Étape importante dans la lutte contre le cancer : des chercheurs du Département de pathologie de la Faculté de médecine de l’Université de Tel-Aviv, dirigés par les Dr. Yaron Carmi et Peleg Rider, et la doctorante Diana Rasoulouniriana, ont découvert une population de cellules rares présente dans le système immunitaire des patients cancéreux, capables de se lier aux anticorps sur la tumeur et de la tuer, et ont réussi à fabriquer des cellules aux propriétés semblables qui se sont avérées efficaces. Selon eux, la méthode pourra servir de plate-forme de développement d’un traitement innovant pour divers types de cancer.

Rider Diana CarmiL’étude, à laquelle ont également participé les Prof. Ronen Brenner du Wolfson Medical Center et Haim Gutman de l’hôpital Beilinson, a été récemment publiée dans la revue Journal of Clinical Investigation.

« Nous travaillons sur l’immunothérapie, une méthode thérapeutique biologique basée sur l’activation du système immunitaire du patient lui-même pour lutter contre le cancer », explique le Dr. Carmi. « Cette méthode suscite de nombreuses espoirs en raison de son succès dans la réduction des tumeurs cancéreuses résistantes à la chimiothérapie et aux rayons. Cependant, jusqu’à présent, seul un succès partiel a été observé pour un nombre limité de tumeurs et la plupart des patients ne réagissent pas au traitement ».

Un ‘raccourci’ qui contourne le processus naturel du système immunitaire

Le système immunitaire, explique-t-il, dispose de deux mécanismes différents pour identifier les cellules cancéreuses et les attaquer. L’un utilise des cellules appelées lymphocytes-T qui sont très meurtrières mais ne se lient que faiblement à la tumeur cancéreuse; et le second se sert des anticorps capables de se relier fortement aux mutations sur la cellule cancéreuse, mais qui, en revanche, n’entraînent pas de destruction efficace. Dans le cadre de cette étude, les chercheurs ont découvert un type de cellule rare qui allie ces deux propriétés.

« Contrairement aux lymphocytes- T normaux, les cellules que nous avons découvertes sont équipées de récepteurs leur permettant de se lier à des anticorps sur les tumeurs cancéreuses et de les éliminer directement », explique le Dr. Rider. « Elles constituent donc un ‘ raccourci’ important, qui contourne le processus naturel complexe du système immunitaire. Selon nos observations, il s’agit d’une population rare de cellules qui constitue un faible pourcentage des lymphocytes T présents dans la tumeur ». Les chercheurs ont également retrouvé de tels lymphocytes rares dans des tumeurs de souris atteintes de mélanome et du cancer du sein, ainsi que dans des échantillons cliniques de tumeurs provenant de patients cancéreux.

Un traitement innovant accessible pour un grand nombre de patients 

Dans l’étape suivante, ils ont utilisé des méthodes de génie génétique pour imiter le mécanisme ainsi révélé, dans le but de produire une grande quantité de lymphocytes T similaires à ces cellules rares, de manière à transformer cette découverte en une technique thérapeutique utilisable. Le nouveau traitement, qui combine des lymphocytes T fabriqués se liant directement aux anticorps, et des anticorps supplémentaires également capables de s’accoler aux cellules cancéreuses, a été testé sur des souris atteintes de mélanome et est parvenu à détruire les cellules cancéreuses et à enrayer la tumeur.

« Notre étude combine les deux mécanismes du système immunitaire: la capacité destructrice des lymphocytes T et l’aptitude à se lier étroitement à la tumeur au moyen des anticorps », conclut le Dr. Carmi. « Nous avons ainsi créé une nouvelle plate-forme d’immunothérapie pour le traitement futur de nombreux types de cancer. Dans le cadre de cette méthode, il sera possible de prélever des lymphocytes T du patient, de les modifier en laboratoire, puis de les réintroduire dans l’organisme munis d’anticorps spécifiques adaptés à sa maladie. Il est important de noter que la plupart de ces anticorps sont déjà fabriqués dans l’industrie, et existent sous forme de produits en vente approuvés et sûrs. De cette manière, les cellules modifiées que nous avons développées devraient permettre un traitement innovant de diverses tumeurs malignes accessible pour un grand nombre de patients ».

Sur la photo, de droite à gauche: le Dr. Peleg Rider, Diana Rasoulouniriana et le Dr. Yaron Carmi. Crédit : Université de Tel-Aviv.

Important : Les articles publiés par l’Association française de l’Université de Tel-Aviv portent sur des recherches en cours. Sauf indication contraire, le chemin est encore long jusqu’au passage à l’industrie qui permettra de mettre les traitements à la portée du grand public.

Vous pouvez soutenir la recherche à l’Université de Tel-Aviv en vous adressant à nos bureaux à Paris : afauta@wanadoo.fr  ou à Tel-Aviv : tlvuniversite@gmail.com

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