Par Les Echos | 15/04 | 07:00

En Israël, le nombre de candidats au départ affiche un net recul depuis 2006. Même si le « brain drain » académique reste important.

A l’occasion des soixante ans de l’Etat d’Israël, le ministre de l’Intégration n’avait pas hésité à lancer une vaste campagne internationale pour convaincre les ressortissants israéliens vivant à l’étranger de rentrer à la maison. Remboursement des dépenses médicales, aides pour retrouver un emploi dans la high-tech, tout était bon pour inciter les membres de la diaspora israélienne – dont le nombre est estimé à environ 400.000 personnes – à revenir au bercail.

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Un signe de bonne santé

Cinq ans plus tard, ces mesures ont moins lieu d’être. Selon les dernières statistiques disponibles, l’émigration a en effet marqué le pas durant la seconde moitié de la dernière décennie. Signe de la bonne santé relative de l’économie israélienne, le phénomène des candidats au départ ne concerne que 2 Israéliens sur 1.000, soit un taux largement inférieur à celui des autres pays de l’OCDE.

En 2010, quelque 15.600 Israéliens ont quitté leur patrie, une tendance considérée comme stable depuis, contre 22.400 départs enregistrés en 2006, soit une chute de 30 %. Dans le même temps, le nombre de nouveaux immigrants s’est élevé depuis 2010 à environ 16.500 par an. Un chiffre en légère hausse par rapport à la période 2008-2009, même s’il reste sans commune mesure avec les scores enregistrés dans les années 1990, avec l’afflux de 1 million de ressortissants des pays de l’ex-Union soviétique. Autrement dit, si l’immigration ne joue plus un rôle moteur pour l’Etat hébreu, l’émigration a pris un tour moins préoccupant.

Le pays reste toutefois confronté à un important exode des cerveaux. « Les Israéliens qui quittent leur terre natale le font souvent pour faire un bond dans leurs études ou leurs carrières, notamment aux Etats-Unis, qui attirent 70 % des émigrants », observe Michal Sabbah, une doctorante en démographie de l’université hébraïque de Jérusalem. Certes, près de 20 % d’entre eux finissent par rentrer au pays. Mais la fuite des cerveaux a pris des proportions inquiétantes. Près du quart du total des universitaires israéliens travaillent outre-Atlantique, une proportion record par rapport à la France, l’Espagne, l’Allemagne ou le Royaume-Uni où cette part oscille entre 1,3 et 4,3 %. Plus généralement, 14 % des Israéliens détenteurs d’un doctorat ont vécu à l’étranger durant au moins trois ans, selon le bureau des statistiques.

Pour lutter contre ce « brain drain » académique, le ministère de l’Education israélien a dû prendre le taureau par les cornes. Au printemps 2011, il a annoncé l’investissement de 500 millions de dollars sur cinq ans pour ouvrir 30 centres de recherche, afin de rapatrier quelque 300 chercheurs israéliens. Une façon de répondre à la demande des universitaires expatriés qui souhaitent rentrer dans leur pays d’origine, sans y parvenir en raison du manque de postes correspondant à leurs qualifications.

N. H., Les Echos

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