Mais qu’est-ce qui pousse les retraités à s’expatrier ? Le soleil, me direz-vous. Pas seulement.

L’attrait d’une vie différente de la routine obligée qu’ils ont connue durant leur vie de travailleur. Le désir d’accomplir un rêve d’horizons lointains qu’ils ont toujours différé à cause du boulot, à cause des enfants, à cause de leurs propres parents…

Bien sûr, le niveau de vie du pays d’accueil n’est pas totalement à exclure, ni le taux de change de leurs devises. Mais ce n’est pas le motif principal ; pas souvent, pas toujours…

Alors, un jour, ils prennent la décision : ils partent. Il en faut du courage pour partir à 60 ans vers l’inconnu ; même quand cet inconnu est là, tout près, à 2 heures d’avion.  Il  en faut de la force pour s’arracher à son coin de France, à sa maison, à ses amis, à ses petits-enfants, à ses habitudes. Il faut avoir l’esprit large pour se dire qu’on va être confronté à d’autres gens, à d’autres mœurs, à d’autres modes de vie, et qu’on va devoir remettre beaucoup de ses habitudes en question. Il faut une certaine dose d’optimisme ou d’inconscience pour ne pas se rendre compte que la qualité des soins sera sans doute bien inférieure à celle dont on aurait bénéficié en France, que l’on n’aura pas de maison médicalisée, pas de maison de retraite, pas de centre de soins avec une spécialisation « gériatrie ».

Et les voilà arrivant en couple, ou parfois seuls, en pays inconnu avec un petit pécule à dépenser et des tas de formalités administratives à accomplir. Première épreuve : comprendre les arcanes de l’Administration du pays où on débarque. Deuxième épreuve : savoir faire le tri entre les nationaux qui cherchent vraiment à vous rendre service et ceux qui cherchent uniquement à vous soutirer le maximum d’argent (hé oui, il y en a aussi !). Troisième épreuve : trouver en un temps record un bon logement, dans un bon quartier, avec un bon voisinage et de bonnes commodités, et bien sûr un bon rapport qualité-prix.

Ouf ! Ils ont bien réussi. Tant mieux. Et maintenant à eux la douce vie au soleil ; à eux les promenades, les découvertes, le plaisir du climat, des rencontres, des surprises.

Mais les soucis arrivent toujours sans qu’on s’y attende… Ah, vous n’êtes pas en règle avec les impôts… Ah, vous devez changer votre permis de conduire… Ah non, vous ne serez pas remboursés de vos soins médicaux, vous n’avez plus de sécurité sociale. Comment, vous ne saviez donc pas que vous deviez adhérer à la CFE ? Ah non, vous ne pouvez plus être résident en France puisque vous habitez plus de 183 jours à l’étranger… il faut remplir des fiches, il faut faire une demande, il faut déposer un dossier ; il faut, il faut…

Heureusement, avec du temps, de la patience, de la persévérance tout rentre peu à peu dans l’ordre. Mais l’optique a un peu changé. Ce n’est pas le séjour idyllique dont on rêvait peu ou prou. C’est juste qu’on reprend pied avec la réalité ; la même, sous tous les cieux.

Viviane Claverie

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