Pour faire suite à mon article du 29 janvier 2024 sur « La contribution des séfarades à la création de l’État d’Israël », je voudrais préciser ceci.

Connaissez-vous ces trois personnes ? Peut-être pas. Alors je vous les présente.

Claude Cohen-Tannoudji, (Cohen-Tannoudji voulant dire « Cohen de Tanger » au Maroc).
Prix Nobel de Physique 1997, né à Constantine en Algérie, a vécu en France.

Serge Haroche, Prix Nobel de physique en 2012, né à Casablanca au Maroc, a vécu en France.

Baruj Benacerraf, Prix Nobel de physiologie ou médecine en 1980, né au Venezuela, originaire de Tétouan au Maroc. A vécu aux USA.

Ces trois prix Nobel sont des juifs séfarades issus des Alyot des années 50.
Une partie de leurs familles sont venues en Israël et une autre s’est dirigée vers des pays francophones. Ceux arrivés en Israël se sont retrouvés dans des situations et des conditions ou on ne leur a laissé aucune chance de s’élever, nous connaissons tous l’histoire de ces juifs, victimes de discriminations, et la vie qu’on leur a réservé à cette époque (Un film à ne pas manquer : « Un brin de chance » de Ze’ev Revach). Leur héroïsme pour 70% d’entre eux, consistait à ne jamais reculer, ils sont restés pour participer au développement d’Israël malgré tout. Les autres sont repartis vers des pays plus accueillants.  Ces pays, ont ouvert les portes à ces juifs séfarades et ont fait d’eux un peuple leader dans des domaines aussi variés que la science, les affaires, l’industrie, la médecine, l’art, la culture, et bien d’autres…

Résultat, pour ceux qui ont choisi de rester : Si vous cherchez des sépharades sur la liste des prix Nobel israéliens, vous n’en trouverez pas.

Dans un article paru dans tribune juive de 2013, dont le titre est « Les lauréats juifs du prix Nobel » écrit par Leo Michel Abrami, on nous explique que Richard Lynn a remarqué que 22% de tous les lauréats étaient d’origine juive. Alors qu’ils ne représentent que 0,2 % de la population mondiale, il constate alors que la proportion des lauréats juifs est tout à fait extraordinaire.

Face à cette proportion des lauréats juifs, le professeur Lynn se lance dans une explication tout aussi extraordinaire en disant : « Deux facteurs ont joué un rôle important dans ce processus : en premier lieu, les Juifs d’origine ashkénaze ont un QI moyen de 110, alors que la moyenne des quotients des Américains et Britanniques d’origine Caucasienne est de 100, soit une différence d’environ dix points » Et hop, on vient d’effacer les juifs séfarades. Pourquoi tribune Juive se lance à publier ce type d’articles plein de préjugés ? Posez-leur la question.

Contrairement à ce que vous pensez, cette discrimination, ce séparatisme, cet a priori, ce ségrégationnisme n’a pas cessé. Aujourd’hui même, tout ceci existe encore, il suffit de voir ce qu’il se passe dans la société israélienne. Qui sont les familles qui dirigent le pays, économiquement, politiquement, militairement, judiciairement ???… Ces israéliens séparatistes, ont même trouver un mot pour continuer à faire passer les juifs ayant évolué en Europe pour de vulgaires marocain incultes, c’est le mot « Tsarfokaim », mot composé de Français et marocain, ils en ont fait un film auquel ont participé des sefaradim… Plus près de chez nous, chez les francophones d’Israël, vous trouverez quelques groupes Facebook, des radios, des journaux, associations, qui excluent les séfarades et qui n’acceptent aucune remarque sur cette situation. Et en parlant de justice, la parole a plutôt tendance à se libérer chez certains qui participent activement à ce grand carnaval des injustices envers les séfarades.

L’ancien Président de la Cour Suprême, Aharon Barak, a déclaré par deux fois qu’il n’avait jamais nommé de juge d’origine marocaine à la Cour Suprême “parce qu’il n’en avait pas trouvé …”

Alors rendons hommage à tous ces séfarades qui ont construit ce pays, à tous ces séfarades qui, comme je l’expliquais dans mon précédant article, ont préparé le terrain pour l’arrivée des ashkénazes, pour finir par disparaître des livres d’histoire et des enseignements à l’école. Rendons hommage à leur courage, celui d’être resté ici malgré tout, et n’avoir jamais baissé les bras. Celui de continuer à espérer qu’un jour on acceptera les juifs parce qu’ils sont juifs, point.

Rony Hayot pour Ashdodcafe.com

Journaliste – 66 ans, vit à Bet Shemesh en Israël.
Co Fondateur du mouvement citoyen Nikion Kapaim.
Chargé des dossiers sur la pauvreté et le gaz

Ashdodcafe.com
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