs d’un régiment provençal : le 112e régiment d’infanterie de Toulon.

Tout d’abord, il ne s’agit pas d’une dimension communautariste dans l’approche de cette étude. Et si tel était le cas, cela permettrait de mettre au jour et de donner en quelque sorte la parole à ces nombreux anonymes, soldats de la Grande Guerre.

Sur ces combattants israélites ou juifs de la Grande Guerre, les études récentes ne sont pas nombreuses. Et Pourtant !

Il est justice, ici, de saluer l’excellente étude de Philippe Landau et ses nombreux articles consacrés aux soldats juifs dans la Grande Guerre.

D’autres études, bien plus anciennes, ont abordé le sujet. Mais l’étude historique d’Olivier Gaget a l’immense mérite de nous plonger au cœur d’une unité en quelque sorte au profil singulier :le112erégimentd’infanterieconstitué de Provençaux, de Juifs provençaux, et de Juifs provenant d’Algérie ou d’Europe de l’Est.

Quelle ne fut pas notre surprise de découvrir qu’une bonne partie de ces poilus juifs étaient originaires d’Algérie et que ses trois départements étaient représentés à part égale !

Avant-guerre, les Juifs ont eu mauvaise presse dans l’armée ; il s’agissait pour eux d’une réelle attitude antisémite suite à l’affaire Dreyfus. Durant le premier conflit mondial, les Provençaux seront stigmatisés dès août 1914 et vus comme de mauvais Français tout au long du conflit. L’auteur nous rappelle ces faits.

Indiquons que, dans ce régiment en guerre, se trouvait Maurice Bokanowski, futur ministre de la République, et que l’un des premiers compagnons du général de Gaulle à Londres et futur rédacteur de la Déclaration universelle des Droits de l’homme, René Cassin, y a fait son service militaire avant-guerre. Excusez du peu !

L’aspect technique et statistique nous permet de mieux connaître les recrues de ce régiment. Leur niveau d’études, leur profession, leur origine géographique, leur taille, leur grade…

Bref, une sorte de radioscopie de ces poilus.

Le quotidien, l’épaisseur du quotidien est abordée par l’auteur. Et bien entendu, la dimension religieuse n’est pas oubliée. Comment ces poilus juifs ont vécu leur judaïsme au front ? L’un des carnets de route récoltés par Olivier Gaget nous montre ces soldats attablés pour les fêtes de Pessa’h.

L’auteur étudie la majeure partie de ces soldats dès le bureau de recrutement, avec sa fiche matricule, et poursuit jusqu’après la guerre…pour ceux qui ont pu en revenir. Grâce à l’auteur, nous apprenons que certains soldats juifs dorment de leur dernier sommeil sous des croix. (Comment ne pas penser alors au roman de Roland Dorgelès « Les croix de bois »).

Que le lecteur ne se méprenne point sur ce qui pourrait paraître comme quelque chose de rébarbatif, j’entends par là le côté sombre de cette guerre.

Très heureusement, les journaux de marche des unités, les carnets de route, les courriers de certains de ces hommes donnent de la « chair » et de la vie à l’extrême rudesse des combats.

Les papiers de Maurice Bertman, Maurice Bokanowski et ceux de Roger Rebstock surtout nous permettent de changer de points de vue, de varier la « focale » et d’être au plus près de ces hommes.

C’est un beau travail que vient de nous livrer Olivier Gaget.

Parions que d’ici 1918, d’autres travaux de cette valeur viendront enrichir nos connaissances sur ces poilus de la Grande Guerre.

Norbert Bel Ange

Echirolles, le lundi 28 avril 2014

Pour Ashdod Café

Qu’il nous soit permis de signaler à nos lecteurs que votre serviteur travaille actuellement sur ces poilus juifs nés dans l’immense département d’Oran. Nous lançons donc un vibrant appel auprès des familles et des spécialistes : si vous détenez des photos, des récits ou des anecdotes concernant les « poilus » de vos familles, votre serviteur vous en sera gré de les lui communiquer. Ou simplement la copie de leur livret militaire. Il suffit de me les envoyer : belangeno@numericable.fr

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