Les vacances d’été arrivent à leur fin et déjà l’automne s’annonce ainsi que les fêtes solennelles qui sont si pleines de sens avec le douzième mois de l’année hébraïque[1] : le mois de ELOUL אלול que certains écrivent sous forme d’un sigle car les lettres qui forment ce nom sont les initiales de : אני לדודי ודודי לי ou Je suis à mon Bien-Aimé et Il m’appartient.

Cet acrostiche du nom Eloul est  l’abréviation d’un vers du Cantique des Cantiques qui, comme on le sait, un hymne allégorique célébrant l’amour  qui existe entre Israël et l’Eternel. Chacun de ces quatre mots se termine par la lettre youd qui symbolise à la fois D., la perfection et aussi le chiffre 10. Chacun de ces mots symbolise dix jours  (quatre fois dix = quarante : les quarante jours qui s’écoulent entre le jour de Rosh hodesh Eloul et le jour de Yom Kippour et qui rappellent que Moïse, après avoir brisé les premières tables est remonté sur le Mont Sinaï pour y recevoir les secondes tables de pierre et que, pendant toute cette période, le peuple a été appelé à procéder à un examen de conscience véritable de manière à comprendre et à conclure que la faute qui fut commise devait être réparée par une imploration gigantesque.

Il existe une autre interprétation du nom Eloul, beaucoup moins courante et moins connue mais qui rejoint la première en ceci que les deux phrases se rejoignent sur l’idée de teshouva : il est écrit : אתלבבך ואת לבב c’est-à-dire l’Eternel circoncira ton cœur et celui de ta descendance (le verset complet est celui-ci : ומל ה’ אלו-היך את לבבך ואת לבב זרעך…… (Deutéronome XXX, 6). Cette « circoncision » du cœur vient souligner le fait que cette époque est propice au « retour » sur soi, à un examen de conscience, à une « teshouva » mot qui signifie retour, on s’amende et l’on prend de bonnes décisions pour tenter de mieux agir, de mieux assumer nos responsabilités en tant qu’individu indissoluble du tout qu’est le Peuple dans son entier.

Pourquoi ce nom ? C’est parce que Eloul marque chez les Séfaradim le début des Selihot ou début de la période de teshouva – repentance – et que ces prières récitées au petit matin ou au milieu de la nuit sont propres à provoquer un repentir et donc une remise en question de chaque être humain, cette période de selihot se terminant à Yom Kippour, point culminant du repentir et du Pardon accordé par D à Ses Sujets.

La période des selihot est différente selon qu’il s’agisse de séfaradim ou d’ashkenazim. En effet chez les séfaradim on commence des selihot depuis Rosh hodesh Eloul jusqu’à la fin de Kippour alors que chez les Ashkenazim, on commence à réciter les selihot le dimanche qui précède Rosh Hashana. De sorte que si Rosh Hashana tombe en début de semaine, on commencera à dire les selihoth le dimanche précédent. Pourquoi y-a-t-il des divergences entre les deux « communautés » ? C’est parce que les Ashkénazim  se basent sur le fait qu’il est conseillé de jeûner pendant – au moins dix jours – avant le jour de Kippour et, comme on ne jeûne pas pour Rosh Hashana ni pour Shabbat, on commence donc les jours de selihot environ une semaine avant Rosh Hashana.

Les selihot :

Les Min’haguim sont divers selon les communautés : on fait netilat yadayim avant  ou avant et après, avec le talith ou sans, ou bien parfois c’est seulement le hazan qui s’enveloppera du talith.

Les selihoth sont une série de textes ou de poésies liturgiques empruntées aux poètes classiques ou bien encore ce célèbre poème dont on ne connaît l’auteur ? בן אדם מה לך נרדם  Homme, que ne t’éveilles-tu pas (pourquoi es-tu endormi) rappelant la brièveté de la vie et le fait que le temps s’écoulant vite, l’homme doit se lever tôt pour demander pardon sur ses actes et faire pénitence.

Généralement, on sonne du shofar  pour rappeler que Moïse, avant de monter sur le Sinaï pour recevoir les Tables de la  Loi avait prévenu le peuple de son ascension en sonnant du shofar.  Ce son si particulier a pour but de déchirer l’âme en lui donnant l’impulsion nécessaire au retour vers D.

Chaque fidèle s’efforce de multiplier les bons et beaux actes, le don de tsedaka. On se hâtera de prendre de bonnes résolutions pour la nouvelle année qui se profile : on ajoutera par exemple une mitsva (une ou plusieurs) à celles que l’on fait déjà et que l’on pourra tenir (ajouter une pièce avant d’allumer les bougies de shabbat, rendre visite à des malades, à des personnes isolées, lire des psaumes ou en ajouter etc………) on essaiera de faire la tsedaka un peu plus largement, aider des enfants à faire leurs devoirs, aider une personne âgée à faire ses courses de moins pratiquer le lashon harâ ou médisance ……………à chacun de trouver quelque chose « qui lui parle »……..

Eloul est aussi la date limite à laquelle les propriétaires de bétail devaient offrir le dixième de leur bétail au Temple de Jérusalem (le dixième des bêtes nées pendant le courant de l’année).

Eloul est donc la période propice pour un renouveau de l’être et pour que l’âme de l’homme ressente un bien-être particulier.

Caroline Elisheva REBOUH

MA Hebrew and Judaic Studies
Administrative Director of Eden Ohaley Yaacov

 

[1] – Ce mois est le douzième de l’année si l’on considère Rosh Hashana ou 1er Tishré pour décompter les années mais, si on prend nissan en compte pour la  fixation des fêtes, alors, Eloul est le sixième mois de l’année –le juste milieu de l’année.

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